témoignage naissance

Naissance d’Ineka le 4 octobre 2017

Namaste,

Je souhaitais avant tout remercier Martine et le groupe pour la belle rencontre du stage d’automne à Gretz. Votre énergie m'a réconfortée et accompagnée dans cette première expérience de l'accouchement.
Je tenais à vous fait part de mon témoignage.

Le dimanche 01/10 (soir du stage) nous nous sommes rendus aux urgences pensant que j'avais perdu les eaux. Fausse alerte.

Les deux jours suivants j'ai eu pas mal de contractions très supportables. J'ai repris les différentes postures apprises durant le stage notamment, la posture du héros, le grand geste de l’univers, l'enracinement accroupie et sur le ballon, le palmier et surtout la respiration de la vague et la relaxe de l'abandon à la terre (mention très bien!!)

Mardi 03/10 21:30 soir de pleine lune, je dis à Laurent mon compagnon tiens toi prêt, c est le jour J !

Les contractions étaient de plus en plus rapprochées et concentrées au niveau des reins.
J'ai donc pratiqué les postures chien-chat et le palmier pour m'étirer. La respiration abdominale "force dans les reins" et dans les lombaires en position accroupie m'ont aussi bien soulagée.
Après 3 bains et moult 8 de l’infini, accroupie et sur mon ballon nous prenons la route à 05h15.

Arrivée à l'hôpital à 05h35, je me fait gronder par la sage-femme qui m'indique que j'aurais pu accoucher dans la voiture...col ouvert à 8cm!

On m'installe à 05h50 et le travail commence comme je le voulais par voies naturelles et sans péridurale !
Je m'abandonne à la nature en fermant les yeux. Mon cher et tendre Laurent me tient la main en silence. Il cale sa respiration sur la mienne.
Je récite dans ma tête le mantra "Om aim hrim om" et me laisse traverser par cette force. Je fais confiance à mon corps et accueille chaque contraction comme un pas de plus vers ma fille.
Après 4 /5 intenses poussées, Ineka voit le jour le 04/10/17 à 06h14.

Om!


Stéphanie

Naissance de Robin le 12 novembre 2017

Après une semaine de stage de yoga maternité EVE à Evian


Voici un petit récit de cet accouchement avec les points dont je me souviens (c'est à dire, sûrement pas tout....)

Le samedi 11.11 dernier, nous avons décidé de dîner au restaurant en pensant que ce serait une des dernières soirées à deux que nous aurions. L'accouchement était prévu pour le 23.11, mais sait-on jamais...
Le dîner a été délicieux mais émaillé de tensions assez fortes dans le ventre. Ne sachant faire la différence entre le bébé qui s'étire et de réelles contractions, je ne me suis pas vraiment formalisée (même si mon mari trouvait mon ventre bien dur...).
La nuit a ensuite été parfaite et bien calme.

Le lendemain matin, réveillée vers 8h avant mon mari, je suis allée nettoyer le box de nos chevaux et des volailles. J'ai senti que mon ventre s'agitait un peu mais sans plus.
Je suis retournée réveiller mon mari vers 9h (alors qu'il se lève toujours le 1er d'habitude!) pour lui dire qu'il faut déjeuner et peut être se tenir prêt pour partir à la maternité. Il a sauté du lit!
Le temps qu'il prépare le petit déjeuner, je suis retournée dehors voir nos animaux et marcher quelques minutes. Je suis remontée un peu plus tard avec le sentiment plus concret que quelque chose venait de démarrer.... Mais sans me dire que c'était vraiment l'accouchement. En tous cas, incapable d'avaler la moindre bouchée de mon petit déjeuner!
Et là, j'ai eu quelques contractions un peu plus sérieuses qui m'ont forcées à me mettre à genoux. Toujours pas de vrai prise de conscience pour moi. Nous avions tout organisé pour que j'accouche à Strasbourg, soit à 3h de route et j'étais bien décidée à ce que nous prenions la voiture pour y aller!
Seulement, le temps que Martin emmène les bagages dans la voiture (tout était déjà prêt, restait seulement à tout mettre dans la voiture et à protéger un siège au cas où...), les contractions avaient lieu environ toutes les 30 secondes à 1 minutes. Pas vraiment douloureuses d'après mon souvenir mais par contre assez brutales, me faisant me mettre à genoux pour chacune. Entre chaque, j'ai pensé à rassembler encore d'autres affaires et j'ai préparé la chambre pour mon père qui devait venir à la maison pendant notre absence.
La poche des eaux a fini par se rompre et j'ai dû revoir notre voyage à la baisse: nous irions non pas à Strasbourg mais dans la maternité voisine (seulement 15 minutes de route). Mon mari en a été très soulagé!!

Encore quelques allers-retours de sa part vers la voiture, pendant que les contractions battaient leur plein m'obligeant rester dans l'appartement au lieu de rejoindre la voiture comme prévu. Je n'avais toujours pas pris conscience de ce que le travail était vraiment lancé et que les choses "sérieuses"avaient commencé. Je profitais de chaque pose pour marcher un peu dans l'appartement. Le chien et les chats me surveillant d'un air endormi mais bien présents.

Puis, j'ai décidé d'attendre la prochaine pose pour mettre mes chaussures et partir. A ce moment là, j'ai senti que les pieds du bébé étaient, non plus sur le coté à hauteur du nombril comme pendant la grossesse, mais à la verticale, proche du plexus solaire et en train de remuer pendant que "quelque chose" bougeait dans mon bassin et se tournait profitant d'une pression un peu réduite. Je me souviens de cette sensation qui m'a amusé et m'a fait rire béatement.
Ça n'a duré que quelques secondes puisque déjà les contractions reprenaient peut être encore un peu plus fortes qu'avant et avec un besoin impérieux de "pousser".

Quelques minutes (ou secondes??) plus tard, la tête était là et mon mari par bonheur a juste eu le temps de se pencher pour attraper Robin.
Robin a râlé puis presque tout de suite pleuré.
Encore 2 ou 3 contractions et tout le placenta était expulsé. Nous l'avons mis dans un tupperware sans couper le cordon et Martin nous a mis au chaud dans le lit le temps de nettoyer un peu le "champs de bataille".... Il était environ 10h30.

Nous nous sommes mis en route un peu plus tard pour aller à la maternité où nous avons été pris en charge par une équipe peu habituée à ce mode d'accouchement mais très dévouée! Nous avons été le seul accouchement de la journée!

Quel beau souvenir et comme la nature a bien fait les choses! Le planning était parfait et le déroulement aussi!
La remise en forme physique a été presque aussi rapide que l'accouchement, quel bonheur!

Merci au yoga (même si je ne l'ai pas entretenu assez régulièrement pendant la grossesse) et aux partages qui ont eu lieu pendant le stage pour me permettre de me préparer sereinement!

Naissance d’Emmie le 5 novembre 2017

Petit réveil habituel dimanche matin vers 4h, pour un pipi! Et comme d'habitude aussi pas possible de me rendormir tout de suite, je patiente donc... Respiration de la vague, détente pour ne pas gamberger et me rendormir...
Au bout d'une 1/2h ou 1h, une contraction, pas comme les autres, celle-là je la sens, ça n'est pas mon ventre qui se durcit, pas comme d'habitude.
Puis une autre...
Je pense alors au yoga, et si c'était le début ? Commence à te mettre dans ta bulle.
Je ne réveille pas pierre, c'est largement supportable et j'ai envie d'attendre d'être sûre...
Je vie ces contractions, qui se rapprochent les unes après les autres, elles me confirment le début du travail, ne sont pas douloureuses.
Je suis bien dans notre lit.
Je regarde l'heure, 5h45 et décide de réveiller Pierre : "la journée commence maintenant pour nous mon chéri".
Il sourit, comprend.
Mes parents sont là, ils étaient venus passer qqs jours pr m'aider à la maison et...au cas où, pour garder le gd. Ils dorment encore.

Avec Pierre, nous décidons d'aller prendre le petit déjeuner dans la cuisine, nous "briefons" les affaires et la matinée.
Je prends mon petit déjeuner en faisant des pauses pr les contractions.
Je mets une galette physiomat sous mes fesses sur la chaise pr retrouver les sensations du ballon.

A 7h environ notre fils Clément se réveille de bonne humeur...
Nous lui expliquons que sa sœur a décidé d'arriver aujourd'hui.
Il est tout content et aimerait venir avec nous à la maternité lui aussi !

Mes contractions sont déjà plus intenses et plus rapprochées, je reste au maximum dans ma bulle mais pas facile avec le gd qui me regarde interrogateur, je le rassure, et décide de retourner dans notre chambre avec le ballon, lorsque mes parents se réveillent à leur tour.

Pierre fait des allers retours entre moi et le reste de la famille dans la cuisine.
Les contractions se rapprochent encore. J'ai besoin de m'appuyer les mains sur le ballon pour basculer le bassin en avant et le dos en arrière.
Quand Pierre est là, il s'assoit sur une chaise derrière mon dos, et il soutient mon appui contre lui au moment des contractions, elles sont alors moins intenses c'est fou.
Il ne peut malheureusement pas rester tt le temps, car Clément nous réclame, il veut me faire une caresse.

Je plonge, à chaque contractions dans une respiration très profonde et très basse dans le bassin, et je commence à sentir très fort l'énergie apana?

Pierre revient, et je lui demande si l'on va à la maternité, il me propose de rester encore un peu...
Mais le travail s'accélère, l'envie de pousser se fait sentir, je lui dis : Pierre, elle arrive!

Un peu démuni, il court se laver les mains, prêt... Au cas où !
Nous sommes un peu maladroits et la situation me sort un peu de ma bulle.

Il prend la décision de partir à la maternité, fermement avec moi, je l'écoute, et entre des contractions très intenses où je m'accroche à son cou, et des envies de pousser, je ne sais quelle ressource me fait presque courir à la voiture, épaulée par mon papa.

Encore une devant la voiture, je m'accroche à la poignée, puis saute à l'arrière, a 4 pattes, en cramponnant l'appui tête de toutes mes forces.

Nous voilà partis, durant le trajet, je parle à Emmie, et lui dis : attend, attend, attend, attend,...
Car je la sens, vraiment très près de nous !!!

Pierre ralentit pour les passages des 2 dos d’âne de l'hôpital. Je me dis qu'On y est presque !
Il a appelé les urgences et la maternité pour les prévenir durant le trajet.
On stoppe, il klaxonne devant le sas des urgences !
J'entends des voix, des infirmières arrivent et me demande de sortir de la voiture, je les envoie bouler, et leur dit que notre fille est là, elle arrive, impossible pour moi de sortir.
Mon mari leur demande d'appeler une sage-femme, qui arrive dans la seconde.

Je sens ses mains, les champs stériles, ça y est je peux tout laisser aller, lâcher prise ! en 2 contractions Emmie est sortie sur les sièges arrière de notre voiture !
Pr ne pas qu'elle attrape froid, ils la rentrent vite, puis c'est à mon tour.
Nous nous rencontrons au chaud à l'intérieur, tous : avec Emmie mais aussi avec l'équipe!

Pas de monito, pas de perf d'ocitocyne, une expulsion du placenta sans artifice...Emmie est arrivée à "environ" 8h45, (car personne n'a regardé l'heure) le 1000eme bébé de l'année à la maternité !

Je ne m'attendais pas une arrivée aussi rapide, et pourtant, les rêves, le yoga mat..

Tout s'est très bien déroulé à la seconde près...

Et du haut de ses 3kg630 Emmie est en pleine forme, nous rentrons à la maison après 2 j à la maternité.

Et ceci grâce aux cours de yoga Christine, au stage d'une semaine en juillet avec Christine et Martine, à ma sage-femme, à mon mari, d'une sérénité et d'un calme à toute épreuve, à mon entourage pdt cette grossesse. Merci à Emmie et à son gd frère a qui elle ressemble beaucoup !


Grosses bises et beaux accouchements aux futures mamans!


Pauline

La naissance de Pierre dont la maman Sophie a été préparée par Juliette Pelloux sage-femme formée à l’école EVE Evian.

Depuis mardi soir, je reconnais les contractions qui ont fait naître Alma. Elles sont toutefois irrégulières, moins douloureuses que dans mon souvenir et elles s'estompent dans le temps, si bien que j'arrive à m'endormir tout en sachant que la naissance de mon bébé est proche.
Le lendemain matin, je veux rester dans la vie quotidienne et faire tout ce que j'ai prévu malgré les contractions : aller à la pharmacie, la poste, faire des photocopies... À midi, lors du repas, je signale à Christophe que les contractions se précisent et deviennent plus douloureuses mais que nous irons, comme convenu, au cinéma puis à la banque. Certes, je ne vois pas tout du film, je dois me concentrer sur cinq contractions en 1h40 que dure la séance, et pendant le rendez-vous à la banque, la conseillère me laisse tranquillement respirer à plusieurs reprises quand les contractions montent.
Depuis quelque temps, nous avons prévu avec mes sœurs et ma cousine de dîner ensemble au restaurant. Je souhaite du fond de mon cœur profiter de ce moment avec mon trio de sœurs, qu'Anne nommera le lendemain « mon choryphée ». La soirée et la conversation suivent leur cours, je me concentre sur les contractions toutes les 15 minutes environ, puis de plus en plus souvent. Sous cette lumière de la lune, par ce soir d 'été, mes sœurs m'accompagnent discrètement dans ce travail de mise au monde et je me connecte à une force féminine ancestrale, dans laquelle je suis ancrée et en même temps, qui me dépasse : nous partageons quelque chose de profondément intime et universel.
À la fin du repas, Anne me raccompagne à la maison vers Christophe. Je veux être dehors et à pied, sous la lune, pouvoir toucher les arbres lors des contractions.
À la maison, je dis à Christophe de dormir, je l'appellerai en temps voulu. Je règle les affaires courantes : Claire viendra garder Alma avec Simon quand nous l'appellerons. Puis je me consacre, seule, à mon travail de dilatation.

Durant tout le travail, je me connecte à des images, des totems, parfois consciemment, mais sur la fin, sans y penser, je demeure liée à ces alliés.
Bien sûr, il y a le « choryphée » qui m'accompagnera jusqu'au bout, même après la soirée.
Puis, la lune, avec sa lumière froide, n'a rien de spécialement réconfortant, mais je fais circuler sa lumière en respirant.
Ensuite, durant le trajet à pied, je m'appuie aux arbres quand s'annonce la contraction. Je savoure leur chaleur et je sens la sève qui boue et traverse mon corps, c'est une expérience intense et agréable.
J'en appelle encore à la louve rencontrée lors d'une méditation il y a un an avec une amie. Je demande à la louve de m'aider. J'accepte sa cruauté. Je ne sens pas particulièrement la présence de la louve mais je me rappelle son information : accepter de laisser mourir quelque chose pour faire rejaillir la vie.
Lors de la première contraction après avoir percé la poche des eaux, je me connecte à Christophe. Physiquement, je suis lovée en lui, je vomis de douleur mais j'apprécie sa chaleur, son ventre, sa main et malgré la douleur forte à ce moment-là, je suis heureuse de me sentir proche de lui, de partager, sans qu'il le sache peut-être, la douceur et la force.
Portée par ces connexions, je m'applique à retrouver les techniques découvertes lors des séances de yoga.

Je cherche à rentrer dans la contraction, sans y échapper, dès qu'elle s'annonce, le plus souvent au début du travail, par des respirations de la vague : sur l'inspiration, je fais circuler depuis le dessus de ma tête jusqu'aux pieds, soit de l'eau, soit la lumière de la lune, soit de la douceur, pour moi et mon bébé ; sur l'expiration, je puise la force depuis le sol sur mes appuis et je la fais remonter dans le ciel, au-delà de moi. Je me sens présente à l'univers et à la terre. Cette respiration dilue la douleur dans mon corps. Entre les contractions, j'essaie de me concentrer sur l'énergie qui a été déployée pour la diluer dans mon corps à nouveau.

Plus tard je fais le son ÔM, grave, pour faire vibrer mon utérus, ce qui me fait beaucoup de bien. Puis la signification du ÔM s'impose - du moins ce que j'en ai compris.
Dans l'unité de l'univers, il y a, entre autres, mon corps, réceptacle et traversé par l'univers et toutes ses forces. Dire ÔM me rappelle cette appartenance. Ma douleur est alors répartie dans l'infiniment grand et l'infiniment petit. Elle n'est pas une souffrance mais une intensité à vivre pleinement. Avec le ÔM, je suis ici et maintenant, mais ici et maintenant s'étirent. La douleur est vaine comme souffrance, elle demeure douleur mais se mue en une intensité lumineuse qui me rend heureuse, heureuse de cette force, de ce mystère malgré tout rassurant, de l'extraordinaire, de l'accueil à venir de mon enfant.
A posteriori je me fais la réflexion que, tout comme pour la peur ou la colère, on peut distinguer la cause de la réaction à la cause. S'il peut y avoir des raisons objectives et bien réelles d'avoir peur, je suis le seul auteur de ma peur. De même s'il y a une douleur bien réelle durant le travail de dilatation, je suis le seul auteur de ma souffrance, si bien que je peux m'éviter cette souffrance. Le ÔM m'aide à transformer la douleur en force de vie.

L'essentiel du travail de dilatation a lieu à la maison. Quand je me sens prête, j'en informe Christophe qui appelle ma sœur Claire et dépose les affaires dans la voiture. Dans l'escalier je croise Claire et Simon mais reste concentrée sur mes contractions. Je me déplace en appui sur Christophe, qui me guide ; j'ai confiance.
J'avais redouté le trajet car pour mon premier accouchement il avait été long et éprouvant. Pour mieux le vivre, je le passe à dire ÔM, pour l'essentiel.
Arrivée à la maternité, la sage-femme, Julie Moulin, m'accueille. Tout est calme. À la première contraction en sa présence, je m'appuie contre le mur et me concentre sur une respiration de la vague. Elle me félicite et me dit que je gère très bien la contraction, c'est encourageant.
Je lui explique que je souhaite éviter la position couchée car elle me rend les contractions plus douloureuses. Elle l'accepte très bien. Je m'allonge seulement pour l'examen : le col est dilaté à 5-6, je m'attendais à plus, mais c'est déjà bien. Quand Christophe arrive dans la salle d'accouchement, les contractions sont très rapprochées. Je perce la poche des eaux et la contraction qui suit est très intense, j'en vomis de douleur pendant un temps qui me paraît très long mais je suis réconfortée d'être blottie contre Christophe.
Je me déplace pour m'appuyer les mains contre un meuble. Je sens une pression sur mon périnée, je sais que mon bébé va bientôt venir au monde. Je souhaite laisser faire mais cette poussée est plus douloureuse que dans mon souvenir de mon premier accouchement et je n'ai plus beaucoup de forces dans les jambes. Je m'accroupis, la sage-femme approche un gros ballon pour que je puisse m'appuyer dessus. Je tiens la main de Christophe. Lors des contractions, soit je laisse faire la poussée, soit j'expire doucement en faisant comme si je baissais mon diaphragme pour faire descendre le bébé. Parfois je suis fatiguée et j'y arrive moins bien. La sage-femme me fait toucher le dessus du crane du bébé, je sais alors que le travail avance. Je sens sa tête sortir, puis les épaules, c'est tellement étrange et fascinant de démouler un petit être humain !
Quand le bébé est prêt de sortir, la sage-femme me propose de l'accueillir et oriente mes mains : je peux accueillir mon enfant quand il sort, c'est une très grande émotion, un moment fort de tendresse, je suis tellement heureuse lui souhaiter ainsi la bienvenue, je le porte contre mon cœur et le présente à son père. C'est un garçon : c'est Pierre. Toute la douleur est vaine, oubliée, dépassée, l'essentiel est là entre mes bras.

Le lendemain, ma sœur Anne me rappelle la soirée extraordinaire que nous avons passée ensemble au restaurant, elle nomme ce trio de sœurs mon choryphée, qui m'a accompagnée jusqu'à la porte de mon mari et remise à lui.
Claire, dans une carte à Pierre, lui écrit : "petit Pierre a ouvert la porte du jardin".
Simon et Célestin, mes neveux, me demandent, lors de leur rencontre avec Pierre, s'il porte les clés du paradis.
Je crois que nous portons tous un peu ces clés et que nous savons ouvrir des portes. Petit Pierre a été celui qui a su me l'enseigner.

Cléo le 2 juin 2017

Prélude

Le 1er juin 2017, j'ai une séance d'acupuncture. Nous sommes à une semaine du terme. Pour moi, il s'agit de préparer le terrain pour l’accouchement. Je dis à Pauline, la sage-femme-acupunctrice, que je ne souhaite pas que le bébé vienne en avance. Nous ne sommes pas encore prêts matériellement, et Marc le papa espérait participer à un stage artistique de quelques jours le lendemain. Et puis, j'ai envie de profiter de la fusion avec le bébé jusqu'au bout. Pauline rétorque que je peux accoucher maintenant, qu'il faut que je lâche, que j'accepte l'idée de m'en séparer. Que les femmes qui ne lâchent pas n'accouchent pas et dépassent le terme, et alors on les déclenche. Elle a un discours insistant, me met un peu la pression.
Pendant la séance, j'ai l'impression qu'elle met le paquet. Elle insiste sur les points, c'est même douloureux.
Après la séance, je flotte. Je fais une sieste en rentrant chez moi.
En me levant, une heure après, je ressens un écoulement. Je pense que c'est vaginal. Un peu plus tard survient un deuxième écoulement, puis un troisième. Nous appelons le bureau des sage-femmes. Nous devons nous rendre à la maternité.
Je prépare mes affaires, prends une douche. Je suis perturbée. Pour moi, ce n'est pas le moment. Je ne peux m’empêcher de penser que j'ai été déclenchée par la sage-femme-acupunctrice.

Arrivée à la maternité

Arrivés à la maternité, nous faisons deux tests pour vérifier qu'il s'agit bien de liquide amniotique. Les tests sont positifs. Nous devons rester. Une sage-femme nous accompagne dans une chambre pour faire un monitoring. Il me semble interminable. Je suis dans une position inconfortable, j'ai mal au dos. J'ai des contractions, je n'avais jamais réussi à les identifier jusque là. En fait, ces derniers jours j'en avais eu, je pensais alors que ces douleurs étaient dues à un mauvais placement du bébé, trop près des côtes. Les contractions ne sont pas assez régulières ni rapprochées. On nous installe dans une chambre pour la nuit. Il doit être 23h.
J'ai des difficultés à m'endormir, à cause des contractions et de l'agitation mentale. Cette histoire d'acupuncture me travaille.
Je me réveille vers 3h30 avec des contractions régulières, fortes et rapprochées. Je gère les contractions comme je peux. J'essaie la respiration de la vague, la respiration-détente de l'utérus. Je visualise l'ouverture du col. J'ai besoin de rester assise et verticale. Deux fois j'ai envie de vomir, la troisième vers 6h30. C'est de la bile qui sort.
Nous appelons les sage-femmes. On refait un monitoring, elles examinent le col. Les contractions sont régulières, rapprochées. Le col est ouvert à un doigt. Nous pouvons aller en salle de travail.
Nous choisissons la salle 5 avec la liane, la fenêtre, l'air climatisé.

Le travail

Je continue à gérer les contractions en restant assise. Je m'intériorise. Je reste concentrée sur ce qui se passe. Je me laisse traverser par la vague. Je la sens arriver, je me détends le plus possible, je ne résiste pas.
Ca prend au ventre, ça donne la nausée. Je sens clairement que ça monte en intensité, puis ça redescend. C'est assez rapide en effet, ça ne dure pas. Je gère une contraction à la fois, et ressens le bien-être de la détente qui suit. Je garde les yeux fermés. Je me sens traversée par l'intensité de la sensation, un peu comme après une longue séance de méditation Vipassana. Mes yeux restent mi-clos, mon regard est lointain. Je me sens ailleurs, sur une autre planète.
Je n'ai pas envie de bouger beaucoup, juste rester verticale.
Au bout de deux heures, le col a peu changé. La sage-femme (une autre Pauline !) me propose de prendre un bain, et me donne de l'homéopathie à prendre tous les quarts d'heure. Le bain me détend.
Retour sur la table, toujours pas envie de bouger. A nouveau deux heures passent.
Nouvel examen, le col s'est encore un peu dilaté. La progression est lente. Pauline m'encourage à me mobiliser. Elle souhaite que la poche des eaux se rompe.
Elle me montre des mouvements sur le ballon : sur les côtés, en avant, en arrière. Je fais aussi des cercles avec le bassin et le mouvement de l'infini.
Je fatigue au bout d'un moment. Je me lève du ballon et me penche en avant sur le lit pour laisser passer une contraction.
La poche des eaux se rompt. C'est impressionnant tout ce liquide chaud, toute cette pression vers le bas. La force d'apana.
A partir de là, les sensations s'intensifient.
La sage-femme vérifie le rythme cardiaque du bébé. Il est constant. Elle s'exclame: "ce bébé est imperturbable !".
Je m'allonge sur le côté gauche en position semi-assise et je rentre dans ma bulle.
Marc est à mes côtés. Je suis heureuse de sentir sa présence. Je n'ai pas envie qu'il agisse. Juste sentir la douceur de sa présence, son soutien. Il me caresse la main. Il est là.
J'essaie de rester le plus détendue possible lorsqu'une contraction me traverse.
Mon corps ne m'appartient plus. Ça devient TRÈS intense.
Cette phase dure un bon moment (une à deux heures).
Puis l'impression que la contraction "pousse" toute seule vers le bas.
Je sens que ça pousse au niveau du rectum.
Nous appelons la sage-femme. Nouvel examen : je suis à 6,5 ou 7cm.
Je continue à ressentir la montée de l'intensité, et à gérer de la même façon.
En observant et en détendant.
J'essaie la respiration de la vague.
C'est difficile et j'ai l'impression que ça ne m'aide pas.
Idem pour les visualisations.
J'essaie l'ouverture du col, la respiration abdominale et vaginale, l'onde de détente bleue pour aider le bébé à descendre.
Ca me demande beaucoup d'effort mental.
Je pense que j'aurais eu besoin de m'entrainer davantage.
Les contractions "poussent" de plus en plus vers le bas.
La sage-femme m'examine : le col a disparu.
Elle appelle une autre sage-femme et une auxiliaire de puériculture.
Elles sont trois à nous accompagner pour accueillir notre bébé.

L'expulsion et la délivrance

On me laisse le choix de la position.
J'essaie à quatre pattes, puis allongée sur le côté gauche.
Besoin de l'aide de la pesanteur. Je me mets à genoux, suspendue à la liane.
Pauline me dit de pousser de toutes mes forces. Je n'ose pas, je préfèrerais que ça se fasse dans la détente. J'ai peur de la déchirure. Elle me dit de ne pas m'en soucier. J'essaie de pousser en faisant "hissssssss", comme dans les préparations à la naissance. Ca n'est pas suffisant.
Je commence à mettre de la voix pour accompagner la poussée. Je chante, je crie.
Je me suspends à la liane.
Je pousse pendant peut-être 6 ou 7 contractions. Peut-être davantage. Ca me semble long. Je suis fatiguée. Les sage-femmes m'encouragent, me disent que je travaille bien.
Finalement, elle voient des cheveux ! Je les touche. Ça m'encourage.
La contraction suivante, je pousse de toutes mes forces. J'en ai assez, j'ai envie que ça cesse !
Le bébé sort. Je sens son corps passer d'un coup.
Elle est sous moi. C'est une petite fille !!!!!!!
Il est 15h53.
Instant magique : le bébé et moi en peau à peau, Marc à nos cotés. Elle trouve le sein.
Sentiment de plénitude.
Malheureusement le travail n'est pas fini, il y a encore l'expulsion du placenta.
Je suis à bout de forces, je n'y arrive pas.
Marc prend le bébé (nous ne l'avons pas encore nommée) en peau à peau.
Finalement c'est la sage-femme, avec mon accord, qui m'appuie sur le ventre pour faire sortir le placenta. Je n'en suis pas capable, elle m'a laissée un long moment pour y parvenir seule.
Je retrouve le bébé et Marc. Nous restons deux heures dans la salle avant de regagner notre chambre.

En guise de conclusion

J'ai vécu un très bel accouchement.
Le plus important pour moi était d'offrir à Cléo une naissance naturelle et sans violence, d'où mon choix de ne pas avoir recours à la péridurale. Je me considère très chanceuse d'avoir vécu un accouchement sans problème. Le seul petit bémol est la séance d'acupuncture qui pour moi a provoqué la fissuration de la poche des eaux, à une semaine du terme.
On m'a rassurée en me disant que si le corps et le bébé ne sont pas prêts, l'acupuncture ne peut rien faire. Tout ce que je souhaite, c'est que Cléo ait bien vécu sa naissance, et qu'elle était prête à venir nous rejoindre.
Un grand merci à Martine et son accompagnement dans le yoga maternité.
Le stage que nous avons suivi avec toi ainsi que tes livres m'ont donné une meilleure conscience du bassin et permis d'affiner ma sensibilité.
Je pensais utiliser plus de techniques le jour de l’accouchement, je ne m'attendais pas à rechercher l'immobilité. Au final, c'est le lâcher-prise qui m'a le plus aidée.
Avec plus d'entrainement, j'aurais davantage tiré profit des exercices de visualisation, qui me demandaient trop d'effort mental pendant le travail.
Mais je suis convaincue que les exercices de yoga m'ont aidée à me préparer à l'accouchement, aussi bien physiquement que psychologiquement.
Merci aussi à la méditation Vipassana car j'ai su observer la douleur sans y réagir.
Et merci à Cléo de nous avoir choisis et d'illuminer nos vies.

La naissance de Cléo

Vue par Marc.
Le 2 juin à l’hôpital de Tourcoing.


C’est le matin. L’intensité augmente.
Emilie se retire en elle même.
Quand une contraction arrive, elle ferme les yeux et penche un peu la tête.
Elle respire.
Immobile.
Impassible.
Elle observe l’intensité qui vient et qui s’en va.

Toutes les techniques apprises en stage avec Martine ou pendant la préparation à l’accouchement ont disparu.

La respiration de la vague, la pluie de pure énergie, les mouvements de l’infini, la sophrologie, les prolongements, les postures sur ballon, les notes dans les carnets, les exercices des bouquins, les conseils des magazines, les témoignages des copines, les dizaines d’heures d’enregistrement de stage…

Tout ce que nous avions entassé ces derniers mois pour nous préparer au voyage.
La première vague arrive et emporte tout.

Tout, sauf la méditation.
Inscrite en elle par des années de pratique, Emilie la trouve sans avoir à chercher.

Sur l’écran du monitoring, la courbe grimpe.
Je regarde Emilie.
Elle baisse un peu la tête.
Ses yeux sont fermés.
Elle ne bouge plus.
Elle respire doucement.

Sans prévenir, elle entre-ouvre les paupières et redresse la tête.
Je regarde le monitoring.
La courbe plonge.
Le pic est passé.

Chaque contraction, c’est la même chose.

Moi, je veux me rendre utile. Agir.
Je veux l’encourager, la réconforter, lui caresser le dos ou lui masser épaules.

Elle dit que ça perturbe sa concentration.

J’arrête. Je me tais. Je range le brumisateur.
Je m’occupe de la musique.
Elle me demande parfois une petite gorgée d’eau.
J’ai le droit laisser mes doigts posés sur les siens.

Pendant quelques heures, je suis chargé d’une mission par les sages-femmes.
Je suis responsable de la distribution des petits granulés homéopathiques.
Une dose toutes les quinze minutes.

Alors je reste assis sur un tabouret à roulettes.
Enveloppé dans ma blouse de papier bleu, je surveille l’horloge.
J’observe le monitoring. Et je regarde Emilie.

Plus les contractions se rapprochent et s’intensifient,
Plus elle disparaît à l’intérieur d’elle même.

Et plus je me sens démuni.

J’avais cette image du compagnon formidable.
Celui qui dit les phrases justes de sa belle voix forte.
Celui qui sait où poser ses mains pour soulager.
Celui qui supervise les opérations et dirige les exercices de gestion de l’intensité.
Celui qui sert de médiateur entre madame et l’équipe médicale.

Et me voici assis sur mon tabouret à roulettes.
Sans rien à dire ni rien à faire.

Je me souviens qu’on nous avait parlé de la vague et du rocher.

C’est exactement ça.
Sauf que dans l’image qu’on nous avait décrite, la vague pouvait se déchaîner parce qu’elle savait le rocher à ses côtés, solide et immuable.
Quelle drôle d’idée...

Je m’imagine petit caillou face aux mouvements massifs et mystérieux de l’océan.
Je vois la vague qui surgit, roule, gronde, s’écrase, disparaît, et revient…

Comment le rocher pourrait-il croire qu’il est nécessaire à la tempête ?
Comment pourrait-il imaginer que c’est lui, minuscule grain de la plage, qui autorise la vague à jaillir de l’océan ?

Tout comme la mer ignore le petit caillou qu’elle ballotte,
La mère ignore celui qui se prenait pour un admirable rocher.

Je suis assis sur mon tabouret à roulettes,
Inutile à l’incroyable événement qui advient devant moi.
Je me sens impuissant. Démuni.
Mais aussi plein de gratitude pour cette prodigieuse leçon d’humilité.

Car Emilie gère parfaitement les heures qui passent,
L’intensité qui augmente.
Les sages-femmes sont impressionnées.
L’une d’elles lui dit : « C’est bien ce que vous faites madame. »
Emilie reste impassible.
Elle respire, les yeux fermés, le menton légèrement baissé.
Alors la sage-femme se tourne vers moi : « Il y a des dames qui à ce moment là ne gèrent plus rien du tout ! »

Alors quoi ?
Est-ce que je souhaiterais que, comme tout le monde, Emilie ne gère plus rien du tout ?
Comme ça je pourrais entrer en action, parler fort, bomber le torse, sauver la situation, briller dans la salle de travail…

Pourquoi devrais-je me lever de mon tabouret à roulettes ?
Et surtout pour qui ?
Pour elle ? Ou pour moi ?
Elle, elle n’en a pas besoin…

Parfois elle ouvre les yeux.
Et parfois, elle me sourit.
Alors je me sens mieux.
C’est incroyable… c’est elle qui s’occupe de moi.

Elle est si forte.
Le bébé est si proche.
J’en ai les larmes aux yeux.

D’autres heures passent.
La poche des eaux craque.
Les contractions se déchaînent.
Le « travail » se termine.
L’accouchement commence.

Emilie quitte le silence.
Elle est à genoux.
Tout le monde s’occupe d’elle.
Mes mains font parties de celles qu’elle serre.
Ma voix fait partie de celles qu’elle entend.

Et puis soudain il y a une personne de plus dans la salle de travail.
Une petite fille est apparue d’un coup.
J’ai cette impression étrange qu’elle est tombée du ciel.

Cléo est là et je pleure.
Je ne pleure pas longtemps mais je pleure comme rarement j’ai pleuré.
On pleure à deux, avec Cléo.
Peut-être parce qu’à ce moment là,
On est les seuls à n’avoir rien de mieux à faire.

Merci Cléo et Emilie,
Pour ce jour où j’ai tant appris.

Naissance de Julie

Vendredi 14 Avril se présente comme une journée faste !
Je me réveille sereine et en forme. Mon bébé bouge tranquillement comme tous les matins.
Le soleil est au RDV. Je prends le temps d'accompagner Rachel à son école puis je range la maison.
Je sents le besoin de mettre une touche d' « ordre » avant les vacances de Pâques mais n'y prête pas plus attention que cela.
Le midi, je pratique mon dernier cours de Yoga avec Catherine Prime. L'énergie est bonne. Je resssents un mélange agréable de mollesse, lenteur, suspension du temps surtout dans les changements de positions qui me paraissent très longs !
Après le yoga, je craque pour un sandwich et surtout deux grosses pâtisseries au chocolat avant d'aller chez la coiffeuse. Nous blaguons sur le fait de perdre les eaux dans leur salon ! Elles ont la frousse, mais « que nenni » leur dis­je, « je sents bien que le bébé ne va pas venir maintenant ! »
En rentrant, je passe à la boulangerie acheter quelques œufs de Pâques pour Rachel. Soit on les cachera ce week end dans l'appartement, soit je les glisserai dans ma valise pour la maternité.

Tout est prêt ! J'ai besoin d'entammer les vacances avec Rachel et Damien dans une totale disponibilité d'esprit, ne pas avoir à me préoccuper de l'aspect matériel pour vivre pleinement ces derniers moments à trois !
Rachel et Damien rentrent de l'école. Ils m'offrent une rose rouge cueillie dans le jardin de l'école. Ce petit geste et l'odeur suave de la rose me font beaucoup de bien.
Nous passons une agréable soirée en famille. Je glisse discrètement à l'oreille de Damien, que
« tout est prêt, le bébé peut venir quand il le souhaite. Mais, s'il peut attendre quelques jours, c'est bienvenu pour pouvoir se reposer, n'est­ce pas ?!»
Je sents alors un grand sourire dans mon corps. Je le reçois mais ne pense pas à un pré­signe !
Le soir avant de me coucher, je parle à mon bébé et masse mon ventre en comptant sur les 5 doigts des mains pour lui proposer de naître dans 5 jours, i­e, mercredi soir, lorsque Marion sera présente à la Mutualité !
Finalement, mon bébé fera signe dans 5 heures mais je ne le sais pas encore !

Je dors d'un sommeil profond, puis vers 4h Rachel m'appelle pour aller aux toillettes. Je l'accompagne, me recouche mais n'arrive pas à retrouver le sommeil.
Puis vers 5h, un mal de reins me fait d'abord penser au bébé qui doit être mal positionné. Je le caresse un peu. La gêne ne passe pas. Je me lève, passe aux toilettes et me dit malicieusement que j'ai du faire trop d'excès de chocolat la veille encore une fois !
Le mal de reins reste présent. Je n'est pas envie de me recoucher ;
Je bois un verre d'eau dans la cuisine et me mets à allumer toutes les lumières, salon, bureau et hall d'entrée!!! Inconscienmment, je prends mon ballon et commence à faire des mouvements de l'infini au milieu du salon en me disant que ce ne doit pas être ça, je n'ai pas de contraction... !
Cependant, je me rends compte que je fais différents mouvements et étirements désordonnés en me questionnant toujours sur la faisabilité ou non d'un possible accouchement maintenant ...
Les premières ondes de contraction arrivent mais je n'y crois pas vraiment.
Je parle à mon bébé :
« Déciderais­tu de venir maintenant ? »
« Ton jour serait­il le 15 avril au petit matin ? »
« Ton signe serait Bélier comme moi ? »
J'entends intérieurement le corps médical me prévenir d'un accouchement rapide car mon col est effacé, et qu'il faille aller à la maternité dès la seconde contraction... mais, je ne suis vraiment pas sûre que ce soit cela, enfin peut être…

Bon, avec toutes ces questions qui trottent, il est déjà 5h30. Je décide de prévenir Damien au cas où... Il dort. Doucement je l'appelle et m'assoie à ses côtés.
« Damien, je pense que notre bébé veut venir maintenant, mais je ne suis pas sûre ! »
« Tu as des contractions ? »
« Bah oui, mais pas vraiment... » Et là, une onde me traverse le corps et je plonge dans ma vague. J'entends Damien me dire que « Si, c'est ça ! Comment veux tu que je fasses ? »
« Eh bien, je vais prendre une douche. Appelle Judith (une amie) pour venir garder Rachel »
Pour moi tout roule ; la chaleur de l'eau me détends et je sents que je plonge de plus en plus profondément dans une énergie du corps, une certaine tranquillité et jouissance de savoir que le moment de la naissance arrive !
Damien me dit que Judith ne répond pas à deux fois. Il a prévenu Rachel et tente d'appeller Marie­France, notre voisine. Elle se prépare et arrive. Soulagement pour nous deux.
Je lui propose de prendre aussi une douche... je sents qu'on a le temps et de toutes façons, le travail a commencé mais je me sents bien.
Je boucle ma valise. Je viens embrasser Rachel et la rassurer :
« Le bébé a fait toc toc. Marie­France sera avec toi et on se reverra tout à l'heure avec le bébé. » Marie­France arrive chez nous. Je la remercie et lui dit de faire comme chez elle.

Nous sommes tous les trois dans le hall d'entrée. Au moment de partir, une 1ère vraie contraction arrive. Je me mets directement à quatre pattes et souffle dans la vague. Je sents que le non­ contrôle et la peur pourraient m'envahir mais non, je souffle et j'accueille. La contraction cesse. «Onyva,ondescend!»meditDamien.«Oui!»
On arrive au parking. Damien m'ouvre la portière pour que je m'installe dans la voiture mais je n'est pas envie ! Il part chercher l'autre valise pour le séjour à la maternité.
Pendant ce temps là, très court en réalité mais d'une force indéfinissable pour moi, je sents que je me connecte et reçois les énergies nécessaires à la naissance :
je respire l'air frais du petit matin, j'apprécie la force du calme et la solitude nocturne, la lune lumineuse et les étoiles me sourient. Je prends le temps d'appeler puis d'envoyer un message pour prévenir Marion.
Une seconde contraction débute. Je l'accueille avec mes bras et érige tout mon corps vers la lune. Lorsqu'elle est au maximum, une autre énergie m'attire vers la terre. C'est tout simplement bon et puissant. Je ressents davantage une force ultra puissante que de la douleur. Les contractions sont mes copines maintenant, je le sais et m'entends leur dire !
Damien arrive. On s'installe dans la voiture et il démarre. Ses mots sont tendres et appaisants. Il est 6h10 mais je ne m'en soucis pas vraiment. En route, une autre copine s'amorce mais elle ne semble pas aller jusqu'au bout de son travail... nous arrivons à 6h20. Damien peut se garer presque devant l'entrée de la clinique ! Incroyable !
Je suis bien dans la voiture. Je prends le temps d'écrire un message à Martine et Christine.
C'est Damien qui me propose de ne pas traîner en ouvrant ma portière. Je termine d'écrire le message, cela semble prendre plus de temps que d'ordinaire... puis, en arrivant au passage piéton, une 3è copine arrive ! Je suis à nouveau accroupie, me tiens d'une main au poteau, pose le portable au sol et vois 6h22 lorsque j'envoie le message à Martine et Christine... « les copines sont avec nous ! Nous arrivons à la maternité »
Je ne veux pas prendre l'ascenseur extérieur. N ous montons les marches et nous dirigeons vers l'accueil. Une 4è copine m'accroupie une fois encore, le temps que Damien et le personnel préviennent l'étage de la maternité. Ils me proposent un fauteuil roulant mais je préfère le bras et le soutient de Damien. Nous montons dans l'ascenseur.
Nous sortons. Tout est calme. Dès l'entrée dans le couloir, la terre m'attire. Je me mets à quatre pattes et une envie de pousser m'envahie. Damien court chercher une sage­femme. Lisa arrive.
« Bonjour, je suis Lisa. Comment vous sentez­vous Delphine ? Vous avez envie de pousser là, maintenant ? » «Oui!»
« Est­ce que vous vous sentez de marcher jusqu'à la salle d'accouchement ? »
«Oui!»
Damien et Lisa me soutiennent avec leurs bras. En nous dirigeant vers la salle d'accouchement, je dis à Lisa « Je pourrais avoir la salle nature ? »
« Oui, mais vous êtes sûre ? Vous ne pourrez pas utiliser la baignoire ! »
« Ce n'est pas grave, je veux la salle nature ! »
Elle est au bout du couloir. Lisa ouvre la porte. (elle me dira plus tard qu'il était 6h37) J'embrasse des yeux les tapis et me jette dessus.
Seconde poussée.
Lisa me propose de retirer legging et culotte. Je la laisse faire. Elle regarde le col.
« Vous êtes totalement dilatée Delphine ! » Cette phrase me donne un regain d'énergie et de joie.
« Vous voulez accoucher ici, dans cette position sur le tapis ? »
«Ohoui!»
Je pousse une troisième fois. Pour être efficace et ne pas me fatiguer, Lisa et Damien me conseillent de pousser en bas plutôt que par la gorge. C'est vrai que je pousse des cris vraiment gutturaux !
Leurs encouragements me sont très précieux. Malgré la rapidité de l'évènement, je sents qu'ils ont confiance en moi. Ils apperçoivent déjà la tête du bébé. De mon côté, je l'appelle de toutes mes forces.
A la 4è poussée, je sents la poche des eaux se rompre.
A la 5è poussée (6h45), je vois mon bébé en dessous de moi, couché sur le tapis. Je suis au dessus de lui.

C'est magnifique.
Il pleure.
Je pleure de joie.
Il est magnifique. C'est une fille.
Nous l'appellons Julie.
J'embrasse Damien. C'est merveilleux.
J'embrasse Julie. Elle est sur moi. Sa chaleur m'envahie. Je l'entends respirer. Elle cherche le sein.
Le temps se suspend. Je ressents une plénitude pour nous quatre.
Une fille, une petite sœur, Rachel va être ravie.

Lisa me dit « Vous êtes une championne Delphine. Bravo ! »
Je réponds en regardant Lisa et Damien « C'est Julie la championne ! »

Le 15 Avril 2017 à 6h45

La naissance de Valentin

Voici mon récit de la naissance de Valentin:

Le signal à retenti le dimanche 26 février, 9 jours avant la naissance de Valentin avec la perte du bouchon muqueux : "Ca y est, mon corps se prépare à la naissance". Panique à bord: je viens d'arrêter le travail la veille ( j'ai terminé mon dernier soin par un massage de femme enceinte...joli clin d'oeil), j'ai dû relâcher et voilà que j'entre dans la dernière phase avant que mon bébé ne sorte.
Je ne suis pas prête, ni matériellement , ni psychologiquement: à 4h du matin je m'agite dans tous les sens ( préparation de la valise, commande sur internet des vêtements premier âge etc...).
Mon terme étant au 22 mars, j'avais prévu de profiter des 3 dernières semaines pour me ressourcer, mettre en place les derniers préparatifs etc... Mais le compte harbour est lancé: il va falloir que j'entre rapidement dans cette phase de détachement de la vie ordinaire, que je m'intériorise profondément.
Je sens que c'est là, maintenant, chaque instant compte, je commence à accentuer ma qualité de présence à moi-même! Pas évident de faire cette transition: je vais quitter l' état de grossesse, ce sont les derniers moments avec mon bébé en moi. Se préparer au deuil, c'est une fin! Evidemment après une fin, un renouveau, j'en ai bien conscience mais à ce moment je veux être presente, être bien en moi afin de vivre ses derniers moments ainsi que la naissance en Conscience.


La perte du bouchon muqueux s'associe à des contractions douloureuses dans le col, Valentin est placé bien bas et malgré le fait que je le fasse remonter en positionnant mes mains plus haut, il pèse lourd maintenant.
Je decide quand même que ce n'est pas le moment d'accoucher, et comme c'est mon col qui travaille, je choisi d'y mettre un petit noeud! Je saurai l'enlever plus tard...je me souviens de l'anecdote raconté par Chrisine.
Voila j'ai fermé une porte! Alors que durant 2 années de formation yoga maternité j'ai appri à les ouvrir... Mais là c'est conscient, et je déferai le noeud en conscience aussi! Je précise que pour la naissance mon 1er enfant, Matéo, mon col ne s'était pas dilaté dans les 24 heures après avoir perdu les eaux, j'avais donc été déclanchée au propess. Mais à l'époque je ne connaissais pas mon col! Aujourd'hui oui!

Je passe donc les jours suivants à me ressourcer, et, comme nous avons quelques jours de vacances, j'emmène donc ma petite famille dans un lieu qui répond à tous mes besoins de femme enceinte qui va bientôt accoucher: Evian! Durant ces 3 jours , j'ai recueilli tout ce dont j'avais besoin pour être confiante et reposée pour la naissance: la présence du lac, l'observation de la lune, la balade au milieu des arbres , la petite pause sur le banc face à la mare des canard, la baignade dans l'eau de la piscine, un massage , un cadre harmonieux, la présence de Massimo et Matéo... J'insiste sur l'importance de ces quelques jours avant l'accouchement car mon état intérieur se modifiait, et j'avais besoin de constituer ma bulle.

3 jours plus tard, le mardi 7 mars au matin, j'ai des contractions en continu dans le col, je bouge dans différentes positions en faisant le mouvement de l'infini dans mon lit. Je dis à Massimo que je ne peux pas amener Mateo à l'école ce matin et lui demande d' y aller. Je suis entrain de créer ma bulle et n'ai pas la force physique ni l'envie de sortir. Massimo part travailler...

Assise sur mon lit, toujours dansant l'infini, je sens que s'est le moment de défaire mon noeud (au niveau du col), il n'y a plus rien à retenir désormais. J'ai pu vivre ses derniers jours tout ce que je souhaitai. Je suis prête, sans peur! Je dois préciser que quelques jours avant le séjour à Evian, j'étais paniquée par la peur de revivre la douleur de l'accouchement de Mateo ( à l'époque mon col s'était dilaté de 1 à 9 en 1 heure, les contractions avaient étés intenses et je n'arrivais pas à respirer entre chaque).
Pendant ces 2 années de formation yoga mat Martine nous a beaucoup parlé d'intensité pour remplacer le mot douleur...sauf que jusque là c'était de la théorie. Apres une discussion avec un copain sportif, j'ai compris que mon mental se focalisait sur le vécu, la mémoire de cette expérience douloureuse passée et qu'il faisait un "copier/coller" sur l'expérience que j'allais vivre pour cette naissance. Dans un marathon, si un athlète est en grande difficulté physique à un endroit précis d'une montée par exemple (et qu'il abandonne là), les autres fois qu'il repasse par là, son mental se souvient et se remet en difficulté à cet endroit. D'où l'importance de la visualisation positive, d'un autre possible!

La semaine qui a précédé l'accouchement, mon col était très sensible, je ressentai des décharges électriques sur mon col, chacune d'elles me faisait spontanément me rétracter de douleur . J'ai donc pris ces décharges douloureuses pour une préparation aux contractions de l'accouchement et j'ai mis en place la respiration d'expansion , d'ouverture pour ne pas résister mais aller avec!

Retour au 7 au matin, je gère mes contractions avec le mouvement de l'infin dans toutes les positions qui me soulagent. J'appelle la sage femme Manuela vers 10h30, qui n'est pas certaine de la mise en route du travail au vu de ma gestion des contractions...Moi je sais que c'est le jour J. Les contractions sont regulieres, toutes les 5 minutes, voir moins. Je sais qu'il est temps de prendre la route... J'appelle Massimo, pas affolé du tout mais qui comprend à la determination de ma voix qu'il faut qu'il arrive. Il y a 30 minutes de route pour arriver à l^hoptal de thonon, et vivre les contractions intenses dans la voiture ne faisait pas parti de mes rêves!
Manuela tres calmement me demande si elle doit se rendre a l'hopital mintenant pour m'accueillir ou si je veux plutot la rappeler apres ma balade au bord de l'etang....C'est fou ça, personne croit que l'accouchement est imminent! Il est environ midi, Massimo arrive, et je donne à ma soeur les dernières instructions pour aller chercher Matéo a l'école.

Enfin l'esprit libéré, nous prenons la route, direction l'hopital. Je m'installe à l'arrière et me dis une chose: "surtout rester dans mouvement" Martine nous l'a assez répété. Je précise que j'avais bien insisté dans mon projet de naissance sur ma crainte de devoir gérer les contractions en voiture, et nous avions donc prevu de partir au plus tot, avant que les contractions ne soient trop rapprochées. C'est raté, je vais donc faire avec! Adaptation!
Assise sur 1 ischion, l'autre décollé du siege, je danse l'infini avec mon bassin. Pour que Massimo puisse être connecté à ce que je vis, je le préviens de chaque contraction. Mouvement de l'infini, puis respiration dans mon bassin: expension, expension, expension... J'ouvre. J'ai dans la tête comme un mantra: chaque contraction me rapproche un peu plus de l'arrivée de mon bébé". Oui Martine et Christine ont bien fait leur travail...!

Arrivée à la maternité, j'attends sagement dans la voiture la prochaine contraction afin d'être" bien installée" pour la gérer. Puis je marche en direction de l'hopital, et là sur le chemin nouvelle contraction: nouvelle méthode donc car je suis debout, et spontanément c'est la respiration de la vague qui s'impose! Nous arrivons au service maternité, Manuela nous accueille. Bonne nouvelle, nous avons la salle Nature avec la baignoire! Le service est très calme, peu d'accouchement ce jour là. Manu m'examine: col court, dilaté a 2 cm: Super, les contractions sont donc efficaces! Je continue comme ça!
Assise sur le ballon, Massimo me masse le bas du dos avec des huiles essentielles. Je commence a faire des sons pour gerer les contractions, des " Ou A". Le "Ou" descend dans mon bassin et le "A" l'ouvre. Massimo m'accompagne dans les sons (2 week end de yoga mat l'ont préparé a la vibration). Puis nouvel examen du col et là enfin la baignoire m'attend! Je la réclamait depuis un moment à Manu...


J'arrive dans la salle Nature, je "saute presque dans la baignoire", et je n'en sortirai pas avant d'avoir accouché! Je me sens bien dans l'eau, c'est l'élément dans lequel je souhaitai vivre cette naissance! Massimo ne pensait pas que l'on irait jusqu'au bout dans l'eau mais devant le peu d'entrain de ma part à en sortir ainsi que l'indifference de Manu à son "Ca serait bien de sortir là!", il s'est résigné! il faut dire que nous avons confiance en elle. Je continue a vibrer des sons qui maintenant ne sont plus "controlés". Ces sons viennent du fond de moi.

Manu insiste pour que j'inspire aux narines, car l'intensité m'amène quelquefois a inspirer par la bouche. Je me recale donc, j'ai même le temps de penser "la respiration aux narines c'est celle qui nous fait changer d'etat de conscience, passer dans le plus subtil". Ensuite je suis dans un état tres particulier, je n'ai plus conscience du temps. Je suis dans mon corps et dans un autre espace/temps!

Valentin sortira à 15h28. Juste après le passage de sa tête j'ai comme un relachement. Je me laisse glisser dans la baignoire, Massimo me le racontera plus tard, qu'il a du me retenir, me ramener vers lui. C'est à ce moment là que Manu me dit d'un ton ferme (pour la 1ere fois)," Allez Aurélie, on a besoin de toi là!". Cet ordre me ramène dans mon corps, je pousse à nouveau quelques fois et Valentin sort.
Il a les yeux ouvert, je suis là, nos regards se rencontrent pour la première fois. Son regard est puissant et tranquille à la fois.

Ce fut une naissance en conscience, vécu dans la confiance! J'ai pu, au fur et à mesure qu'elles se présentaient voir mes peurs, les accueillir et trouver des ressources pour les transformer en confiance! Un véritable travail d'équipe avec Massimo et Manuela, dans la communication et le respect.

Aurélie

Accouchement Valentin - Vu par Massimo



Mardi 7 mars

Belle journée ensoleillée. Je me lève normalement pour aller travailler, avant qu’Aurélie, me dise : « Massimo, j’ai besoin de me reposer. Tu peux amener Matéo à l’école ». Je lui demande si ça va et elle me répond qu’elle a juste besoin de repos. J’amène donc Matéo à l’école et me rend au travail.

Vers 10h30, je reçois un message d’Aurélie. Elle m’écrit « beaucoup de contraction ». Je l’a rappelle pour faire le point avec elle. Je la sens stressée. Je lui demande qu’elle me parle de ses contractions et des fréquences, mais elle devient agressive… On va sûrement finir la journée à 4. Je lui propose de la rappeler dans 5 minutes pour voir s’il y a eu une nouvelle contraction.

5 minutes plus tard, je la rappelle. Elle est en ligne avec Manuela, la sage-femme. Elle me demande de patienter. J’entends à sa voie et à son discours avec Manuela que les choses se précisent. Toujours en attente et à l’écoute de leur conversation, je commence à ranger mes affaires et à transmettre mes dossiers à mes collègues. Aurélie termine sa conversation. J’ai compris, je lui dis que je saute dans un taxi et que j’arrive. J’annonce mon départ à mes collègues qui me glissent des mots d’encouragement. « Comme si c’est moi qui allait accoucher à la place d’Aurélie…. ». Finalement, j’en aurais bien besoin.

Je saute dans un taxi et comble de malchance, je tombe sur « Monsieur Je Respecte toutes les règles ». Je lui fais comprendre sur un ton convaincant que je n’allais pas lui en vouloir s’il oubliait 2-3 priorités, car ma femme allait accoucher. Message reçu 5 sur 5 par le chauffeur qui se transforme en pilote et me montre que son klaxon fonctionne. Rassuré, j’en profite pour appeler la sœur d’Aurélie pour lui demander d’aller chez nous, car c’était le jour J. Je sens en moi un sentiment étrange m’envahir : mi-peur, mi-excitation. Mon fils arrive !

A la maison, Aurélie est là, elle m’attend. Le temps de sauter dans un jeans et nous sommes en route pour la maternité. Je demande à Aurélie, qui est à l’arrière, de me faire partager ses contractions, afin de les compter. La sage-femme appelle dans la voiture. « Contractions régulières de plus 30 secondes toutes les 5 minutes » . Nous nous donnons RDV à la maternité, les indicateurs sont aux verts.

Je suis admiratif devant Aurélie. Comment fait-elle pour supporter ces contractions ? J’ai l’impression qu’elle n’a pas mal. Est-ce vraiment pour aujourd’hui ? Je la laisse dans sa bulle. Nous arrivons à la maternité. Manuela nous accueille et examine Aurélie. Ça s’annonce bien. Il est temps de mettre mon « armure de gardien du temple ». Je suis impatient, mais intérieurement terrifié. Est-ce que ça va bien se passer ? Fais-je être à la hauteur de ses attentes ? L’adrénaline commence à m’envahir. Je le sens, car je suis malade : toux et nez qui coule. Mais, soudainement plus rien et ça sera comme ça jusqu’à l’arrivée de Valentin. Mon dieu que la nature est bien faite.

Je masse Aurélie avec des huiles essentielles entre les contractions et l’accompagne des sons que nous avions travaillé pendant les stages. Je prends plaisir à l’accompagner. Elle souligne la qualité de mes massages. Je ne vais finalement pas me faire trop insulter aujourd’hui.

Finalement, les portes de la salle nature s’ouvrent et Aurélie peut rentrer dans la baignoire. Je prends soins d’améliorer l’ambiance : Musique de fond et lumière tamiser. Aurélie est bien dans l’eau. Elle est souriante, mais les contractions s’intensifient. Mon rôle change : il est temps de la rassurer et de la soutenir. Finis les massages, je dois être un roc. Pour la première fois, je vois la douleur. Aurélie a les mains crispées.

La sage-femme examine à nouveau Aurélie qui sent le besoin de commencer à pousser. Je demande s’il ne serait pas mieux de sortir de la baignoire. Je n’obtiens aucune réponse de mes partenaires d’aventure. « Elles ont dû se mettre d’accord quand j’étais aux toilettes ». Valentin va naître dans l’eau. Je tremble sous mon « armure ».

Valentin descend bien dans le col. Les sons d’Aurélie deviennent de plus en plus animal. Elle se transforme. La douleur s’intensifie un peu plus. Mais, je suis tellement impuissant. Vivement que le bébé arrive.

Aurélie s’allonge sur le dos alors que jusqu’à présent, elle était à genou. Je la sens glisser, partir, s’envoler. Elle n’est plus là. Je suis à sa tête et dois la tirer vers moi pour qu’elle ne parte pas sous l’eau. Mes cuisses me brûlent, les bords de la baignoire me rentrent dans les côtes. « Chéri, si tu voulais me faire partager ta douleur, tu as réussi». Elle hurle. Ses sons sont au niveau de sa gorge, ils n’aident pas Valentin dans son voyage. Je lui demande de descendre ses hurlements dans son bassin. Aurélie est de plus en plus lourde. Elle me glisse des mains. Soudain, Manuela, la sage-femme la rappelle à l’ordre : « Aurélie, on a besoin de toi, MAINTENANT ». La peur me submerge. Je l’encourage, lui dit que Valentin sera bientôt là, mais qu’elle devait revenir vers nous. Puis, son hurlement, bestial, et enfin l’arrivée de Valentin dans ses bras. Je le regarde dans les yeux, mon armure me tombe, les larmes m’envahissent, mon nez coule, mon corps tremble, les portes du temple se ferment….

Naissance de Sylvain

Naissance de Sylvain, lundi 27 février 2017 à 20h23
La semaine précédent sa naissance, j'ai été malade pendant 2 jours, l'occasion de vraiment lâcher sur les dernières petites tâches routinières que j'avais gardées: aller chercher les enfants à l'école, faire les allers-retours aux activités, le fonctionnement de la maison... Mon corps m'envoyait un message pour dire "stop, ça y est, c'est suffisant", Thomas a pu prendre le relai car justement il terminait aussi une phase très chargée pour son travail. Mes humeurs étaient aussi très changeantes, la veille nous étions invités chez des amis et nous avons décliné car l'énergie n'était pas là, nous avons au contraire passé la journée du dimanche à dormir de pièce en pièce, du salon à la chambre, même avec les enfants....

Lundi matin, je suis en forme, je décide d'aller à l'atelier de portage que proposait une amie, c'est aussi mon anniversaire, il fait beau, tout va bien. Quand je rentre à midi, on mange ensemble avec Thomas, l'après-midi je me repose, j'observe mon jardin, j'entends les oiseaux, et je me dis que pendant cette grossesse j'aurais vraiment été dans la contemplation ;-) J'ai passé beaucoup de temps à regarder mon jardin, à m'écouter, intérieurement, à être juste là, dans l'instant. Quand arrive l'heure d'aller chercher les enfants, voyant que Thomas est en retard, je me prépare et propose d'y aller. Finalement il part, donc je retourne tranquillement sur mon canapé, reprendre mon activité d'observation et d'écoute des oiseaux du jardin :-)

À 17h, les enfants reviennent de l'école, je les vois arriver par le jardin... Au portail de l'école, ils ont tout de suite demandé à leur papa "le bb est né?" pourtant ils savent que le terme est le 11 mars, même si ce matin on en parlait et je disais que "ça pouvait arriver cette semaine ou la suivante".... D'ailleurs ce matin là, nous avons dis à Elena quels étaient les prénoms choisis pour le bébé, si c'était une fille ou un garçon...!

Retour au présent, les enfants jouent dans le jardin en arrivant, Elena vient me voir et me donne 2 pâquerettes cueillies dans le jardin... et là je sens un petit liquide qui s'écoule de mon vagin.... ah tiens...? Je me relève pour m'assoir, et là beaucoup plus de liquide! Je souris, surprise, et en allant aux toilettes je dis à Thomas que je crois bien avoir perdu les eaux -c'est la première fois que ça m'arrive sur les 3 accouchements! Je sens que l'écoulement se fait non stop, du coup bêtement je me sens coincée sur les toilettes, jusqu'à ce que enfin je pense à mettre une protection pour sortir... Les enfants continuent de jouer, entrent et viennent dans la maison, Jérémie demande "alors on fait l'anniversaire de maman? il est où le gâteau, les cadeaux? ...
" Petit temps de réflexion avec Thomas, et puis on se dit que ce sera mieux de remettre mon anniversaire à demain :-) et que ce serait préférable d'accompagner les enfants chez Gaétane! Gaétane qui en plus ce soir là est rentrée beaucoup plus tôt que d'habitude! Donc les enfants finissent tranquillement de goûter, Thomas descend leurs sacs, ils se choisissent un doudou et sont ravis d'aller dormir chez Lothaire et Héloïse!! Je n'ai pas beaucoup de contractions encore donc je suis ravie de les emmener moi-même à coté, tranquillement, ça me permet de voir Gaétane, qui est émue pour moi. Je ne réalise pas complètement ce qui m'arrive et je lui dis "j'espère que c'est le bon choix, que je ne t'amène pas les enfants pour rien" et elle me répond de sa voix toute calme, "qu'en général quand on perd les eaux on va à la maternité, donc oui tu fais le bon choix :-)"
oui, c'est vrai, elle a raison, ça me rassure. De retour dans mon salon, Thomas s'est activé à préparer la chambre (bâches et alèses sous le drap housse, rangement, monter les chauffages, et même aspirateur je crois; ces derniers jours il a été très maniaque sur la propreté de la maison!), nous restons encore dans le salon tous les deux, la porte-fenêtre toujours ouverte pour rester au contact des oiseaux, je suis assise sur le ballon, je fais des mouvements de l'infini tranquillement et sereinement, j'accueille chaque contraction avec le mouvement et je la laisse s'en aller avec le sourire, je suis bien. Nous écoutons ma musique de Noa, chanteuse israélienne qui m'accompagne depuis la grossesse d'Elena, ses mots me relient à la puissance du féminin et à la mise au monde de nos enfants, notre devenir mère, commun. On est surpris tous les deux de cette sérénité qui nous anime, on se dit qu'on a bien fait d'accompagner les enfants à côté, leur excitation ne nous aurait pas permis d'être tant dans notre bulle tous les deux. Ce bébé nous laisse du temps pour préparer son arrivée, pour l'accueillir dans le calme et l'amour, c'est évident et stupéfiant. Les contractions sont toujours si "faciles", l'humour et la joie sont toujours là entre Thomas et moi et je me mets à dire et à penser que si ça continue comme ça cet accouchement va juste être au top, trop facile! (bon j'ai parlé trop vite, la suite va se corser évidemment!) Le jour commence à baisser et je décide donc de monter dans la chambre, Thomas prend avec nous le ballon et la musique. Il est 19h, on hésite à rappeler Julia, on ne veut pas la faire venir trop tôt, mais on sait aussi que les choses peuvent s'accélérer, donc finalement thomas la rappelle, elle dit qu'elle arrive. Progressivement, les contractions se rapprochent et s'intensifient, toujours gérables, je suis à 4 pattes au bout de mon lit, qui me sert de support, ainsi que Thomas qui est assis sur le ballon en face de moi. Je sens que mon bassin commence à s'ouvrir et je pense que j'attends la présence de Julia pour le laisser vraiment s'ouvrir. Je sens un inconfort dans le bas ventre, je me demande si ma position est bonne mais je ne vois pas comment faire autrement donc j'accompagne - du mieux que je peux...
je laisse aller en tout cas. Thomas guette l'arrivée de Julia, et la voilà, il est trop content! On voulait tellement être accompagnés et voilà c'est sûr, elle est là, c'est chouette. Julia monte discrètement ses affaires près de la chambre, s'installe à côté de nous, assise par terre et accompagne mes sons de ses OMs très calmes et sereins, ça me fait du bien, ça me rassure, comme des sons qui me guident sur un chemin. À la fin d'une contraction, elle écoute le cœur du bébé, et alors qu'il avait tout le temps le dos à gauche ces derniers mois elle me dit qu'il est à droite, et là je me dis ben mince, alors il va faire les 3/4 de tour dans le bassin avant de sortir? Le rythme cardiaque indiqué est lent mais on n'est pas inquiet car on entend au son que tout va bien, Julia nous le confirme d'ailleurs. Les quelques contractions qui suivent sont fortes mais ça va quand même, par contre je repense à cette histoire de 3/4 de tour et entre 2, je dis à Julia "mais tu crois que ça va être encore long là alors?" Je ne me rappelle plus vraiment de sa réponse mais ça voulait dire "reste confiante, tout va bien, ton bébé arrive". Les contractions qui suivent sont alors plus fortes, je suis surprise d'une telle intensité. Mon corps se penche vers l'avant, comme si je voulais sortir de ce corps, les sons de mes "A" très forts, très puissants me surprennent...
et puis pendant la contraction j'entends toujours la voix rassurante de Julia qui m'invite à détendre mes tissus, j'essaie alors de "revenir" dans mon corps, dans mon centre, je visualise mes ligaments, j'y place la volonté de les détendre, je ne sais pas si j'arrive, j'essaie d'accompagner avec un son plus grave, plus vers mon centre, vers la terre...
Les suivantes seront aussi fortes ou plus, et j'accompagne les "A" de "oui" très fort, car je sais que mon bébé est là, Julia me guide "Il va sortir sa tête. Il sort sa tête. Il va sortir tout le reste du corps" Ses mots rythment mon ressenti et - j'entends alors le son de mon bébé! C'est magique, c'est magnifique, il est là! Julia qui était restée à côté tout le long, sans jamais intervenir, sans rien faire du tout, est venue tout aussi discrètement le réceptionner et le déposer sur le beau gros coussin qui était là devant moi. Je le regarde, je le trouve si beau, si petit, si crevette (en fait il fait quand même 3kg720, mais c'est quand même le plus petit poids des 3 à la naissance;) mais aussi le plus grand: 54 cm!) Je le couvre d'une serviette éponge, Thomas est passé derrière moi, je prends Sylvain contre moi et je dis "merci, merci, merci" je ne sais pas combien de fois. On est là tous les 3, ce moment est inoubliable. Je sens tellement de gratitude en moi pour sa belle arrivée, sa présence parmi nous, en vie, en santé, je suis si heureuse.

Le placenta sortira tranquillement au son du carillon de Julia, il s'est décollé, est resté dans mon vagin et a fini par sortir en l'incitant un peu avec le cordon. Julia nous informe que Sylvain avait 2 tours de cordon autour du cou; cela n'a pas posé de soucis, elle a attendu qu'il sorte et lui a retiré le cordon comme on enlève une écharpe. J'ai eu une petite déchirure qui n'a pas nécessité de points. Chouette, j'ai apprécié pour le post-partum de ne pas avoir de point. Les saignements se sont très vite arrêtés, au bout de qq jours déjà; les tranchées sont passées quasiment inaperçues....
J'appréhendais le post-partum et finalement c'était assez facile, je ne pensais pas être surprise de l'intensité de l'accouchement - sur un 3ème que peut- il y avoir de nouveau, et le yoga m'accompagne tellement? Et bien si bien sûr! Pour Elena tout était nouveau, pour Jérémie j'ai reconnu toutes les sensations de la naissance d'Elena en accéléré, avec en plus cette sensation de brûlure au niveau du périnée; cette fois, pas de brûlure, mais une telle intensité qui m'a clairement dépassée....
3 accouchements assez semblables finalement, mais avec chacun leurs particularités et leurs surprises. Le yoga m'a accompagné pendant toutes mes grossesses, pour Elena, j'étais sur un chemin complètement nouveau pour moi, dans un pays qui n'était pas le mien, comprendre le fonctionnement du corps.... J'ai aimé observer et contempler l'eau également, la nuit particulièrement, ce canal qui passait juste en dessous de chez nous... Sur ma seconde grossesse, pour Jérémie, le retour vers soi, nettoyage intérieur pour se libérer de ses peurs, aller vers et assumer le choix de l'accouchement à domicile, et la puissance du son lors de l'accouchement ont été des moments forts...
Et cette fois, j'ai l'impression que ces perceptions se sont un peu plus affinées encore. D'un point de vue physique déjà, pour bien me sentir dans mon corps, dans mon bassin. Deux séances d'ostéo m'ont fait beaucoup de bien également et m'ont permis de mieux comprendre encore certaines postures & respirations. Et puis, j'ai revisité des postures autrement, avec un autre ressenti. Et je me suis laissée guidée sur un nouveau chemin, sans doute encore un peu plus spirituel. La présence d'une deuxième poche à la conception, qui n'a pas été fécondée, m'a permis de rencontrer sur les conseils d'Hélène, Ophélie une sage-femme très particulière qui dès le début de ma grossesse m'a permis de reprendre confiance en mon corps et en mon bébé. Et d'inviter la Joie! Aujourd'hui encore je me replonge dans cet infiniment grand, cette grande histoire de l'Univers qui fait que tu es là Sylvain, petit être de la Nature et des Arbres.

Tu as ta place avec nous, être 5 avec toi semble si évident. Elena est émerveillée chaque fois qu'elle te regarde, Jérémie est heureux, doux et tendre avec toi, ton papa et moi on est rempli de bonheur à un point que l'on ne peut pas imaginer, toi tu es là calme et serein - un si beau cadeau de la Vie. Merci merci merci



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Naissance de Basile le 18/02/2017

Dernière semaine avant le terme, je suis toujours dans cet état de grande plénitude de la grossesse et je profite de chaque instant. Nous finissons notre nid et nous décidons de déménager 2 jours avant le terme, cela décidera peut être notre petit à pointer le bout de son nez ! Dernière séance de yoga avec Christine, ouverture de la porte du cœur, je me sens prête et confiante seule ma tête de sage femme s’inquiète un peu d’un éventuel déclenchement à terme dépassé.

Jour du terme, nous partons pour Thonon afin d’effectuer une consultation avec Manuela qui doit nous accompagner pour la naissance. A l’échographie tout va bien notre bébé a encore plein de place et de liquide et va très bien. Nous effectuons un décollement des membranes dont je ne sens pas trop les effets. L’après midi, Manue nous dégotte un rdv avec une sage femme acupunctrice pour commencer à préparer le col. Je sors de ce rdv dans un état second, je ne sens pas de changement flagrant dans mes sensations corporelles mais je ne suis plus dans le même monde.

Nous passons la soirée chez Manuela, après une belle relax pour me remettre en confiance et en présence, nous décidons de rentrer chez nous car rien ne se précise vraiment et nous avons peur de trop focaliser notre esprit sur la mise en travail en restant sur place.

4 heures du matin, je savoure mes premières contractions ! Elles sont enfin là, c’est parti ! Je reste dans mon lit, je me rendors entre chaque contraction, elles ne sont pas très intenses je les accompagne avec la respiration de la vague. Vers 6 h, rester dans le lit commence à être difficile, je m’installe sur mon tapis et mon ballon, varie les postures et continue des grandes respirations et des mouvements de l’infini sur le col.

7h je réveille François pour lui annoncer que je suis en travail et que je pars faire un tour car j’ai envie de marcher. Je sors je me sens bien seule dans la brume matinale, je vais jusqu'au lac qui est près de chez moi, les contractions se rapprochent, sur le chemin du retour je m’arrête de marcher à chaquecontraction, elles sont désormais plus intenses.

De retour à la maison François me fait couler un bain et me prépare une boisson chaude. Dans le bain je commence à faire des sons, le son « ou » m’aide beaucoup. Nous appelons Manue qui nous encourage à la rejoindre dès maintenant car nous avons 1h de route. Je sors de l’eau difficile de trouver une tenue confortable, nous rigolons bien entre 2 contraction en voyant comment je me suis accoutré pour partir !

Le voyage en voiture n’est pas des plus confortable, les contractions sont désormais très rapprochées toutes les 2 à 3 min. Je cherche désespérément une position antalgique mais l’espace est réduit et finalement la seule chose qui marche c’est de m’étirer et de me mettre dans ma bulle.

Nous arrivons chez Manue, l’idée est de se poser ici mais en m’observant sur une ou 2 contractions elle décide de m’examiner plus vite que prévu ! Je suis à 6 cm ! Quelle joie d’entendre ça, nous repartons donc à la maternité afin que je puisse profiter d’un bain et surtout que nous n’ayons plus à changer d’endroit.

Arrivée à la maternité, je plonge dans un bain. Le travail avance, je suis dans l’eau j’alterne les positions et ressens le besoin de m’immerger complètement dans l’eau pendant la contraction. Manuela m’accompagne avec des outils qui me parlent puisque nous avons toutes les 2 fait la formation yoga. Elle me recentre sur la respiration de la vague et m’encourage à faire des sons de plus en plus grave, elle m’aide à ne pas perdre pied et m’incite entre les contractions à me poser et à recharger en énergie. François est également très présent, il me masse, me soutient, m’étire. Quel rôle difficile que celui du père : il trouve un massage qui me soulage, la contraction d’après je le supplie de faire pareil et celle d’après je ne supporte plus qu’on me touche à cet endroit ! Petit à petit je sens la présence de Manuela et François toujours aussi forte mais j’ai moins besoin d’eux physiquement, ils sont là dans la salle et moi je suis dans ma bulle. François a mis de la musique mais je ne l’entends pas …

Puis arrive cette fameuse phase de désespérance, je crois que je ne lui chercherai plus jamaisd’autre nom ! Avant de l’avoir vécu je trouvais ce terme trop fort, trop anxiogène, mais non c’est bien cela. D’un seul coup je perds toute confiance, je désespère, je crois mourir ! Et Manue me répond que je sais ce qui se passe, que c’est cette fameuse phase. Je lui dis que non, c est pas ça, c est pas pareil moi je n’y arriverai pas !

Je suis à 8 cm, la poche des eaux se rompt pendant l’examen, le bébé n’apprécie pas ce changement brutal, son cœur se met à ralentir. Le fait qu’il n’y est plus de poche me donne envie de pousser, le col passe de 8 à 10 cm sur une poussée et le bébé s’engage dans le bassin.

Je ne suis plus bien dans l’eau, j’ai besoin d’avoir les pieds sur terre, je sors de la baignoire. Grand changement d’ambiance, les contractions sont plus violentes, je ne sais pas comment m’installer sur la table, je cherche des points d’appuie. Le cœur du bébé continu à ralentir, comme je ressens l’envie de pousser et que le bébé avance quand je pousse, Manuela m’encourage à pousser même si c’est encore tôt. Je pousse dans différentes positions, François m’aide à m’étirer en se mettant debout sur la table, je sens que mon bébé progresse très doucement. Le rythme continue à inquiéter Manue qui demande l’avis d’une sage- femme de garde, par chance c’est Carine une amie de promo, une tête connue ! Elles décident ensemble d’appeler le gynéco de Garde, celui-ci arrive. Ils effectuent un prélèvement sur la tête du bébé pour vérifier que celui-ci n’est pas en hypoxie (manque d’oxygène), le prélèvement est bon, le gynéco s’en va. Je continue à pousser de plus belle, je ne comprends pas je pousse le plus fort possible, je sens que ma poussée est efficace mais que mon bébé est coincé !

Autant jusque là je ne suis pas trop revenu dans ma tête de sage femme, autant à ce moment là l’angoisse me prends, j’ai peur pour mon bébé, j’ai peur d’une extraction instrumentale. Je touche je sens sa tête mais c’est une bosse et je ne peux m’empêcher de me dire que la tête doit être grosse, alors je pousse de plus belle et essaie encore d’autres positions.

Il y a maintenant 3 sages femmes autour de moi, l’une me dit de lâcher, de détendre mon périnée, les autres de pousser encore plus fort. C’est difficile, cela me parait être 2 énergies tellement différentes. A ce moment là je suis guidée seulement par mon adrénaline et je n’ai qu’une idée en tête faire sortir ce bébé. Manuela et Carine échangent un regard, 2 mots, je sais que je vais avoir uneépisio. Manuela coupe, je ne sens rien, je pousse encore et mon bébé sort enfin. Quelle joie de le sentir enfin glisser, sortir, et de l’entendre pousser son premier cri ! Son papa est impressionné car il est tout bleu mais tout va bien ! Il se porte à merveille et s’appelle Basile, il est enfin là tout contre moi, nous échangeons nos premiers regards, c’est magique ! Effectivement Basile est un beau petit père de 3730 g et 56 cm, grand comme son papa et sa maman et avec un beau périmètre crânien !!!

Lya M

Adèle, le 3 février 2017

Par de savants calculs, l’obstétricienne de la maternité avait finalement décidé que le terme était le 30 janvier, 3 jours plus tôt que prévu initialement. La veille de la naissance, un jeudi, ça faisait déjà 4 jours que je faisais des aller-retours à la Mut’ pour un suivi post-terme. Pour dire vrai, je n’avais qu’une trouille c’est qu’ils déclenchent l’accouchement. En soi, je sais bien, ce n’est pas bien grave, Cosma le grand frère était né d’un très bel accouchement déclenché. Mais voilà je ne voulais pas que l’équipe médicale s’en mêle avec leurs tampons et injections. J’usais depuis plusieurs jours de toutes les techniques que je connaissais pour faire venir cet enfant : je lui parlais « ça y est, nous sommes prêts, on t’attend ! », buvais de la tisane de sauge et de framboisier, marchais, faisais du toboggan à Flottibulle, câlinais le père plus qu’il n’en rêvait, me faisais piquer d’acupuncture, etc… J’ai fini par correspondre par texto avec ma naturopathe, un peu sorcière !, qui m’a dit (à distance !) que j’avais l’hypophyse bloquée (ah bon !), qu’elle s’en occupait (mais comment ?) et qu’en attendant je devais me masser les seins.

Ce jeudi après-midi-là, j’ai reçu beaucoup de messages, de mes sœurs, de mes copines, de mes proches qui venaient aux nouvelles et j’ai comme senti une énergie nouvelle, différente. J’ai senti que quelque chose se libérait, que je ne serais bientôt plus enceinte.

Dans la nuit, je me suis réveillée à 2 heures du matin, secouée par quelques contractions. Je suis restée au lit, comptant leur régularité. Elles étaient peu intenses mais arrivaient toutes les 7-8 minutes. Une joie immense que j’ai d’abord voulu garder pour moi, aussi parce que j’avais tellement eu de faux débuts de travail ces dernières semaines, que je préférais attendre d’être vraiment sûre. Je suis restée au lit jusqu’à 3h30, somnolente, vérifiant la régularité. Puis je me suis levée, j’ai prévenu Aziz que c’était sûrement pour cette nuit, qu’il pouvait dormir, que je viendrais le chercher quand j’aurais besoin de lui. J’avais la maison pour moi, dans une jolie lumière tamisée, les deux ainés et le père endormis. J’ai d’abord pris un long bain où je me suis appliquée à me faire belle, c’était doux et agréable. Je me suis épilée, coiffée, crémée, j’ai mis ma belle robe de grossesse que je ne porterais plus et qui est si confortable. Les contractions sont devenues de plus en plus intenses, un peu plus espacées aussi, toutes les 10 minutes. Et puis j’ai bu une tisane, j’ai écouté de la musique, du flamenco soufi, hypnotique et rythmée et j’ai fait du ballon : des mouvements de l’infini beaucoup, des respirations en visualisant un mouvement descendant, de l’infini vers la terre. Et je sentais ça très fort, l’énergie qui allait du haut vers le bas. Les contractions continuaient de s’intensifier et à 5 heures j’ai eu un immense coup de barre, je me suis allongée sur le canapé et j’ai un peu dormi entre des contractions qui devenaient de véritables déferlantes, puissantes, violentes. A 5h30, j’ai réveillé Aziz, qu’il vienne, qu’il m’aide. Il s’est affairé pour préparer les affaires : rassembler les sacs, préparer les gouters des enfants, s’habiller, bref ce genre de choses et à chaque contractions il me rejoignait et m’aidait à les vivre, respirant, envoyant des sons, me rassurant. Puis il repartait s’affairer, jusqu’à ce que le temps entre chaque contraction soit si court. Tout est ensuite allé très vite : appeler un taxi, allé réveiller le voisin pour qu’il reste avec les ainés (il m’a vu en bête sauvage, à quatre pattes, envoyant des Aaaaa et des Oooo, les yeux dans le vague. On ne se dit plus bonjour pareil maintenant devant l’ascenseur !!). Le trajet jusqu’à la Mut’ fut rapide épargnant de peu les sièges en cuir de la flambante voiture de taxi.

On était bien, on faisait des blagues, on était confiant et détendu. Même si ça devenait urgent d’arriver et même si les contractions étaient très fortes, on était calme. C’était une sensation étrange, calme dans le tourbillon.

En arrivant à la maternité, nous sommes accueilli par une étudiante sage-femme qui suit le protocole à la lettre, nous dit que je suis à dilatation 4 (et je sais que notre enfant va venir très vite maintenant) et qui rate l’installation de la perfusion en m’explosant une veine. Elle part, terriblement gênée.

Je perds les eaux et je sens que tout s’accélère, Aziz continue d’être une aide précieuse à chaque contraction je l’agrippe, je me sens plus forte. C’est l’heure du changement de service, une nouvelle sage-femme arrive et me propose d’aller en salle nature, me mettre dans la baignoire. J’y vais d’un bon pas, me déshabille et j’attends l’eau dans la baignoire. J’ai très envie de m’asperger d’eau chaude, mais il y a un problème, l’eau ne vient pas, ou elle trop brulante ou elle est trop froide, bref, ça ne marche pas et la sage-femme entame des réflexions et des travaux de plomberie, préoccupée par le matériel qui ne marche pas.

Et là je sens que je n’y arriverais plus, je ne trouve pas de bonne position, nue dans cette baignoire vide, je me mets à pleurer. Je reconnais alors le fameux moment de désespérance… le bébé va arriver ! je sors de la baignoire, je me suspends et j’annonce que j’ai très envie de pousser. La sage-femme fait alors un geste technique incroyable, elle se jette au sol pour se mettre sous moi, vérifier ma dilatation et « c’est bon, à la prochaine contraction vous pouvez pousser ! » dit-elle, je pousse deux fois, sur l’expire, en bloquant mon diaphragme, et je sens l’enfant qui passe. Et ce qui est fou, c’est que je sens tout, les reliefs de son visage, ses épaules passer dans mon bassin. C’est une sensation étrange que je garde très fort en mémoire. Je suis sur les genoux, à la verticale, l’enfant nait comme cela, comme aspiré par la gravité.

Je m’écroule au sol et on me pose Adèle sur moi, sur mon ventre, pas plus haut… le cordon est trop petit, mais elle est bien costaud, pesant plus de 4kg !

Il est 7h40 et ça ne fait même pas une heure que nous sommes à la maternité.

Merci infiniment pour cette préparation et cet accompagnement en yoga !


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La naissance de Lina

Lundi 19 décembre,

Les préparatifs pour l'arrivée de notre bébé se sont terminés la veille, je me rends à ma dernière séance d'acupuncture à 18h.
La séance fait son petit effet, j'observe quelques contractions plus fréquentes qu'à l'habitude.

Dans la soirée, je ne parviens pas à m'intéresser au programme télévisé, mes préoccupations sont ailleurs. J'ai la sensation de devoir faire un des plus grands sauts de ma vie, je me dis qu'une fois le travail commencé, rien ne sera jamais plus comme avant... Mélange d'impatience et d'appréhension, des peurs ressurgissent.

Je décide d'aller marcher au bord du lac. Il est 22h30 passé, il fait froid, personne à l'horizon. Mais une multitude d'oiseaux qui crient au port, les mouvements de l'eau, la clarté de la lune.
La reconnexion à la nature se fait et m'aide à trouver un calme intérieur. Quelques respirations de la vague, la confiance est là. Je me réjouis de voir ce qu'il se passera dans les heures à venir.

Dans la nuit, je suis réveillée toutes les heures par 1 contraction seulement (autant dire que le rythme est cool), mais l'intensité est déjà bien présente : je suis obligée de me lever et d'adapter ma respiration, pas franchement agréable…

Au petit matin, les contractions se rythment aux 20 minutes, puis 10. Je sens une joie m'envahir : c'est probablement bien « LE » jour !

Patrick se lève et je lui exprime mon besoin de l'avoir à mes côtés ce matin. Il décide d'aller chercher son ordinateur au boulot pour pouvoir travailler depuis la maison et voir si les choses se précisent.

J’envoie un sms à Alexandra, notre sage-femme, pour l'informer que les choses commencent peut être à bouger, nous convenons de nous appeler 1h-1h30 plus tard.
Je prends un premier bain.

Patrick et moi prenons ensuite le temps d'un sympathique petit déjeuner, je cherche une posture et souffle régulièrement à chaque contraction qui se présente, maintenant aux 5 minutes.
Petit déjeuner en amoureux à la lueur d'une bougie, l'agitation du début de journée commence dehors et moi je sens que je m'en déconnecte, pour me mettre dans un autre rythme.

L'intensité augmente franchement, je commence à être submergée par moment. J'adapte ma respiration comme je le peux, je me laisse aller aux mouvements dont j'ai besoin, je panique parfois un peu.
Mes vocalises commencent à être plus soutenues, je m'observe m'inquiéter d'être entendue par la voisine.

Téléphone avec Alex, le pré-travail semble se confirmer, elle viendra nous voir à la maison vers 10h30.
En attendant, je prends à nouveau un bain, ambiance bougie et huiles essentielles. Je savoure la présence de Patrick proche de moi, je suis apaisée par sa sérénité.

Alexandra arrive. J'ai tellement besoin de savoir si on y est « pour de vrai » ! Mon col est effacé et ouvert à 2 doigts, autant dire un début-début qui aurait pu me décourager, mais non :je suis euphorique de me dire que les choses se lancent !
Elle me conseille de chercher plus de stabilité dans mes postures car elle voit bien que je suis submergée par les contractions. Ahhh l'ancrage….
Alexandra repart, nous convenons de nous rappeler vers 13h pour voir l'évolution de la situation.

J'installe mon tapis de yoga et mon ballon dans le salon. Respiration de la vague et quelques sons à côté de Patrick, concentré sur son ordinateur.
Je me sens déjà un peu « ailleurs ».

Je retourne dans un bain, et ma quête d'appuis devient une priorité, mon plus grand besoin, car je me sens par moment complètement embarquée par la douleur.
Je me mets accroupie dans l'eau ou repousse les bords de la baignoire avec mes jambes ou mes bras.
Je déguste pas mal et ne suis pas sûre d'arriver à attendre le prochain contact avec Alexandra.

Patrick relance donc un téléphone, et nous convenons de nous rejoindre à la maison de naissance directement. Je sens qu'il est temps de partir, j'ai peu de répit entre les contractions et j'ai besoin d'avoir fait le trajet pour complètement lâcher-prise.

Je fais ce trajet à 4 pattes ou allongée sur la banquette arrière de la voiture, agrippée à la poignée, toujours en recherche d'appui que j'ai du mal à trouver. Le voyage me paraît interminable. Les sons m'aident un peu à me canaliser.

14h30 :
L'accueil chaleureux d'Alexandra à la maison de naissance m'apaise, et l'ambiance de ce lieu que nous avons choisi me réconforte : bougies, huiles essentielles, le bain est prêt.

Je suis à 5 cm (seulement, me dis-je à ce moment là) et n'ai pas du tout envie de retourner dans l'eau. Je m'assieds donc sur un petit tabouret, tantôt accroupie tantôt en position asymétrique, suspendue à une corde de tissu. Alexandra écoute régulièrement le cœur du bébé, je me sens en confiance, Patrick me masse et me réconforte.

Suspendue, je me laisse me balancer entre les contractions, je m'enracine à la Terre comme je peux. Je rentre dans un état de transe, je perds la notion du temps, mes souvenirs de cette étape sont très flous.
Patrick à mes côtés, qui me soutient, me fait boire de la tisane, rafraîchit mon front avec un gant frais.

Contractions après contractions, il est 16h, je commence à me sentir fatiguée, découragée. Je demande à Alexandra de m'examiner : je suis à 9 cm,le moral remonte ! Objectif presque atteint !
La poche des eaux se rompt pendant le toucher vaginal, Alexandra me propose d'aller dans l'eau.
J'apprécie un doux mais bref moment d'accalmie, les contractions repartent ensuite de plus belle..

Je me suspends à nouveau à une corde accrochée au dessus de la baignoire, accroupie dans l'eau ou à 4 pattes, les sons m'aident franchement à gérer l'intensité des contractions qui m'emportent. J'essaye de diriger mes « O » et mes « A » dans mon bassin et mon périnée. Je visualise le canal de la naissance et le voit s'ouvrir un peu plus à chaque contraction.

Enfin, le moment tant attendu de la désespérance arrive !!
« Je ne sais plus quoi faire, c'est trop intense, je ne vais jamais y arriver… etc etc ».

Alexandra m'encourage à ne rien faire et à me laisser guider par mon bébé. Je sens mon bassin qui s'ouvre, qui s'écarte et mon bébé qui descend. Quelle puissance !
Puis qui commence à me donner envie de pousser et appuie sur mon périnée. Je dis « NON ! », mais rapidement derrière « enfin...SI, OUI, mais NON » tellement l'envie se mêle à la peur.

Le jour s'en est allé, et dans l'intimité de la tombée de la nuit, une force incroyable me traverse. Je commence à pousser presque malgré moi dans l'eau de manière incontrôlée, avec des sons qui viennent du plus profond de mon être. Je suis soulagée par cette poussée. Je deviens alors plus active.
Je n'avais jamais goûté à une telle intensité…

Allongée sur le coté, je m'aide des appuis de mes jambes et de mes bras sur les parois de la baignoire pour pousser. Je trouve ainsi une grande stabilité et mon bébé avance bien. Alexandra me demande de me remettre sur le dos, mais cette posture ne me va pas du tout. Nous décidons donc que je sorte de l'eau, je tiens la tête de mon bébé visible entre mes jambes pour marcher jusqu'au lit de la chambre, soutenue par Patrick.

Juste le temps de me mettre à 4 pattes, une dernière contraction,la plus belle et la plus puissante, arrive et mes forces sont décuplées : je prends appui sur Patrick pour accompagner mon bébé une dernière fois.

Mardi 20 décembre, 17h46 : Lina est née !

S'en suivent la Joie immense, l'inondation d'Amour, les premiers regards et les premiers touchés, l'infini gratitude envers la Vie qui m'offre cette expérience unique, et envers mon équipe de choc.

Je me sens toute petite face à la puissance de l'énergie qui m'a traversée, et toute grande d'avoir permis la naissance de ce bébé. Je ne me suis jamais sentie aussi bien à ma place qu'à cet instant là.

La délivrance, la suture du périnée, la 1ère mise au sein, les premiers examens pour Lina, un bon repas pour se remettre de tout ça…

Il est 23h00, nous reprenons la route pour rentrer chez nous, avec la merveilleuse perspective de nous réveiller le lendemain ensemble à la maison, tous les 3 !

Claire et Patrick

Arrivée de Capucine, le jeudi 28 juillet 2016

Cela fait deux jours et deux nuits que mon utérus se resserre comme un étau autour de bébé.
Sensations, jusque-là, guère désagréables.
Ça "travaille" et c'est normal...

Jeudi matin, j'en parle à Nicolas en lui précisant que c'est un peu plus intense que d'habitude...
Nous décidons, l'un et l'autre, de vaquer à nos occupations : je passe l'aspirateur, il bricole dans son atelier...

Je prends ma douche, puis regarde l'heure car mon estomac crie famine : 12h30 !
Comme à mon habitude ces derniers temps, je n'attends pas Nicolas et décide de grignoter les restes de la veille.
Je prends alors conscience du travail qui est en route.
En effet, je suis obligée de rester debout pour m'alimenter et de m'arrête régulièrement pour laisser passer les contractions qui vont et viennent de-ci, de-là.

Nicolas réapparaît, je n'ai pas besoin de lui dire que cette fois c'est la bonne !
Il charge la voiture, se rase et pars se doucher.
Je laisse un message à Lya, ma sage-femme, pour la prévenir et avoir son avis...

En attendant, je monte à l'étage pour une pratique de yoga entre deux vagues.
Je me relie au Ciel, à la Terre et à mon bébé.
Je dirige ensuite des vibrations vers mon col avec l'intention de l'ouvrir.
Debout, je fais des mouvements de balancier du bassin de l'avant vers l'arrière, puis de la droite vers la gauche avec le son "OuA".
Je m'arrête-là !! Car après, tout s'accélère.
Je me mets à genoux et prend appui sur le ballon de yoga pour me bercer et entrer dans la danse des contractions de plus en plus rythmées.
Ces dernières sont intenses et rapprochées, j'ai l'impression qu'elles se localisent toutes au niveau de mon col.
Nicolas me rejoint avec le téléphone, c'est Lya qui, malheureusement, ne pourra pas venir nous rejoindre.
Au vue de notre conversation entrecoupée de respiration de la vague, elle me confirme bien que le travail a commencé...
En effet, je demande maintenant le soutien de Nicolas toutes les 3 mn en lui serrant la main.
Quant à moi, je plonge régulièrement dans un monde silencieux d'une grande profondeur.

Nous descendons tant bien que mal le premier étage, il me déclare :
"- J'appelle les pompiers, je ne me vois vraiment pas faire la route avec toi dans cet état !"
Il est 13h20.

Arrivée au salon, je sens un liquide chaud entre mes jambes et pense que c'est la poche des eaux qui se perce.
Je regarde le sol et vois du sang !!
Panique à bord, en ce qui me concerne !
Je me dirige dans la douche pour me rincer tandis que les pompiers au téléphone mettent Nicolas en relation avec un médecin qui nous rassure quant à ces gouttes de sang.
Impossible de rester debout et encore moins de m'habiller...
À genoux, adossée sur le ballon de yoga (que Nicolas a été me chercher), les premières poussées arrivent.
Je respire la vague et serre fort la main de Nicolas.
Les pompiers aussi, arrivent !
"- Salut Claire, c'est Manu !"
Tiens, tiens, tiens... Je reconnais cette voix...
Une femme me pose une perfusion et Manu reprend :
"- Tu vas devoir rester ici pour accoucher, on n'a plus le temps d'aller à l'hôpital..."
Aurais-je eu, un seul instant, l'intention de bouger de chez moi ?!!!
Je ne vois personne, ni ce qu'il se passe autour de moi car mes yeux sont fermés et régulièrement, je plonge dans ce monde silencieux et profond.
À deux reprises, "ils" souhaitent m'allonger, je refuse fermement !
À nouveau une voix familière retentie dans la salle de bain : il est 14h25.

"- Bonjour Claire ! C'est Cécile, la sage-femme de l'hôpital... Celle avec qui tu as fait toutes tes échographies...
Allez, c'est parti, on va t'installer sur un matelas et je vais te guider pour la dernière ligne droite."
"Ils" me déplacent, en effet, sur un matelas juste à côté de la douche.
Je demande à garder ma position initiale.
Requête accordée !
Cécile intervient :
"- Pousse Claire !
Attends... Ne pousse plus...
Cette fois vas-y à nouveau, pousse !
Encore, encore, encore, c'est intense mais tu sais que cela ne va pas durer... Fais-le pour ton bébé ! Ça y est je le vois ! Une tête toute chevelue !"
De mon côté, j'effectue ce travail final avec des sons, non pas des "OM" mais plutôt des "A" gutturaux.
Je donne "tout" et pense fort à mon bébé, je fais corps avec lui dans cet instant ultime.
Emballée dans une serviette, Capucine m'est remise dans les bras, je n'en reviens pas !
Elle tète ma joue pendant que Nicolas coupe le cordon.
Il est 14h45.
Nous repartons toutes les deux en ambulance à l'hôpital pendant que son papa fait un peu de ménage... Il nous rejoindra un peu plus tard...

Pour l'anecdote...
Quatre jours auparavant, je suis partie faire une petite balade à pieds avec mon gros ventre en partant de chez moi. J'ai rejoins la maison d'Émilie et Manu.
Coup de chance, ils étaient là et m'ont invité à boire le café.
Dans la conversation, j'ai demandé à Manu :
"- Est-ce que cela t'ai déjà arrivé de devoir accoucher une femme, en tant que pompier ?"
Il m'a répondu :
"- Non, mais on est formé pour...
Cela dit, il faut que tout se passe bien car nous ne sommes pas médecin !"
J'ai rétorqué :
"- J'imagine, qu'en général, si cela doit arriver, c'est que cela va vite et que tout se passe bien..."
Sur ces belles paroles, je les avais quitté...

Lorsqu'ils sont venus nous rendre visite de retour de la maternité, Manu était très ému et moi très touchée !...


Conclusion...
Avec du recul, j'avoue avoir manqué d'intimité (5 pompiers et 3 membres du SAMU dans ma salle de bain).
Tout ce "staff" pour moi, alors qu'il n'y avait rien "à faire", juste à attendre que la Nature opère...
Mais dans le fond, cela ne m'a pas tant dérangé car j'étais loin... très loin... ailleurs... dans l'Essentiel.
La dernière naissance à St Sigismond remonte à 1950.
Claire et Nicolas

Naissance de Mira

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14 mai 2016

Le vendredi matin, je sens quelques contractions et la sensation de mon col qui « travail ». Je suis contente et un peu excité mais je ne m'emballe pas, car cette semaine j'ai déjà eu plusieurs amorces de travail qui on finis par s’arrêter.
Je fais mon yoga du matin, une fois que les filles sont partis à l'école, puis je décide d'aller me balader. Il tombe une pluie fine, tout est d'un vert intense et lumineux, il y a des fleurs partout, la rivière coule à flot. Tout respire la terre, l'humide, que c'est beau!Je déguste les odeurs et la lumière, je « sens » la terre surtout, les flaques, , la boue, les pierres du chemin. Je me sens « dans » la terre, complètement. Ca me fait des frissons au coeur, c'est dur à décrire, les mots rendent les sensations un peu plates, je ne suis pas assez poète ! Bref, même un tas de caillou me fait un effet incroyable… je suis caillou, je suis terre. Sur le chemin de retour , je fais des va et viens entre cet état de sensibilité intense et mes pensées. Dans un temps de recul j'observe à quel point quant je pense je suis totalement coupé de cet état de reliance magnifique. L'opposition entre ces deux états ne m'a jamais parut si grand.
Me voilà de retour à la maison, c'est l'heure d'aller chercher Siane à l'école pour la pause repas .Thibaut me demande comment je me sens, si c'est ok pour moi de prendre Siane à midi. Mais les contractions sont toujours assez douces et espacés donc je me dis que la vie continue tranquille, faisons comme prévu.
Nous mangeons tout les 3 et Thibaut part au travail. Je dessine ensuite pendant une demi heure avec ma fille ; Elle des princesses et moi des têtes de bébé, des cols qui s'ouvrent avec des fleurs autour. Je sens que ça travail dans mon ventre, mais pour l'instant tout en douceur. Grand moment de calme avec ma Siane. Puis je l’emmène à l 'école.
Au retour, je me sens fatiguée, mes sensations s'intensifie, mais les contractions sont toujours aussi espacées. Je ne peut m’empêcher de comparer avec mes autres accouchements qui ont été rapides et rapidement dans l'intensité. Je n'ai pas les même repères que d'habitude et quelque part, ça me dérange. Je décide d'aller faire une sieste, en me disant que si ça arrive cette nuit, autant dormir un peu maintenant.
Je dors bien et au réveil , toujours pas d'accélération de rythme. Je me sens perdue, un peu énervée , impatiente, comme entre eaux. C'est tellement doux et lent que je me demande si c'est un « vrai travail ». J'ai la sensation d'être prête, dans les starting bloque, mais pas sûr que la course va vraiment commencer. Je sais qu'il faut que je lâche mais je n'y arrive pas pour l'instant.
Je range toute la maison, me fait un gros goûter et repars marcher un long moment. Là encore je me nourris de la nature, je n'ai pas envie de revenir, je voudrais m'y blottir et rester là au creux des arbres. Mais je dois aller chercher mes filles à l'école.
En rentrant je leurs explique que peut être ce soir elles dormiront chez leur tata Lucie, car le bébé risque d'arrivé bientôt. Je ne me sens pas très disponible à elles, aprés la lecture de quelques histoires et le récit de la journée de chacune, je leurs met un dessin animé et pars me glisser dans un bain.Thibaut arrive, il gère le repas, le coucher, pendant que je barbote.
Aprés ça, nous sommes un peu penaud. Rien ne s'accélère, accouchement ou pas ? Quelque chose travail en moi, indubitablement mais c'est tellement lent et doux que j'ai du mal à reconnaître un début d'accouchement.
On se met à regarder un vieux film qu'on adore, moi su mon ballon, mon tibo sur le canapé. Pendant le film les contractions se rapproche un peu, Joie ! On arrête le film. Tibo appel Lucie qui passe prendre les filles. Ca y es on sent que c'est là pour de vrai. Moi j’attends les contractions comme le Messie, comme les vagues de l'océan quant on joue à plonger dedans… L'attente entre 2 contractions me paraît longue et dés qu'une contractions arrive je suis ravie et rassurée, je plonge dedans avec délice. Chaque contractions me rapproche un peu plus de mon bébé et me laisse trempée et heureuse sur le sable.
On décide d'aller se coucher un peu, car même si les contractons se rapprochent, ça reste encore assez doux.Je passe par une phase de déprime, je pleure , me dis que c'est trop long , que ça n'arrivera jamais, que j'arrive pas à rentrer dedans. Mon Tibo me câline et je sens que quelquechose lâche en moi, alors je pleure et je laisse faire. Tibo s'endort et moi je somnole, avec toujours cette impression d'attendre les contractions comme des grandes vagues qui m'amène toujours un peu plus vers mon enfant. Peut être qu'a force des les attendre , de les souhaiter si fort, dans mon demi sommeil, je ne me rend pas compte que le travail s'intensifie.Toujours en somnolent je dois maintenant me mettre à 4 pattes à chaque contractions, avec les mouvement du 8 de l'infini qui s'installe naturellement dans mon bassin. Il est 4 heure du matin. Je réveil tibo et on se dit que là enfin : ça y est te voilà bébé ! Alléluia, youpi tralala ! Nous voilà tout excité !
Je me met dans un bain et mon homme installe la chambre, draps, bougies, musique douces..;ect
Aprés le bains , j'ai envie de mouvement. On part se balader dans la nuit, ou plutôt l'aube , les oiseaux chantent déjà. Nous marchons en silence. Encore cette reliance particulière aux pierres, à la boue, à la terre. Chaque sons des cailloux sous mes pieds et d'une intensité vibrante.
Et les contractions sont cette fois bien forte ! Je dois m’arrêter, respirer à chaque contraction. Mais c'est la première fois que j'ai autant de plaisir à vivre les contractions. Malgré la « douleur » ou plutot l'intensité, j'ai presque du plaisir à sentir cette force qui me prends et me serre. Aprés quelques centaine de mètre, on fait demi tour, parce que je commence à devoir m'agripper à Tibo à chaque contraction, et les sons arrivent aussi … J'ai envie de m'asseoir sur mon ballon et d'ouvrir d'ouvrir.
Au retour, je m'installe sur le ballon, il est 5h 30. Tibo me masse le bas du os et je fais des sons à chaque contractions.
Cette fois ça y est c'est intense ! Mais les pauses entres les contractions me permette encore de bien récupérer. Je ne me sens pas en « transe », mais bien là, sur mes deux pieds, consciente de tout ce qui se passe dans mon corps, tout s'ouvre, et cette force qui fait descendre mon bébé. A un moment je dis à tibo d'appeler Sybille, la sage femme, car c'est sûr j'accouche ! Mais comme je suis encore bien consciente entre chaque contraction, que je peux parler avec Tibo sans problème, j'ai la sensation qu'il reste encore pas mal de temps avant la fin. Il est 6h.
Je demande ensuite à Tibo d'aller me chercher une bouillotte car j'ai envie de chaleur sur mon dos. A ce moment là j'ai comme une envie de pousser mais j'interprète ça comme une envie de faire caca, comme je ne me sens pas du tout encore proche de la délivrance. Je m’accroupis donc au dessus de ma bassine. Puis je pousse et là j'entends Tibo qui revient et qui se met à crier «  Mais c'est pas, c'est pas, mais… c'est… c'est bébé !!! ». Il lâche la bouillotte, enlève la bassine, place un coussin entre mes pieds. Je pousse une fois, la tête est dans ses mains,la poche explose en même temps. Il me dit de me relever un peu. Je repousse le sol avec mes pieds , pousse une seconde fois avec cette force infini et indescriptible et … notre bébé est là. Nous voilà tout les 3 ahuris autant les un que les autres ! Il est 6h20.
On se traîne jusqu'au lit et là, et là… c'est l'inondation d'amour pur. Mira trouve le sein
en 2 minutes et y restera 1h. Puis 1/4 d'heure après Sybille arrive , elle entre en souriant et en disant : « je m'en doutais, bande de coquin! ».
Ca alors quel accouchement, si long et doux au début , si rapide et intense à la fin.
Cette fois, je ne suis pas partis en « transe », je suis rester tout le long parfaitement consciente de tout, très proche de mes sensations. J'ai eu plaisir à sentir finement tout ce qui me traverser. J'ai la sensations que pour mes deux premier accouchements j'étais partis très haut et que là , je suis rester là en accompagnant la descente, beaucoup plus en lien avec la terre, avec la matière. Comme quoi, chaque enfant nous amène un cadeau qui lui est propre, au moment de sa naissance. Ma Mira m'a amener à la terre je crois.


Une naissance magnifique !

Bonjour Martine

Je te transfert le récit de la naissance de Térence, notre petit garçon né le 29 mai 2016, jour de la fête des mamans :)
Une naissance magnifique !
Merci Martine pour ton enseignement, le week end d'avril à Evian m'a permis de replonger dedans complètement.
Cet enseignement m'a suivi tout le long de ma 1ère grossesse pour Gaétane mais n'a eu cesse de m'imprégner depuis.
Je pense d'ailleurs que ça ne me quittera plus ;)
Pour cette 2ème grossesse j'ai eu la chance de suivre la préparation "naître enchanté" avec Magali Dieux que j'avais découvert lors de tes cours.
Cette préparation associée à la tienne m'a permis de mettre à mal les dernières résistances qui subsistaient et d'être totalement dans le lâcher prise.
Encore un grand merci à toi Martine pour tout ce que tu apportes au monde merveilleux de la naissance

Ca y est je me reconnecte tout doucement (mais pas trop vite qd même hein...on est trop bien dans cette bulle !)

Alors tout d'abord mon entrainement "naître enchantés" :
Faut que j'avoue, proche du zéro...
Après la formation j'ai bien fait qq vibrations, en voiture, à la maison mais pas énorme
J'ai proposé à mon homme mais vraiment c'était pas son truc alors j'ai arrêté d'insister.
J'en ai fait devant ma fille et là " pourquoi tu fais ça maman ?"
Je lui explique et en retour "non maman j'aime pas !" "tu arrêtes hein maman"
Même le chat demandait à sortir !
Bon ok ça branche personne mon truc :P
Ca me fait plutôt rire et ça n'ébranle pas ma confiance.
J'ai vibrer pour la naissance de mon aînée et je savais que les vibrations viendraient à moi le jour J

En revanche ce qui est resté de la formation, + que la technique des vibrations, et qui pour moi est énorme, c'est le lâcher prise total sur le déroulement de la naissance, la foi inébranlable dans ma capacité à accompagner mon bébé quoi qu'il arrive et cette image "le bébé est le chef d'orchestre et je suis l'instrument de sa mise au monde"

Alors voilà 1 er coup de baguette de mon petit chef d'orchestre samedi 28 mai après midi après la sieste.
Le matin j’avais écrit dans son journal qu'il avait encore qq jours s'il le souhaitait (terme prévu le 1er juin) mais que ce serait bien qu'il ne dépasse pas trop le terme car après c'est une autre logistique plus un risque de déclenchement.
L'après midi j'ai fait une méga sieste super réparatrice.
Mon homme avait assuré la petite car elle avait mis 3 plombes à s'endormir et ça sentait  le "je ne veux pas faire la sieste!"
Du coup je me réveille en pleine forme :)
Je perds un peu de liquide au lever mais minime pour que ça m'interroge sur sa provenance mais sans me dire c'est le grand jour.
Environ 1h après j'en perd assez pour qu'il n'y ait plus de doute : la poche des eaux est fissurée. Pas rompue c'est certain car je me souviens de l'inondation pour l'aînée quand ça rompt complètement.
Je n'ai pas de contractions
J'appelle la maternité et la sage femme libérale qui m'a suivi.
Elles me confirment qu'il faut qu'on descende à la maternité, qu'on est pas obligé de se speeder mais qu'il faut descendre (on est à 1h de route).
On informe la petite que ça y est son petit frère arrive ! Elle est tout excitée !
On prépare le reste de la valise , on prévient les copains qu'on va leur amener Gaétane et on décide de manger à la maison.
Tout se déroule tranquillou et on quitte la maison vers 21h.
Le trajet se passe super bien, de très légères contractions et Gaétane qui nous tient le crachoir tout le trajet avec une question de taille " est ce qu'il y a un réducteur (pour les toilettes) chez les copains" :)
Chacun ses priorités ;)
On la dépose, on papote un peu avec les potes et on se rend à la maternité vers 23h30.
On rencontre Muriel une super sage femme !
1er monito et les contactions qui commencent à se manifester mais toujours douces pour l'instant.
Muriel nous demande quel est notre projet de naissance : il est simple, une naissance naturelle avec 2 souhaits : ne pas avoir à me déplacer qd le travail devient intense et pouvoir accoucher au sol ou sur la table en fonction de mon ressenti
Elle nous dit pas de problème !
Je lui parle de naître enchanté et des vibrations, elle ne connait pas mais là aussi me dit pas de souci :)
Elle nous propose d’installer nos affaires dans la chambre et de venir nous installer en salle nature dès qu'on le souhaite.
On va donc dans la chambre, j'écris une dernière fois dans le journal de mon petit garçon avant son arrivée 
Je lui dit que j'aime beaucoup Muriel et que ce serait chouette qu'il naisse pendant sa garde...
Les contractions sont bien installées et commencent à se faire sentir.
Je décide d'aller prendre une douche puis je propose à mon homme qu'on dorme un peu.
On s'allonge tous les 2 sur le lit et je commence à laisser passer les vagues avec la respiration
Ca s'intensifie très rapidement et j'annonce à Yannick qu'on ne va pas dormir...
On traverse les couloirs de la maternité, tout est calme et l'ambiance nocturne délicieuse...
On rejoint Muriel qui nous installe dans la salle nature : une grande salle assez chaleureuse avec des grands tapis, des poufs, une baignoire,un ballon, des suspensions et une lumière douce... de quoi faire son nid sereinement.
Elle m'installe sur la table pour un nouveau monito puis reste papoter avec nous un petit moment.
Elle s'interrompt dès qu'une contraction arrive pour me laisser entrer dans la respiration de la vague et je la sens me tenir la main.
Une fois le monito terminé elle me demande si j'ai envie d'un bain mais non pas envie, je lorgne le gros tapis de 2m sur 2m !
Elle nous laisse tous les 2 avec Yannick et nous dit de l'appeler dès qu'on le souhaite
Une sage femme au poil ! présente mais pas trop, juste comme j'avais envie.
On reste donc tous les 2 avec mon Homme, moment que j'affectionne particulièrement et qui m'avait laissé un super souvenir pour notre aînée.
Les contractions s'intensifient rapidement et je sens qu'elles sont d'une efficacité incroyable ! A chaque contractions je sens mon col s'ouvrir.
Je suis tantôt sur le ballon, tantôt au sol, Yannick à mes côté qui me soutient par sa présence, comme un roc et je sens tout l’Amour que j'ai pour cet homme...
A partir de là c'est un peu flou pour moi ...
Je sens mon petit chef d'orchestre qui se tortille, c'est incroyable, quel concert !
Yannick me dit de ne pas hésiter à faire des vibrations mais je n'en ai pas encore envie, je suis bien dans la respiration de la vague et je garde les vibrations en cartouche ;)
Cartouches que je dégaine peu de temps après et qui s'imposent tout simplement.
Quand j'ai l'impression d'être dépassée tellement c'est intense j'accroche un sourire et oui ça change tout  et me permet d'atteindre la période de calme avant la nouvelle contraction.
Pendant les périodes de calme je crois que je m'assoupis...
A un moment je sens une grande fatigue et l’énergie qui commence à baisser.
Je pense à ma puce et je m'entend fredonner "dans sa maison un grand cerf"... Ca me redonne la papate grave ! pourtant c'était pas dans ma playlist !
Je sens que l'intensité est à son max, je dis à Yannick d'appeler Muriel.
J'explique à Muriel que l'ai l'impression d'être au max de l’intensité et que je devrais ressentir l'envie de pousser mais pourtant je ne sens pas mon bébé descendre.
Elle m'examine et me confirme que je suis à dilatation complète.
Elle m'explique que la poche des eaux est encore bien bombée et que c'est ce qui ralentit la descente du bébé.
Elle me propose de la rompre, chose que j'accepte bien volontiers car je sens que je commence à vraiment fatiguer et j'ai envie qu'il arrive.
Quelques minutes à peine après l'avoir rompue je le sens descendre et cette poussée irrépressible.
Je suis à genoux, la tête dans les genoux de Yannick , je suis bien.
A chaque poussée j'enfonce ma tête dans ses genoux 
Mon cortex, sensé être débranché, se reconnecte un instant en se disant que mon homme a des sacrés adducteurs !
Je sens la tête et je la touche c'est incroyable !
Et puis la poussée suivante,cette fameuse phase de désespérance... Je dis à Muriel que ça ne passera pas  !!!
Elle me dit que si, qu'il arrive mais j'ai du mal à la croire.
Une poussée plus tard mon bébé sort sa tête et la suivante les épaules, ça y est il est là !
Il est 6h51 quand notre petit Térence rejoint nos bras
Nous sommes le dimanche 29 mai, le jour de la fête des mamans
Muriel termine sa garde à 7h...

J'ai eu grand plaisir à vous raconter cette merveilleuse naissance et j'en frissonne encore d'émerveillement...
Quelle force, quelle magie dans ces instants...

Pleins de gros bisous à tous et encore un grand merci Magali
C'est comme si d'avoir lâcher prise total sur le déroulement de la naissance avait permis du coup que ça se déroule exactement comme je l'avais souhaité ;)
Marion

Jennifer et sa petite fille Salomé

Dans la nuit du 30 au 31 mars 2016:


Le murmure d’une membrane qui se rompt :

Dans la nuit du 30 au 31 mars, tout d’un coup, en plein sommeil, je vois et j’entends un « poup » et je sens la poche des eaux qui se déchire tout doucement, je ressens en pleine nuit comme une sensation de membrane tout à l’intérieur.
Il est alors 4 heures du matin et je suis réveillée à 100%, instantanément, en une fraction de seconde, alors que je dormais d’un sommeil paisible et profond. Lentement je me lève et je sens que quelque chose coule de moi. Péniblement je me hisse hors du lit, à ce moment là, j’ai un pic soudain d’adrénaline, mon cœur s’emballe à fond les ballons, avec la fuite des eaux c’est la panique à bord, car je ne connais pas ce que c’est que de « perdre les eaux », mais je comprends quand même théoriquement ce qui est en train d’arriver et j’ai une pensée réconfortante et très raisonnable qui me dis « ah, mon bébé va naître dans les 24 heures ».

Alors, en vent de panique, ça coule, c’est humide, il y a du sang dans les wc, le petit coup d’adrénaline me permet de me déplacer et d’arranger le « dégât des eaux » si j’ose dire, avec serviette hygiénique, culotte spéciale etc., car j’ai aucune idée du phénomène : si je vais perdre 1 litre, 5 litres ou quoi ? Beaucoup en une fois ? En fait, je m’aperçois que ça coule doucement petit à petit, mais ça coule.

Et puis je retourne après 10 minutes auprès de mon chéri qui ronfle et qui dort profondément, je choisi de ne pas le réveiller, sachant que la journée qui s’annonce sera longue.
Impossible de dormir ! Alors je fais un truc assez étrange, me demander pas pourquoi, je me met à écouter de la musique au lit, chose que je n’ai jamais faite, j’écoute mon lecteur mp3 et je suis si profondément émue par la musique que mon cœur se rempli, j’écoute jusqu’au son du réveil de Mickaël, à 6h. C’est là que je lui glisse un «  Mick, j’ai rompu la poche des eaux, notre bébé arrive ». Alors on se synchronise pour appeler la sage femme vers 8h et il s’en va à son travail auprès des chevaux, à 8 minutes de la maison.

Je me rendors très profondément pour une heure et lorsque Michaël revient, tout ce que je comprends c’est qu’on a rdv avec la sage-femme pour 16h si rien ne se passe avant.

Notre préparation à tous les trois :

C’est parti pour une journée de parfait « far niente », où nous sommes à regarder des mangas japonais sur l’ordi et à squatter le canapé du salon, tranquillement allongés, en vacances, tranquilles tous les deux ou plutôt tous les trois ;) La journée passe, nous sommes ensembles paisiblement, mon homme se prépare aussi, à sa façon, il s’absente quelque fois pour voir quelqu’un, il s’isole et il fait des choses de son côté alors que moi, je suis à l’écoute de mon corps et des signes du bébé, je suis à 100% disponible à mon accouchement, je me repose, je m’allonge.

Arrive 16h et nous partons vers la sage-femme qui se trouve au village d’à côté. Elle m’installe sur une table et me place un ancien monitoring, qui ressemble assez au calculateur de secousses sismiques et on écoute ce qui se passe.
Bébé dors, alors il ne se passe pas grand chose, je bouge un peu et tout à coup, il y a des « pics », des « contractiounettes », je dirais, des petites pics de rien du tout, mais qui montrent que quelque chose a commencé. Jusque là j’avais déjà eut quelques contraction qui m’ont connectées avec mon intériorité, qui m’ont ramenée tout à l’intérieur et à m’allonger, mais elles n’étaient pas très fortes.

Notre super sage femme nous propose de bien rester ensemble et de faire plein de choses en privé pour faciliter l’arrivée de notre bébé (ici, je vais pas vous dire quoi ! car c’est à vous de trouver !) et elle nous lance aussi que vu que la poche des eaux s’est rompue, ça serait important que le travail commence et que si rien ne se passe avant 22h, on pourra se préparer à aller en hôpital (pour la première heure le lendemain). En gros, elle nous met un peu la pression !

Puis, après cela elle nous donne une recette de cocktail en dernier recours, pour préparer le travail, une potion avec de l’huile de ricin (=plante indienne qui veut dire la main de Bouddha), de la glace, du jus de pomme et deux trois autres ingrédients dont une lampée de whiskey ( !).
Michaël, qui est très fort en préparation de cocktail le préparera pour 22h.

Nous gambadons l’après-midi en ville de Nyon pour acheter quelques éléments du cocktail dont l’huile de ricin et puis vu que « je coule » nous trainons pas trop.

Les contractions tout-azimut et un petit cocktail :

A la maison, des contractions plus longues ont dès lors commencées et je suis rentrée dans 3 contractions très fortes, qui m’ont plongée à l’intérieur de moi, dans mon ressenti profond. C’est à partir de là que je me relie à la spiritualité de mon corps, à chaque contraction, je plonge à l’intérieur de moi et je peux ressentir mon col de l’utérus, accompagner son ouverture, à chaque contraction, visualiser l’ouverture. Ces contractions sont justes merveilleuses ! C’était comme d’ouvrir la porte de l’univers à chaque fois un petit peu plus!
Cela a commencé vers 21h30, les contractions se sont répétées à peu près toutes les 6 minutes.

Ainsi, je bois la potions vers 22h et puis vers 23h, Michaël appelle notre sage-femme car les contractions s’étant espacées toutes les 4 minutes et on se prépare gentiment pour aller à la maison de naissance, toujours dans le village d’à côté. Je sens que le bébé est sur le point d’arriver tout bientôt, j’ai maintenant des grosses, des IMMENSES contractions qui arrivent et que je vis doucement, lentement et qui me mettent….euh….woaw….qui me renversent carrément, …. comme une crèpe…ou plutôt comme un séisme d’amplitude 10 sur l’échelle de Richter, et je profite pour aller faire pipi entre deux contractions. Et la vers minuit moins dix, là c’était …. si intense, ah ! Comment ça m’a donné des vagues, des vagues qui me traversent et la j’ai vraiment de l’intensité à vivre juste avant de nous déplacer… et puis on décide d’aller à la maison de naissance.

La descente de l’escalier était épique et j’avais déjà envie de pousser sur le parking !!!





Au coin du feu :

Arrivée à la maison de naissance : miracle…..un petit feu de bois nous attends, une douce musique, la lumière tamisée, la sage femme…
Dans ces conditions…c’est allé très très vite, la sage femme m’examine et je suis dilatée à 5 cm, la moitié du travail est fait, me dit-elle, et puis j’accueille des contractions toutes les deux minutes maintenant et moi, je suis profondément dans la contractions, je ressens tout mon corps, je me mets accroupie sur un mini « pouf », un peu comme la position appuyée avec les bras en avant sur le ballon, mais sur un gros coussin et là les sensations étaient tellement fortes et rapprochées, il y avait très peu de temps entre les contractions pour récupérer, je suis même arrivée à un point où il n’y avait pas de récupération entre deux contractions !!! (J’ai appris plus tard que c’était l’effet du cocktail !) A ce moment là je commence à prendre le petit tube en bambou et je souffle, je souffle pour canaliser ma respiration (je vous envoie aussi une photo de mes deux petits tubes en bambou qui m’ont accompagné à merveille pendant mon accouchement). Petite parenthèse, concernant les « tubes en bambous », il s’agit de souffler dedans avec la bouche, à chaque expire et ils ont la fonction de canaliser le souffle et de « concentrer » l’expire tout en plaçant les muscles abdominaux à leur justes places pour expulser. En fait, le tubes exerce une légère résistance et place le corps dans la forme d’un toboggan énergétique (avec rétroversion du bassin) qui permet de mieux faire glisser son bébé. Il y a un tube large, pour la période des contractions et puis un tube plus fin, qui condense d’autant plus le souffle et permet l’intériorité. Pour cet accouchement j’ai utilisé les tubes en bambous et ils ont été d’une grande aide, je vous les recommande !

Ainsi, je me retrouve en appui sur le gros coussin, les bras en avant et accroupie. Dans cette posture, j’ai une partie de moi qui a envie que ça s’arrête, une partie de moi qui a envie de partir de cette intensité et en même temps, je réalise qu’à un moment donné, il n’y a pas le choix, il n’y a pas de refus possible, ni de recul possible, je n’ai pas le choix ! Je dois aller jusqu’au bout…là, c’est certainement l’apogée, et je le sais ! Les IMMENSES contractions me lancent, j’expire à travers le tube de bambou du mieux que je peux et….c’est là que … je me lève tout d’un coup, portée par une FORCE colossale et je m’agrippe au cou de Michaël qui était tranquillement assis près du lit et qui s’était levé pour me retenir. Ici, je dois dire que, je n’ai pas trop regardé ce que lui faisait, il était là, c’est tout ! Et en me levant, j’ai aussitôt une envie de pousser, d’une force, avec une de ces puissance ! Une puissance de la TERRE… et il y a comme un déclic, quelque chose que je connais déjà qui se produit, comme un changement de conscience. C’est assez étrange, comme si je me reliait tout à coup à une espèce de ligne, comme un fil de lumière d’ou j’observe ce qui se passe et je contemple ce qui se passe, je vis pleinement mon corps que je ressens si intensément et à cet instant-là, je lui donne plein pouvoir, je lui fais confiance, infiniment…je crois que c’est cela « lâcher-prise ».

Force ultime insoupçonnée :

En fait je comprends ce qui se passe, à ce moment là de pleine conscience et puis juste là, j’ai envie de pousser fort et il y a un cri, un cri qui vient du fin fond de moi, du fond de ….l’humanité et puis je sens Michaël qui me tient avec force, mais trop haute et je me dis mais c’est juste surhumain de pousser là dans cette position debout avec les os du bassin et j’essaie de descendre un peu et de bouger mon bassin vers l’avant , mais debout, les sensations du sacrum, du bassin sont tellement intenses. La sage femme me dis « regarde, tu peux sentir déjà la petite tête avec ta main, la tête de ton bébé qui est en train d’arriver », alors je mets ma main et je sens une toute petite bosse, je n’en revient pas de sentir ça, je me dis « elle est déjà avancée », et ensuite, la sage femme me place un siège d’accouchement sur lequel je peux m’accroupir et appuyer avec mes jambes. L’intensité est au maximum à ce moment-là et j’ai vraiment l’envie de pousser très très fort et d’abord je pousse faux, parce que debout, c’est difficile d’avoir le mouvement du toboggan et là, je m’assois et je pousse, je sens….je me souviens qu’à un moment, j’ai envie que ça s’arrête, mais je me dis que c’est maintenant qu’il faut pousser ! Je crie, c’est la force de la nature qui me traverse et puis je ressens comme ce matin à 4 heure, lorsque tout à commencé…tout à coup…paf…je vois la circonférence de la tête du bébé (c’est un peu compliqué à expliquer, mais disons que je visualise la tête de mon bébé).
La sage femme me dit doucement, c’est ton premier bébé, tu peux y aller doucement…et heureusement qu’elle m’a dit ça, parce que la force de la nature que j’ai eut pour pousser….ça allait presque être trop fort !
Lorsque j’ai senti la tête, j’ai poussé doucement, doucement, je sentais l’avancée et après, la tête a passé, les épaules et puis tout le reste.

Elle est dans mes bras :

Je me suis retrouvée avec mon bébé dans les bras et ….. j’étais assise, je l’ai regardé…..mon bébé.
Je l’ai mise sur ma peau tout de suite, elle était toute gluante. Sous moi il y avait une grosse bassine remplie de sang et alors que je contemplais mon bébé, la sage femme a essayé de faire tomber le placenta cela a pris un peu de temps et puis le placenta est sorti dans la bassine.
Ces instants de clarté totale, d’unité infinie sont indescriptibles par des mots…de sentir ce petit être tout chaud, tout vivant…incroyablement réel, c’est comme toucher au noyau de la vie.

Soins de la sage-femme :

Enfin, pour résumé la suite qui a duré quelques heures, je n’ai plus eut de notion du temps donc c’est assez difficile d’écrire tout ça dans un sens chronologique, je me souviens que j’ai été très faible après l’accouchement et que la sage-femme m’a donné des soins. D’ailleurs c’est tellement beau cet accompagnement d’une femme, et tellement nécessaire et je dirais …sacré. D’abord elle me lave dans la salle de bain, dans la baignoire, en m’aidant à marcher car j’ai tendance à tourné de l’œil. L’eau était tellement douce et apaisante, puis je crois que je me suis évanouie 2 fois car j’avais perdu plus d’un litre et demi de sang et que je tremblais beaucoup. Bref elle s’est bien occupée de moi.

C’est drôle comme tout c’est déroulé pour le mieux du côté de mon bébé et j’ai tenu le coup avec une force titanesque et lorsque mon mari est allé dormir avec le bébé, juste à côté, j’ai commencé à me sentir vraiment « ravagée », comme après le passage d’un tsunami ou d’un camion de 4 tonnes.
La sage-femme m’a donné une pomme à croquer et elle a commencé à contrôler mon périnée. J’ai eut droit à plusieurs points de sutures alors que mes jambes tremblaient comme jamais, j’ai vécu les sutures avec courage mais je me réjouissais surtout de retrouver mon bébé. Il y a aussi quelque chose qui se passe « quand le travail est terminé »….il y a des « méchantes » contractions qui apparaissent…comme une piqure de rappel, elle ne servent pas vraiment à l’accouchement car ça, c’est fait mais plutôt elles sont comme un message pour dire au corps à quel point ce qu’il vient de faire était intense et que c’est nécessaire d’intégrer l’expérience entièrement et de ne pas l’oublier, de la mettre aux oubliettes aussi vite que cela… Donc ce sont des contractions un peu ingrates, mais que j’ai quand même accueillie comme il se doit, avec beaucoup d’amour et de conscience ;)

Voilà ! Un immense coucou à toutes les femmes qui ont écouté ce récit, mon dernier message est un vrai message de confiance, que le corps de la femme sait ce qu’il doit faire et que surtout….les femmes ont toujours accouché, de tout temps…alors je peux vous dire que vous pouvez leur faire confiance au femmes et oui…vous pouvez le faire !!!


Un grand merci à Martine et Christine pour leur enseignement, à bientôt pour de nouvelles aventures !



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Jennifer et sa petite fille Salomé.

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Mahé – 23.05.2016

Mahé – 23.05.2016

Ce dimanche, jour où tout a commencé, nous avons mis un peu par hasard un peu par jeu les pieds dans l’eau gelée d’une rivière, cherchant à travailler notre souffle et à accueillir l’intensité en oubliant le mot « douleur ». Myriam a de la peine à rester dans l’eau plus de quelques secondes. Je lui tends les mains et lui offre mon soutien, qu’elle finit par accepter et ose me rejoindre. Les débuts sont rudes, elle peine mais nous sommes ensemble dans cette eau froide, ma présence et ma chaleur la calment. Y-a-t-il quelque chose à lâcher ? Canaliser l’intensité qui saisit son corps ? Au fur et à mesure des expirations, Myriam parvient à se détendre, à prendre confiance, à accueillir cette intensité dans mes bras, suspendue à mon cou. Je me sens fort, je me sens rocher, Myriam est formidable, et nous ressortons tous les deux de cette eau remplis d’une force nouvelle. Les pieds un peu gelés aussi, avouons-le. Mais sans trop le savoir ni le prévoir, cette expérience marquante – pur instant de complicité et confiance réciproque – nous amène directement à préparer le vrai travail qui s’apprêtait à venir.

Les contractions débutent dimanche soir à 23 heures. Nous sommes au lit après une journée plutôt casanière, la balade et les pieds nus dans la rivière, un ping pong, une sieste prémonitoire l’après-midi et un long bain aux huiles essentielles. Je masse le périnée de Myriam et nous prenons, comme à notre habitude, quelques instants pour parler à notre enfant. Le rassurer, lui dire combien nous nous réjouissons de sa venue, qu’il peut venir tranquillement, que nous sommes prêts et – c’est vrai – impatients de le rencontrer.

Et soudain, Myriam les sent, elles arrivent. Discrètes, irrégulières d’abord, puis chaque dix minutes environ. Nous nous regardons avec le sourire, le bonheur aux lèvres. Notre intuition était bonne, bébé viendrait avec la lune, dans les heures à suivre. Il pleut des cordes dehors et nous sommes bien au chaud dans notre cocon, au lit dans la mezzanine sous le toit. Dans cette nuit magique, balayée par l’averse qui ruisselle sur les tuiles, j’allume des bougies, place quelques objets symboliques ici et là sur notre petit meuble, lance une musique douce de méditation. Nous créons une ambiance chaude et rassurante. Myriam accueille ses contractions avec le souffle et les ondulations, en laissant sortir parfois quelques sons vibratoires. Quelle douceur et quelle harmonie avec cette énergie de naissance. Je revis les cours de yoga à Evian et soutient ma femme dans ce début de travail.

Notre projet était d’accoucher en maison de naissance. Celle-ci se trouve à vingt bonnes minutes de la maison et vu la météo exécrable qu’il fait, mais aussi grâce à l’atmosphère que nous avons créée, nous décidons de poursuivre chez nous. Oui, au final, pourquoi ne pas mettre au monde notre enfant chez nous, à la maison ? C’est ce qui nous paraît le plus naturel et juste. La nuit se déroule sans sommeil, les heures défilent et les contractions s’enchaînent. Bercée par la pluie, dans mes bras ou en mouvement, Myriam est en sécurité, détendue, sereine et confiante. Nous sommes main dans la main et vivons cette nuit comme une parenthèse magique, silencieuse, en connexion totale avec la nature, notre enfant et nous-mêmes. Nos animaux dorment encore, tout autour de nous le monde est comme suspendu, figé, en observation, alors que nous sommes dans notre bulle hors du temps. Nous formons dès le début une équipe et resterons soudés tout le long, jusqu’à la naissance et aujourd’hui encore.

Je téléphone à Nadège, notre sage-femme, aux alentours de quatre heures du matin. Les contractions sont installées et plus rapprochées, entre cinq et sept minutes environ. Elle arrive peu après et examine Myriam. Le col est dilaté d’un doigt et bébé va bien. Le travail est lancé. Nous poursuivons toujours dans le souffle, les mouvements de l’infini et la visualisation. Myriam alterne les positions, entre le quatre-pattes et debout accrochée à moi. Parfois elle a besoin d’espace, sans que je ne la touche, et d’autres fois elle est dans mes bras et demande mon contact. Tout cela se fait naturellement, parfois dans le silence, parfois dans les rires, parfois les yeux fermés dans l’intensité. Si vous les hommes vous demandez quoi faire dans ces moments, eh bien soyez juste à l’écoute de votre compagne, soyez là, offrez-lui votre force, votre présence, vos encouragements, prenez votre place de rocher sans vous imposer. Dansez avec votre femme, soyez sa lumière dans la nuit.

Au matin, les contractions augmentent en intensité, parfois sans interruption entre chacune d’elles et Myriam prend un premier bain dans la matinée. L’eau agit rapidement et lui procure détente et soulagement. Que c’est beau de la voir ainsi, elle est magnifique, incroyable, je suis épaté par la manière dont elle « gère » tout cela. Toujours en union, nous ne voyons pas les heures passer.

Nagède contrôle le col vers 14 heures. Dilaté maintenant à six centimètres, elle m’annonce qu’à priori, bébé devrait arriver en tout début de soirée. Jusqu’ici le travail se déroule bien et progresse régulièrement. Les contractions s’intensifient encore et Myriam prend un second bain.

Dans l’après-midi, nous remarquons que les contractions s’espacent un peu et les contrôles suivants indiquent que le col stagne. Nadège palpe le bébé qui est remonté un peu. Rien d’inquiétant pour le moment, mais elle nous incite à bouger plus. Elle fait marcher Myriam accroupie en canard, nous sortons ensuite pour une nouvelle mini balade, puis alternons les positions dans le lit. A ce stade, nous gardons confiance, bien que la fatigue commence à se faire sentir. Nous subissons une baisse d’énergie et les premières questions arrivent. Que se passe-t-il ? Nous peinons à comprendre pourquoi le col stagne et ne se dilate plus, jusqu’ici tout a été si parfait.

A 17 heures, Myriam perd enfin les eaux et cela nous redonne un élan d’espoir. Le col est toujours « coincé » à 6 centimètres, les contractions sont plus espacées mais très intenses. Nous stimulons bébé avec des huiles essentielles sur le pubis et le sacrum et je masse légèrement ces zones pour encourager notre enfant à descendre. J’encourage Myriam, la caresse et l’embrasse entre ses contractions. Nadège est aux petits soins et fait le maximum. Soucieuse, elle nous prévient que si les choses n’évoluent pas bientôt, nous devrons nous déplacer à l’hôpital. Nous parlons encore à notre enfant, lui disons à quel point nous l’attendons et qu’il peut venir en toute sécurité nous rejoindre. Nous visualisons le tunnel de naissance baigné de lumière. Je joue également du didgeridoo avec l’intention d’ouverture sur le col, afin que bébé et Myriam entendent ces vibrations auxquelles ils ont été habitués durant la grossesse. Nous donnons tout ce que nous avons pour que bébé descende et que le col s’ouvre.

Pourtant rien n’y fait et l’échéance se rapproche. La réalité rattrape cruellement nos rêves et nos idéaux. Nadège nous dit qu’il va falloir se déplacer à l’hôpital afin de poursuivre l’accouchement. Il est 18h30, le col stagne à six centimètres depuis 14h et Myriam a de moins en moins de contractions. La fatigue s’installe, Nadège place un monitoring sur bébé et nous constatons avec soulagement qu’il va bien, son rythme cardiaque est normal et stable, même s’il semble endormi.

Nous vivons ce départ de la maison avec déchirement et émotion, car il marque l’évanouissement de notre projet initial, la fin de ces heures magiques vécues chez nous. Je n’ai aucun remord ni reproche, car tous les quatre, ensemble, Nadège, Myriam, bébé et moi avons fait tout ce que nous pouvions pour accueillir notre enfant ici.

Les heures qui suivent sont pénibles physiquement et émotionnellement. Le changement de décor est radical et j’ai beaucoup de peine à l’encaisser. J’ai encore dans la tête les images de notre mezzanine, des bougies, de la musique douce, du parfum d’huiles essentielles, de ma femme qui ondule, souffle et chante sur le lit, dans mes bras, sous l’œil discret et attentif de Nadège, de la pluie qui ruisselle sur le toit et du silence de cette nuit magique. Mes rêves de naissance physiologique se bousculent avec la réalité de cette chambre d’hôpital. Nous nous imaginions accueillir bébé ensemble à la maison et à la lueur des bougies, et nous nous retrouvons maintenant dans une salle d’hôpital au teint bleuâtre, Myriam avec des tuyaux dans le bras et une blouse médicale qui fait injure à ses formes magnifiques.

Myriam reçoit une injection de Syntocinon afin de booster les contractions et espérer dilater le col. Cette injection est suivie d’une péridurale qui s’est vite profilée comme une évidence au vu des circonstances. Myriam est fatiguée, ces longues heures de contractions « pour rien » l’ont épuisée physiquement et psychologiquement.
L’effet des produits est rapide et nous soulage tous. Très bien dosés, nous sommes surpris de constater que Myriam peut ressentir ses contractions sans souffrir et sans être « shootée ». Le personnel nous donne deux heures afin de laisser la chance à une progression de la dilation du col et une venue par voie basse. Nous pouvons rester seuls et nous retrouver dans un semblant de douceur, avec notre musique et notre harmonie. Pourtant, à 23 heures ce lundi soir, vingt-quatre heures après le début du travail, le verdict du médecin tombe : aucune progression, le col ne montre aucun signe de dilatation. Il faut maintenant que bébé sorte et la seule voie possible est celle à laquelle nous ne nous étions que peu préparés : la césarienne. Nous sommes ébranlés et pleurons cette issue, à l’opposé de ce que nous vivions et souhaitions encore quelques heures plus tôt.

Le personnel a été délicat et nous a laissé un moment seuls, tous les trois, afin de vivre nos émotions. Difficile et rude, cette décision est malgré tout la bonne pour tout le monde. S’entêter nous aurait tous conduits dans le mur. La voie basse disparaît et se voit remplacée par une intervention chirurgicale et tout ce qu’elle implique. Myriam rêvait que j’accueille notre enfant dans mes mains lors de la délivrance et que je le dépose sur sa poitrine pour les premiers instants de rencontre. Moi-même savoir que l’on allait ouvrir le ventre de ma compagne sur une table d’opération me fait trembler les jambes.

A 23h30, nous sommes en salle d’opération. Blouses blanches, tuyaux et personnel masqué. La grosse baffe dans la figure. Myriam couchée sur cette table, tremblotante et anesthésiée, bien présente à moi néanmoins, je suis auprès d’elle, je lui caresse la joue, l’embrasse et nous sommes les yeux dans les yeux. De A à Z, connectés et ensemble, complices et unis. Nous nous rassurons et laissons libre court à nos émotions. Ici encore, le souffle nous aide à vivre cette expérience.

En tant qu’homme et compagnon, ce fut dur de la voir ainsi, immobilisée sur cette table, totalement passive de notre propre accouchement, dans les mains de médecins qui, je le sais, font tout cela pour notre bien commun. Ces images me brouillent encore les yeux. Mais je souhaite relever que malgré tout et avec le recul, cet épisode de l’hôpital était juste et beau également. Les sages-femmes, infirmières et médecins ont été tous doux, attentionnés et silencieux. Notre souhait était de pouvoir prendre dans les bras notre bébé (fille ou garçon ???) dès sa sortie et avant qu’il ne file chez le pédiatre. Ce qui a été respecté. Notre souhait était de garder la surprise de son sexe jusqu’au bout, et cela aussi a été respecté jusqu’à ce qu’ils nous le déposent vers nous.

A 23h51, le premier cri retenti, on nous apporte délicatement notre…. petit garçon !!

Mahé, ton nom qui sent bon le voyage, les épices, le soleil, la mer et la terre, notre fils. Bienvenue au monde.

Mahé est né plus de 24 heures après le début du travail, qui s’est déroulé pour la majeure partie chez nous à la maison. Autant ce que nous avons vécu à l’hôpital a été dur à accepter, autant cela a été juste à ce moment-là pour la santé de Myriam et Mahé. Nous avons vécu à la maternité des moments forts qui, bien que désagréables ou éloignés de notre idéal, nous ont rapprochés, renforcés et surtout permis de rencontrer enfin notre petit homme. A l’inverse, tout autant de ce que nous avons vécu à la maison a été magique. Un réel et puissant rite initiatique traversé ensemble. Jamais je n’oublierai cela. Nous sommes allés bien au-delà de notre projet initial, dans ce sens-là également. Décider de rester à domicile, faire confiance à ce que nous savons tous (et toutes !!) faire, a été la plus belle de toute les expériences possibles. Un authentique cadeau.

Alors avec le recul, oui bien entendu une césarienne à l’hôpital n’était pas ce que nous voulions, bien entendu que nous aurions voulu terminer le travail à la maison et accueillir Mahé dans notre cocon. Mais le fait est que, dans notre cas, les choses se sont déroulées différemment et nous ne pouvons faire autrement que de l’accepter. De voir aussi et surtout les trésors cachés dans cette expérience.

Je suis un père et un homme comblé, fier, enrichi et reconnaissant envers la Vie de m’avoir offert ce cadeau-là. Messieurs, peut-être que vous vous posez, comme moi il y a quelques temps, la question de savoir quel peut bien être votre rôle durant l’accouchement ? En tant qu’homme, je peux faire quoi ? J’aimerais juste vous dire que les femmes ont besoin de nous, qu’il vous suffit d’être là, dans l’ouverture, dans votre douceur et votre force. Le reste viendra tout seul, mais osez prendre votre place de rocher. Impliquez-vous, soutenez-les, elles ont besoin de nous et nous avons besoin d’elles ! Je suis si heureux d’avoir accompagné Myriam durant sa grossesse et cette naissance.

A vous tous, spécialement à celles et ceux qui attendent leur bébé, je souhaite vous dire de rester confiantes en votre puissance. Le souffle, le son, la visualisation, le huit infini, tout cela fonctionne, tout cela est réel. Myriam, Mahé et moi en sommes les témoins. Il n’y pas eu de hurlements, d’injures ni de violence, encore moins de boucherie. Notre accouchement a été intense, c’est certain, une épreuve majeure, mais jamais horrible. Un accouchement en douceur est possible. Vous savez tous comment faire. ÔÔÔôôôôôôômmmmmm… ;)

Témoignage de naissance

Bonsoir Martine

De lien en lien je vous "rencontre" ce soir, et je me sens tellement emerveillée que je me dois de vous partager mon témoignage de maman.
Je porte en moi ce témoignage, que je ne peux partager facilement car le jugement rationnel l'emporte souvent. Je sens que vous avez les oreilles pour m'ecouter et cela m'apaise , j'ai besoin de pouvoir vous transmettre mon experience.
Je m'appelle Amélie Garcia, j'ai 35 ans. Il y a 5 ans en Argentine j'ai donné naissance à mon fils Elouan. La grossesse et l'accouchement ont été parfaits, comme l'existence , simple et en chorégraphie . Moi qui n'avais jamais souhaité avoir d'enfant j'ai reçu de la Vie ce que j'appelle l'initiation. Cela a commencé 2 ans avant de tomber enceinte, j'ai commencé a rever de mon fils, reves qui se sont intensifiés jusqu'à devenir quotidiens. C'est sa force de vouloir venir qui a parlé a mon esprit, et mon coeur a finalement accepté sa mission. Durant la grossesse, j'ai ressentis une plénitude d'Etre incomparable, j'entendais mon fils me parler et nous étions très complices. C'était une danse, comme la danse du cosmos mais en moi, je me sentais fière et tellement bénie de pouvoir vivre cet état.

Vers le quatrieme mois de grossesse j'ai fais " le reve de la déesse": j'étais debout et devant moi une femme aux cheveux noirs me dit : je vais t'expliquer ce qui se passe quand le bébé va naitre: tu sens monter depuis la pointe des pieds une douleur, un tremblement fort qui va remonter jusqu'à la pointe de tes cheveux. Lorsque la douleur est là haut, laisse toi envahir par la déesse, à travers toi laisse la déesse agir" . Lorsqu'elle dit cela je vois dans son aura la transparence bleue des ailes d'Isis, je vois Isis qui remonte ses ailes et l'enveloppe . La dame me dit " Puis la douleur va redescendre d'une façon plus forte mais tu vas oublier cette douleur puisque tu vis dans la déesse, tu es la déesse , la déesse est en toi". Je ne connaissais pas Isis , à l'issue de ce reve j'ai décidé de croire en elle et de me préparer au maximum pour etre digne de recevoir son aide. Le pere de mon fils me faisait confiance mais ne s'impliquait que peu dans la préparation à l'accouchement. Je savais que mon fils devait naitre à la maison, si la grossesse se passait de façon optimale evidemment....mais je ne trouvais pas de sage femme pour m'accompagner. Alors je priais et pratiquais des visualisations créatives pour me programmer: j'imaginais "l'accouchement parfait, rapide et sans douleur de plus que la normale ".

Dix jours avant le jour j je rencontre deux mamans qui me disent " oui on viendra, on sera là pour toi" , cela m' a rassuré ainsi que mon compagnon.
Le travail a duré 6 heures. Lorsque je n'en "pouvais plus" le père de mon fils a téléphoné aux amies . Il a joué du didjeridoo et la poche des eaux a rompue. Les amies sont arrivées peu après, à point pour recevoir mon bébé. Lorsque j'ai senti sa tete prete a sortir et avant de pousser pour la délivrance c'était comme dans le reve, je n'avais plus mal, et j'ai juste essayé de me détendre et laisser faire. Durant ce moment si court de délivrance j'ai senti un canal très puissant qui s'ouvrait, comme un faisceau très large de lumière. En moi il y avait quand meme la peur, et la résponsabilité d'avoir fait ce choix de naissance à la maison alors je ne me suis pas autorisé à explorer ce faisceau . Je devais "etre ancrée, etre là". Je n'ai pas eu de visions de la déesse à ce moment d'ailleurs je crois que je n'y pensais pas, je pensais seulement à mon fils et que tout se passe au mieux.
J'ai ressentis une jouissance sexuelle que je n'ai jamais ressentis avec un homme, quelque chose de vraiment fort et unique lorsqu'il est né.
Après cette expérience j'ai sentis avec force en moi ce messsage : " je dois aider les femmes à comprendre ce qui se passe durant l'initiation, je voudrais devenir sage femme". Puis j'ai essayé de partager mon expérience ou j'ai reçu beaucoup de rejet, au mieux les gens me disait "tu as eu de la chance qu'il ne se soit rien passer de grave", ou on me regardait comme une folle dingue/ menteuse ou que sais je.
Alors j'ai appris à me taire et ne pas donner plus de détails....
Les choses de la vie ont fait que nous sommes séparé avec le papa, nous sommes de retour en france mon petit bout et moi, depuis 3 ans. Je n'ai pas l'esprit assez scientifique pour apprendre la médecine conventionnelle alors j'ai décidé d'apprendre la medecine traditionelle chinoise au travers du shiatsu. Actuellement je termine ma seconde année.
J'admire votre travail, j'aimerais pouvoir accompagner moi aussi les futures mamans mais au travers du shiatsu. Nous verrons bien ce que l'avenir me prépare, je me rends ouverte à accueillir l'abondance de l'univers , je sens que je dois partager mes expériences mais pour l'instant c'est encore en germe !!!! Merci pour votre participation dans ce domaine!!!! Je suis un peu loin ( près de montpellier) pour venir vous rencontrer voilà pourquoi je vous ai écris, émue de votre belle réalisation de vie !!!!

bravo merci merci votre exemple me donne du courage pour continuer à me battre pour réaliser mon rêve !!!!

Sincères salutations
Amélie Garcia

La naissance de Lya

La naissance de Lya,
Notre bébé se fait attendre ! Nous avons dépassé la date prévue d'accouchement depuis 5 jours. Et au bout de 5 jours de dépassement de terme, à la maternité, ils ont décidé d'aider notre bébé à venir.

Nous avons cru que le travail se mettait en route la veille au soir, des contractions relativement intenses sont arrivées toutes les 5 minutes pendant 3 heures, puis se sont arrêtées. Dommage, je me suis dit ouf, je vais éviter le déclenchement (je craignais de dépasser le terme et d'être déclenchée ! Et biensûr, j'ai dépassé mon terme, et été déclenchée !).

Mais finalement, quand j'ai commencé à dépasser le terme, je commençais à me dire peu importe, travail naturel ou déclenchement, péridurale ou pas, je commençais à abandonner mes « souhaits » , je me disais que l'essentiel c'était que bébé soit en forme.
« Je commençais donc à abandonner mes souhaits » soit un accouchement naturel, qui se mettre en route tout seul, ne pas forcément avoir une péridurale, à voir en fonction de la douleur. Et j'espérais beaucoup accoucher aussi facilement que ma mère : en quelques heures, avec des contractions supportables, un accouchement normal. Bref facile et physio !

Et donc le 11mai, je dépassais mon terme de 5 jours. On avait RDV le matin pour déclencher l'accouchement.
On arrive, la sage-femme m'examine, et dit « ah oui d'accord » ! Mon col est vraiment bien, il est déjà ouvert à 4-5cm, c'est plutôt très bien pour un déclenchement.

Claire, la sage-femme, nous prend en charge pour l'accouchement. Elle me laisse le choix entre la rupture artificielle de la poche ou la perfusion de synto. Je ne sais pas quoi choisir, et lui demande ce qu'elle aurait fait si je n'étais pas sage-femme. Elle me dit la rupture, car c'est plus naturel, et sûrement plus rapide. Et que dans cette maternité ils préfèrent faire ça.
Du coup je suis convaincue par son argument, effectivement moi qui voulait quelque chose de naturel, la rupture c'est mieux.

La sage-femme rompt donc la poche des eaux, le liquide est teinté, elle ne pourra donc pas trop me retirer le monitoring... Au début, je n'ai pas trop de contractions.
Puis je commence à vraiment avoir des contractions, rapprochées, et qui commencent à être intenses. Je ne suis pas bien en position allongée. Je passe beaucoup de temps assise sur le ballon. Je tiens la main d'Aurélien pendant les contractions, on discute entre deux, il me fait des blagues. Je trouve que c'est très largement gérable, au pic de la contraction je respire profondément, je fais la respiration de la vague, me concentre, je fais les mouvements de l'infini avec le bassin. Je me mets un peu debout (je ne peux pas aller bien loin car je suis accrochée au monito).

Vers midi, Auré a trop faim (comme à chaque fois qu'on est à la maternité, le stress doit lui stimuler la faim!). Mais il n'ose pas trop me laisser toute seule. Moi je sens que les contractions s'intensifient, et je préfère qu'il y aille maintenant, car je sens que je vais commencer à avoir du mal à me passer de lui quand les contractions seront plus fortes. Il part donc moins d'une demi heure, mais ça m'a paru long, il m'aide tellement ! Je suis sûre qu'il s'est dépêché de manger pour revenir vite vers moi.

La sage-femme est surprise, je suis toujours souriante, elle m'examine en insistant un peu (pour voir comment notre bébé met sa tête), c'est pas très agréable, mais ça va. Elle me dit que des femmes sous péri ne supportent pas qu'elle leur fasse ça, et moi sans péri ça va. Elle a l'air assez étonnée de la façon dont je gère. Oui je crois que ne suis pas douillette ! Et que le yoga m'aide beaucoup.

Je sens qu'au fur et à mesure, je me sens mieux debout, je marche un peu, je fais des mouvements de l'infini avec mon bassin, tout en étant appuyée sur les épaules d'Aurélien. Aurélien me masse le sacrum, ça fait du bien !

Le travail avance bien, assez rapidement. Mais arrivée à 9 cm, un bout de col résiste, et bébé commence à fatiguer pendant les contractions. Du coup la sage-femme me demande de m'allonger sur le côté... Aïe, aïe, aïe !!! Et là ça commence à être difficile à gérer. J'ai l'impression que les contractions augmentent d'un coup en intensité. Du coup je lui demande le proto (gaz hilarant). Je ne sais pas si c'est dû à la position allongée, ou si même debout ou assise, l'intensité aurait été la même.
Vu que je gérais encore bien les contractions à 9cm, je me disais bien que ce serait un peu plus fort pour la fin de l'accouchement, mais je ne m'imaginais pas que ça puisse augmenter autant d'un coup en intensité !
Claire met environ 5 minutes à trouver le masque pour le gaz, je trouve ces minutes très longues, je n'arrive plus à gérer les contractions, mais je me contrôle quand même, je n'hurle pas encore. Puis je me mets à respirer dans ce masque à chaque contractions, elles deviennent très rapprochées. Je ne rigole plus, et je n'arrive plus à parler à Auré, j'ai à peine une minute entre deux contractions, je ne peux plus parler. Le gaz m'aide à ma relâcher mais la douleur est toujours aussi forte. Je fais comme je peux, je me dis que j'aurais dû prendre la péridurale, je ne sais pas comment je vais faire... Mais je n'arrive même pas à dire à Auré de demander à la sage-femme si je peux encore avoir la péridurale. Je réfléchis 2 secondes, et me dis que c'est impossible, les contractions sont tellement rapprochées, l'anesthésiste n'aura jamais le temps de me piquer entre deux contractions... Et j'ai l'impression que je ne pourrai pas changer de position. Comment je vais faire... Je crois qu'on peut dire que je suis dans la phase de désespérance, je me rappelle de ce que Martine nous disait en formation yoga!...
Pourvu que ça ne dure pas trop longtemps, que le col s'ouvre vite, que mon bébé descende rapidement, et sorte vite, je ne sais pas comment je vais arriver à tenir ! Et pourtant je tiens, je commence à faire des vocalises, crescendo. Des « AAAAAA » et autres sons (je ne sais plus lesquels). Le masque atténue le son apparemment, ce n'est pas si fort. Mais au bout d'un moment, j'ai besoin de crier, je ne contrôle plus rien du tout, je suis dans le lâcher prise total. C'est assez « animal », le corps fait ce qu'il peut. Auré fait des « MMMMM » et je crois que ça m'a bien aidée, il me guidait, me canalisait.

Et heureusement, mon col s'est rapidement ouvert complètement, au bout de 45 minutes (d'après Auré ! Moi je n'ai aucune notion du temps qui s'est passé à ce moment là) je commence à sentir le bébé pousser. C'est la seule chose que j'arrive à dire à Auré, « ça pousse ! ». Auré est un peu pris au dépourvu, il me dit « qu'est-ce que je dois faire ? », je lui dis « appuis sur le bouton». Au bout de quelques minutes, la sage-femme n'était toujours pas là. Il pensait avoir appuyé sur le bouton, mais il avait appuyé dans le mauvais sens (peut être un peu pris de panique!) !
La sage-femme a quand même fini par arriver, elle devait m'entendre crier. Je pense que je criais assez fort !!! Heureusement, il n'y avait que nous en salle d'accouchement. Du coup je pense que je n'ai pas fait peur à d'autres couples !

On a commencé la poussée sur le côté, j'avais l'impression que je ne pouvais pas changer de position, et c'était bien comme ça. Au début, je criais en poussant, je donnais toutes mes forces, et je ne sentais pas le bébé avancer. J'avais l'impression que tous mes efforts ne servaient à rien. Mais la sage-femme m'encourageait, et me disait que bébé avançait bien. Auré aussi m'encourageait, ça m'aidait beaucoup.
Au bout d'un moment j'ai arrêté de crier pendant la poussée, et je crois que c'était plus efficace. Mais bébé commençait à fatiguer. La sage-femme m'a alors proposé de me mettre sur le dos et d'attraper mes jambes avec mes mains. Elle m'a fait sentir la tête mon bébé, pour que je sente qu'il était pas loin. Ah oui je le sens ! Et là il a fallu quelques poussées pour que notre bébé arrive.

Les encouragements d'Auré, de la sage-femme et de l'auxiliaire de puériculture (Aurélie) m'ont beaucoup aidée. Je prenais également appui sur les mains d'Auré, ça m'aidait beaucoup, j'étais perdue quand il me lâchait une main. J' ai tiré sur son T shirt, j'ai cru que j'allais le craquer ! Auré m'a dit que je lui avais fait une clé de bras, il a cru que j'allais lui casser le bras. Je ne m'en rappelle pas du tout !... C'est fou la force que l'on déploie pendant l'accouchement. Auré a assuré, il avait l'air très zen et n'a pas perdu le cap. Mais il avait hâte que bébé soit là !
Comme dit une amie, un vrai travail d'équipe entre le couple, la sage-femme et le bébé !

Je ne pensais pas pousser si longtemps (30 minutes) sans péridurale. Je me disais que le fait de bien sentir le bébé appuyer, ça guiderait bien pour la poussée. Mais bon, c'est quand même mon premier bébé, il faut faire le chemin ! Et peut être que accroupie ça aurait été plus facile. Mais à ce moment là, je n'arrivais pas à réfléchir !

16h32, ça y est, notre bébé est né, quel soulagement !
La sage-femme le pose sur moi, il est un peu surpris par l'accouchement, il ne se met pas à respirer tout seul tout de suite. Je le frotte avec la sage-femme, pour le stimuler. Mais il faut aller l'aspirer. Avant qu'elle l'emmène, je demande si c'est une fille ou un garçon, et à ce moment là je le vois directement. Ses petites fesses sont en l'air, c'est une fille !!! Ce sera donc une petite Lya !

Lya reste environ 10 minutes avec la sage-femme, elle l'aspire et lui met un peu d'oxygène. C'est long, je n'ai pas eu le temps de la voir longtemps, et j'ai trop envie de l'avoir en peau à peau contre moi. On est tout émus avec Auré. Je crois qu'il est soulagé aussi que Lya soit née, c'était sport pour lui aussi !!! Je sais pas si j'aurais pu être à sa place. Mais en tous cas, lui il a trop assuré, je n'en doutais pas, mais à ce point là !!!

On nous remmène notre petite Lya, je la prends en peau à peau, elle est toute calme, et cherche déjà à téter ! J'essaye alors de la mettre au sein. Elle ne perd pas de temps pour le prendre, elle a mis à peu près 2 secondes !
Elle est belle !!! Elle est toute curieuse, elle a les yeux grand ouverts. On est trop heureux tous les 3 ! C'est fou tout ce qui vient de se passer, il va falloir un peu de temps pour réaliser tout ça ! Complètement dingue, je ne m'attendais pas à ce que ce soit si intense !
Ce petit bébé qui a passé 9 mois dans mon ventre est là dans mes bras ! Elle a un pleur tout doux notre petite Lya.

Notre sage-femme a été vraiment super, à l'écoute de nos souhaits, à ne pas vouloir trop presser les choses. J'ai pu me mettre dans les positions que je souhaitais.
Je comprends mieux pourquoi les femmes qui accouchent normalement, pour lesquelles on n'intervient pas trop, remercient énormément les sages-femmes. Je me rappelle, je répondais « mais c'est vous qui avez tout fait », et elle me disaient vous m'avez beaucoup aidée. Je comprend mieux !... Le soutien et les encouragements de la sage-femme m'ont énormément aidée.

Je n'ai pas de regret d'avoir accouché sans péridurale! J'ai pu vivre toute l'intensité de l'accouchement. Et effectivement, le mot « intensité » colle bien !!!

Naissance de Ninon le 10 mai 2016 par Pauline et Damien

Naitre et accueillir un être, c'est recevoir tout un univers en cadeau et c'est surtout s'ouvrir à la magie de la Vie.
Le bonheur est sur le chemin.
L'univers, à nouveau, s'est donné en cadeau.
Poussière d'étoile infinie tu étais, tu nous as choisis il y a quelques mois. Nous t'avons nourrie de tout notre Amour, de notre confiance, et de toute notre force.
Ta présence douce et intense à la fois nous a éclairés durant ces quelques mois, parfois sombres, parfois lumineux, où tu grandissais en moi. Tu as fait un sacré bout de chemin avec nous, partageant nos joies, nos doutes parfois, nos peines aussi... Illuminant notre chemin de cette lumière qui manquait parfois. L'inondant de confiance par ta présence si forte et rassurante.
Jusqu'à cette journée où toi, deuxième magnifique petite étoile, tu t'es décidée à rejoindre encore un peu plus nos vies, où tu as rejoint nos bras.
Avec tout notre amour, toute sa présence, sa force, sa lumière, Ninon est arrivée rapidement le 10/05 en cette magnifique après midi printanière.
Extraordinaire instant, comme notre première expérience, où intensité, douceur, force et amour se mêlent pour laisser faire la magie de la vie.
Accueillir ce petit être et découvrir encore un peu plus son univers est un bonheur infini que nous partageons avec notre autre petite étoile chérie, Capucine.
Elle illumine encore un peu plus nos vies et nous allons profiter des quelques jours à venir pour savourer pleinement cet instant magique, et lui offrir à notre tour notre petit univers.
Nous sommes très très très heureux. Le bonheur est vraiment et toujours sur le chemin !
️❤ ️❤ ️
Voici le récit de sa naissance...
Lundi 9/05
Belle journée qui démarre avec un magnifique soleil. Grand ménage car une fois capucine déposée chez la nounou il faut absolument que je fasse qqe chose apres ce we de l’ascension hyperactif et assez magique avec capucine et Damien. Beaucoup de randos, une belle journée à Pravouta, pendant le week end, je baigne dans la nature avec une énergie débordante qui pourrait déplacer les montagnes ! Je m'étonne moi même de crapahuter comme ca en montagne au 9ème mois. Je ne suis pas essoufflée. Je pète vraiment la forme ! Il fait beau et je me ressource auprès du soleil. C'est fantastique. Séances de yoga tout le we sur la terrasse au soleil face à Belledonne.
Ménage donc ce 9/05 même si je l'ai déjà fait la semaine passée. On recommence et faut que ca brille !
Je mange au soleil, réceptionne le colis de la poste qui amène les éléments de décoration de la chambre du bebe.
Puis l'après midi je me sens émotionnellement différente. Je ne fais que rigoler, pour un oui, pour un non, et surtout pour pas grand chose. Tout me fait rire.
Puis je me fais une séance de yoga où j'invite bebe à venir nous rencontrer quand il sera prêt. Je suis prête à tous les étages. A lui de choisir sa date maintenant. Je le rassure aussi sur ce qu'il va se passer, lui explique un peu les contractions. Bcp de visualisation sur le trajet dans le bassin et bcp de respiration dans le bassin, de lumière.... Des recharges en énergie.
Puis j'écoute de la musique que j'aime bien. Je ressens beaucoup de joie intérieure.
Le soir je cherche capucine chez sa nounou puis part faire qqes courses au supermarché. Histoire de remplir le frigo si bebe pointe le bout de son nez.
Je me sens bien tjs débordante d'énergie !
Puis soirée où je continue à rire de tout. Damien me regarde d'un air bizarre. Je me dis intérieurement que ca ne saurait tarder car vraiment même moi je me trouve franchement bizarre d'être aussi euphorique.
Cela fait une bonne semaine que j'enchaîne les faux travail la nuit. Bcp de contractions régulières pendant 2-3h voire plus puis ca s'arrête. Chaque nuit l'intensité croit. Et tout finit par s'arrêter. Mais même si je dors peu, je ne suis pas du tout fatiguée.
Je fais des séances de yoga en pleine nuit face au ciel étoilé, mais finalement à chaque fois que je fais du yoga ça se calme et qd je me recouche ça redémarre.... Il y a même une nuit où j’attaque les cookies (petit clin d'oeil car lors du debut de travail de capucine, je m'étais jurée de ramener des cookies à ma copine SF qui devait m'accoucher), c'est pour dire ! Finalement les cookies seront tous mangés avant le 10/05 !
Je me couche vers 22h.
Mardi 10/05
Quand je me fais réveiller vers 1h par une salve de contractions je me dis, c'est encore ma vessie trop pleine qui me fait contracter, puis voyant qu'en la vidant elles continuent, je me dis "encore un faux travail"... Je n'ai pas envie de me lever cette fois ci pour activer, j'ai juste envie de me reposer.
De dormir. J'entrouvre la fenêtre car j'ai chaud et j'entends 2 hiboux qui discutent, ça me fait sourire, on a mis pas mal de hiboux dans la chambre du bebe, stickers, peluches.... Ils discuteront toute la nuit. A chaque fois je me dis que c'est un joli signe ! Voyant que ça continue, et surtout qu'on franchit un nouveau palier dans l'intensité, et repensant à mon état complètement loufoque de la veille, je me dis "tiens tiens c'est peut être bien le grand jour cette fois ci".
Je me lève, fais une série de grands gestes de l'univers face à Belledonne dans la nuit et face au ciel nuageux pour activer l'énergie et inviter bebe a descendre dans mon bassin. Puis un peu de relaxation. Je pars me recoucher. Damien dort. Je lui dis qd même que j'ai l'impression que ça se met en route tout doucement. On est tous les deux très heureux à l'idée que bebe arrive ! Les contractions me paraissent régulières et je demande a Damien de regarder un peu l'intervalle et de me dire si c'est régulier. Je n'ai pas du tout envie de regarder la montre, mais comme pour capucine c'était allé assez vite, et que je veux accoucher en maternité, il faut quand même que je sois un peu vigilante car je suis tellement dans le lâcher prise que j'ai "peur" de louper le moment où il faudra partir.
Damien me confirme que c'est régulier. L'intensité augmente petit à petit mais c'est largement gerable avec des respirations vague ou abdo. Je me mets en position d'étirement du chat à chaque contraction et ca me fait beaucoup de bien. Damien me masse le sacrum. Puis entre les 2 m'assoupis allongée sur le côté.
Vers 6h je me lève, avec le chant des oiseaux qui prennent le relais des hiboux, prends une douche et un bon petit déjeuner et réveille tranquillement capucine. J'ai l'impression que ça s'espace. Zut... On dépose capucine chez la nounou un peu plus tôt que d'habitude expliquant à la nounou qu'il faudra peut être la garder ce soir tard ou la nuit prochaine, mais on ne dit rien a capucine. Dans la voiture elle dit plusieurs fois "sors bebe, je veux te faire des bisous !". On sourit.
Il est 8h, il fait beau, et on décide de partir faire une ballade. Je dis à Damien que tant que l'intensité ou la fréquence ne croit pas, on ne s'arrêtera pas de marcher. C'est le printemps, il y a des arbres en fleur partout. Les oiseaux chantent. On marche toujours face à Belledonne dans les Dioux, un petit circuit qu'on a l'habitude de faire souvent avec Capucine. Rien de très sportif, 2 mini montées... Mais ça permet d'être dans la nature sans être loin de la voiture si jamais... L’avantage c'est que le tour des dioux dure environ 30-40min donc on peut enchaîner les tours sans soucis !
C'est vraiment magique. C'est vert et il y a des fleurs partout. La Dent surplombe le plateau.
Belledonne s'offre à nous. Quelques parapentistes en l'air, je me mets sur la longueur d'onde de la vastitude, repense à mon dernier vol en parapente en novembre... Je me sens extrêmement bien, dans mon élément. L'air, la terre, le ciel, tout est là. On ne croise que qqes promeneurs avec leurs chiens, mais sur le plateau tout le monde connaît tout le monde, alors pour éviter de montrer que je suis en travail et de risquer recevoir des messages de félicitations avant même la naissance du bébé, je prends sur moi et arrive finalement à discuter même pendant les contractions. Hors de question que radio plateau fasse son effet !
On enchaine les tours mais ca n'a pas l'air de vouloir s'intensifier. Alors au bout de 2h de marche, on décide de monter en voiture un peu plus haut. On reprend la voiture pour aller au col du coq.
C'est une autre ambiance là haut. Peut être que ça amplifiera les choses. J'ai tjs ce besoin d’être dans la nature. Pour capucine déjà. Baigner dans cette immensité m'apporte beaucoup. C’est impensable pour moi de ne pas m'y ressourcer avant la naissance.
On passe prendre des viennoiseries et du pain à la boulangerie, et arrivés au col, on se fait notre deuxième petit dej face au charmant som et sous l'oeil bienveillant de la dent. Je pense à Max...
Nous avons érigé un cairn pour lui là haut, j'aurais aimé monter y poser une pierre avant la naissance, mais le passage de l'Oeille, trop technique en ce début de printemps car encore de la neige et de la glace, ne me permettent pas d'y monter.
Il ne fait pas très chaud, beaucoup de vent. On observe un petit faucon immobile dans cette masse d'air agitée, il ne bouge pas, réajuste sans cesse avec ses ailes et sa queue. C'est beau. J'ai un peu froid et on décide de rentrer à la maison se poser. Ca ne nous enchante pas plus que ca car c'est le festival des tractopelles chez nous. 8 mois qu'on a signé un devis pour l'aménagement de notre chemin d'accès, et ils décident de faire les travaux les derniers 15j de ma grossesse. Mais finalement j'ai bien lâché prise par rapport à ca, des l'annonce des dates, car de toute façon c’est comme ça, et puis finalement tractopelles, rouleaux, camions, gravats,... Ben ça en fait des belles vibrations !!!
On croise les ouvriers. C'est vraiment le chantier....
Je prends un bain en arrivant. Et je propose à Damien de finir la deco de la chambre avec ce qu’on a reçu hier par la poste. Ca décidera peut être bebe !
Là les contractions s'amplifient et se régularisent enfin. Je danse l'infini dans la chambre de bebe pendant que Damien fixe les derniers éléments au mur, bercée par le son des moteurs de camion et tractopelles... Un doux souvenir !
Puis je passe aux toilettes, mon col a commencé à saigner. Pour Capucine ca avait été le cas aussi et 2h apres les premiers saignements je l'avais dans les bras.
Les contractions sont vraiment gérables, mais cet élément me dit qu'il faut peut être quand même enfin se décider à aller à la maternite.
J'appelle ma collègue pour lui demander si je peux m'arrêter au cabinet pour qu'elle m’examine, puis j'appelle Muriel, ma copine qui doit m'accoucher, pour l'informer qu'elle peut stopper sa session escalade en extérieur, histoire qu'elle soit prête au cas où, que je passe au cabinet me faire examiner par Helena et qu'en fonction on se rejoint où non à la maternité.
Pendant le trajet en voiture, j'écoute de la musique, je gère mes contractions avec la respiration de la vague a l'expiration en me concentrant sur la force descendante, et la visualisation et le ressenti du col qui s'ouvre à l'inspir. Je me remémore un peu cette grossesse entre chaque contraction.
Toutes ces étapes que la vie m'a posées sur mon chemin, je pense à Max, je ferme les yeux au moment où on passe sous la ligne électrique qu'il a percutée, je ne veux pas la voir aujourd'hui, je pense à petit dragon et sa maman, les larmes montent mais ne sortent pas. J'ai déjà bien lâché sur ces sujets, elles sont déjà sorties... Je me sens bien. Je rassure bebe. Il sait de toute façon.
Nous avons vécu ce chemin ensemble.
Nous arrivons au cabinet et je ne suis vraiment pas sûre d'être franchement dilatée car les contractions sont presque trop faciles à gérer... Surprise, Helena m'annonce que je suis dilatée à 4cm, 5cm même a la contraction. Elle est trop contente pour nous et me dit de vite filer à la mat.
On part donc. Muriel est au courant, nous rejoint en velo à la mutualiste !
J'adore le déroulement de cette journée !
On trouve une place juste devant la clinique, Damien met nos dernières pièces jaunes dans le parcmètre, il est 13h45, le ticket va jusqu'à 17h30. Bah au pire on aura un PV !
Arrivés devant la mutualiste, il fait super beau et chaud, et je propose à Damien de faire qqes pâtés d'immeubles à pied le temps que Muriel arrive. J'arrive encore à marcher pendant la contraction. C'est fou que je sois à 5cm ! Elles ne me paraissent pas hyper rapprochées en plus.
Puis apres un tour de quartier, je me décide à monter m'asseoir devant les portes de salle d'accouchement. On prend l'escalier. J'ai toujours du mal à croire que ces contractions soient efficaces... Et pourtant elles le sont !
Une SF sort de salle d'accouchement. Elle me demande si j'ai sonné car n'est pas dans ce service là ce jour là, et pourquoi je viens. Je lui réponds que non je n'ai pas sonné, que je suis une amie de Muriel qui me rejoint, et que et bien je viens ... pour accoucher !
Elle me répond : "ah ben vous paraissez tellement détendue que...", ne finit pas sa phrase.. Mais je sais ce qu'elle pense. A savoir, encore une qui n'est pas en travail et qui est venue trop tôt ! Je lui dis alors, que je suis SF, que ma collègue vient de m'examiner et que je suis à 5cm. Elle est surprise, j'ai comme l'impression qu'elle a du mal à le croire, mais comme moi finalement...
J'appelle Muriel qui me dit qu'elle est sur la route, elle pedale, et me dit de sonner, car elle a informé les SF de salle de mon arrivée.
Je sonne donc presque gênée à l'idée de leur dire que je viens pour accoucher avec des contractions franchement gérables... La SF arrive, m'explique que c'est un peu la pagaille. Je comprends que toutes les salles d'accouchement sont prises, elle m'installe en salle d'examen.
Puis revient et me demande si j'ai prévu de prendre une péridurale, je lui dis que non. Elle me dit alors, ah et bien parfait car la seule salle de dispo est la salle nature. Et m'y installe ! La vie est belle ! J'entre dans cette salle et me souviens immédiatement de la naissance de Capucine qui avait eu lieu dans la baignoire, de l'ambiance particulière à ce moment là, qui est complètement différente aujourd'hui. Les 2 SF de garde viennent, je connais la deuxième. Elles me posent le monito sans fil et me disent de faire comme chez moi en attendant l'arrivée de Muriel. J'ai besoin d'être debout. Donc je marche dans la salle, et à chaque contraction m'accroupie. Il y a un espalier, très pratique pour se suspendre en position accroupie. Je fais des vibrations "AOAO" ou "AOM" dans une sensation de grande vastitude déjà, avec toujours l'image de cette force descendante a l'expir, et le ressenti du col qui s'ouvre à l'inspir. J'ai tjs cette sensation de contractions courtes, pas longues à gérer en tout cas, alors je vais voir quand même un peu le papier qui sort du monitoring et là surprise, elles sont méga longues, 2-3 minutes !!! et bien rapprochées toutes les 2 minutes, bebe les supporte comme un chef, et moi j'ai l'impression de ne devoir gérer qu'une poignée de secondes... Je pense effectivement que je n'ai à gérer que le pic, mon seuil de "détection" de l'intensité devant être élevé... C'est dingue ! Je suis déjà dans un espace temps complètement différent...
Des que la contraction passe, je ne me sens pas vidée de mon énergie, au contraire.
Je n'ai aucune crainte. Je suis dans une confiance infinie.
Muriel arrive, me ramène ballon, galettes, bref tout ce qu'elle a pu trouver, m'examine pour se faire une idée. Je suis à 6 bons cm. Il est 14h15 environ. Je fais un peu de ballon, mais je suis mieux debout entre les contractions et accroupie pendant. Muriel me propose de me faire couler un bain mais je n'ai pas envie d'aller dans l'eau. Je suis vraiment bien debout, à danser l'infini parfois entre les contractions, et suspendue accroupie à l'espalier pendant. Damien me masse le sacrum et y applique une pression a chaque contraction, c'est super agréable. Il appelle aussi bebe dans mon bassin à travers le sacrum. Nous sommes très présents à notre bebe, chacun de notre côté, et à notre façon. On est bien. Super biens.
Muriel nous laisse seuls, c'est vraiment super, on est dans notre petit monde, comme à la maison.
Quand elle est là, sa seule présence est entourante, elle m'encourage, est super positive et douce à la fois, bref c'est juste parfait. En fait je n'ai pas besoin d'un accompagnement particulier, j'ai tous les outils en moi, j'ai juste besoin qu'on m'encourage dans ma démarche d'accouchement naturel.
A chaque contraction j'invite bebe à venir nous rencontrer, je me dis à moi même ouvre toi... Je laisse faire. Désormais l'intensité croit a chaque contraction. Je continue mes sons. Elle revient vers 15h et je lui dis que je sens que ça s'intensifie et que bebe descend ou que la poche des eaux bombe je n'en sais rien mais en tout cas je sens une pesanteur qui s'installe dans mon vagin. Pas d'envie de poussée. Juste une pesanteur à la contraction. Je lui dis qu'à mon avis ça ne vas pas tarder à s'intensifier pour de bon, pour le final ! Damien répond en rigolant "si j'avais su, j’aurais mis moins de sous dans le parcmètre !" Non mais on est vraiment dans un autre monde !
Heureusement que c'est Muriel, sinon on nous prendrait pour des fous !
Elle me propose de me réexaminer, je m'installe sur la table, je suis à 8cm, la tête n'est pas encore engagée. Je redescends de la table, elle s'en va, je dis à Damien que finalement je prendrais bien un bain. Je vais dire a Muriel de m'en faire couler un quand elle revient. Une nouvelle contraction arrive et je vois bien que je n'ai pas le temps d'aller jusqu'à l'espalier alors comme je suis à proximité de la table d'accouchement je m'accroupie en appui sur la table. Ca y est je suis servie en intensité !!! C'est fort !!! Moi qui avais envie d'eau, me voilà aussi servie de ce côté là, la poche des eaux se rompt d'un coup. Il y en a de partout et surtout instantanément la tête de bebe glisse dans mon bassin, s'engage dans le détroit supérieur, puis inférieur en quelques secondes à peine.
Je sens cette descente expresse et l'envie de poussée irrépressible s'installe immédiatement.
Cette force si puissante me traverse... Je dis a Damien entre 2 envies de poussée d'aller vite chercher Muriel, bebe arrive, il appuie sur la sonnette. Ca y est me voilà agenouillée par terre les avant bras appuyés sur la table d'accouchement, avec comme point d'ancrage les bras de Damien qui les positionne sur la table, et avec cette sensation de poussée animale, innée, incontrôlable...
Ca pousse, ce n'est pas moi qui pousse, la nature le fait pour moi. Muriel arrive. Je la sens et l'entends s'activer derrière moi, installe un drap par terre (ça m'arrange car je glisse dans le liquide amniotique, et j'ai du mal à trouver un appui confortable pour laisser se détendre mon périnée). J’ai les yeux fermés, je suis dans mon corps avec cette sensation de poussée et d’étirement inconfortable du périnée. Je sais que c'est bientôt fini. Mon bébé est juste là. Je sens Damien hyper heureux, Muriel aussi. Tous les 2 m'encouragent, Muriel rit, me dit que la tête est juste là. Il ne faudra il me semble qu'une ou 2 contractions et qqes poussées en bloquant pour que bebe sorte sa tête, dans cette sensation particulière d'étirement maximal du périnée. Une dernière poussée pour les épaules et voilà que je sens mon bébé glisser hors de moi, sensation douce, chaude, moelleuse, si agréable, et qui contraste tant avec l'étirement périnéal juste avant. C’est vraiment délicieux.
Il est 15h18. La nature encore une fois a été particulièrement généreuse avec nous. Ninon est arrivée dans nos bras, amour infini, bonheur inégalable. Une deuxième magnifique petite fille rejoint nos vies et notre petite famille. Nous pleurons tous. Des larmes de Joie. Délicieuses elles aussi. C'est bon de pleurer de Joie !!! On avait presque oublié...
3070g. Elle qui était prévue à 2500g maximum à terme.. Elle pour qui on avait évoqué tout et son contraire pour expliquer ce pseudo retard de croissance... Elle qu'on avait surveillée de près...
Toutes les 3 semaines. Et bien moi je l'ai nourrie de mon amour et surtout de ma confiance, j’avais confiance en mon bébé, en moi, et j'avais raison. Je rassurais même l'équipe médicale... Je leur avais même dit que je sentais mon bébé plus gros que ce qu'ils disaient. Comme quoi, avoir confiance est essentiel.
18h30, Ninon valide tous les tests. Nous refaisons le chemin inverse, en descendant les mêmes escaliers par lesquels nous sommes montés. Pas besoin d'ascenseur, de lit, de chaise roulante, je suis en pleine forme. Nous arrivons avec une heure de retard quand même sur le ticket du parcmètre ! Nous rentrons à la maison. Je ne suis pas du tout fatiguée. Je suis encore pleine d'énergie. Nous récupérons Capucine chez la nounou, avec Ninon dans les bras. Elle découvre sa petite soeur, ébahie. Nous aussi sommes ébahis de les voir toutes les 2. Puis nous rentrons à la maison. Le tractopelle est toujours là.
Journée merveilleuse, extraordinaire, magique. Infiniment intense...
Nous savourons le soir encore et encore cette journée et ces premiers instants en famille.
Le rêve est finalement à portée de main, et surtout il existe vraiment.
Je suis infiniment reconnaissante en cette Mère Nature grâce a qui tout est possible. Je sais aussi que cette énergie phénoménale a traversé d'autres femmes aujourd'hui. Que d'autres bébés sont nés.
Merci à Martine pour tout. Cette grossesse et les aléas de la vie m'ont emmenée sur un chemin "extra"-ordinaire, au sens propre et figuré, dont je ne soupçonnais même pas l'existence, tu as réussi à m'ouvrir à ce chemin et comprendre beaucoup de choses. La confiance en la vie que je croyais perdue, était en fait juste en hibernation. J'ai réussi à la recontacter. Et j'ai baigné avec mon bébé toute ma fin de grossesse dans ce bain de confiance absolue et infinie. Cette sensation de force intérieure immense, rien de négatif ne pouvait m'arriver. Fantastique.
Merci à Muriel. C'est une joie immense d'avoir pu partager ce moment de vie avec elle, sa douceur, sa délicatesse, son énergie de vie. Quand je repense à notre première rencontre, elle stagiaire, moi sage femme qui reprenais le travail après 9 mois d'arrêt suite à mon accident de parapente.... Je l'entends encore m'encourager, alors que je boitillais encore, pour aller faire un monitoring à une patiente au 4eme étage sans ascenseurs... Quelle chance d'avoir croisé son chemin...
Merci à Virginie qui nous a accompagnés en haptonomie, et avec qui nous avons vécu des choses extraordinaires d'un point de vue présence au bebe. Ses conseils nous ont été précieux.
Merci à Helena et son optimisme légendaire ! Nous avons je crois la même vision de la vie ! J’ai la meilleure collègue du monde entier !
Merci à Isabelle pour son accompagnement en acupuncture. Les séances m'ont permis de sentir bien des changements en moi.
Merci à Nathalie, Surement la meilleure ostéopathe de la terre entière. Elle a j'en suis sûre permis à Ninon de grossir et ses conseils dans mon choix de l'accompagnement de cette grossesse ont été précieux aussi.
Merci à ma Maman, qui elle aussi, un jour, m'a donné la vie.
Merci à Damien, mon chéri, il me connaît si bien... Sa présence, son écoute, même pas besoin de se parler, nous ne formions qu'un. Il a donné naissance à Ninon avec moi. Notre Amour est encore plus fort.
Et surtout Merci à Capucine et Ninon de nous avoir choisis et d'avoir fait de nous leurs parents.
Quelle chance...
La vie finalement installe des soleils un peu partout sur nos chemins ! Il suffit de les saisir et d’en profiter pour refaire le plein d'énergie.
Merci la Vie.
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Saul, Celui qui brille

MON ACCOUCHEMENT


Nous sommes le mercredi 11 novembre 2015, j'arrive doucement au terme de ces magnifiques 9 mois de grossesse, encore deux semaines et notre bébé sera dans nos bras. Ce soir, nous allons rencontrer notre sage-femme, Sandrine et sa stagiaire Laurine, pour la dernière fois. Vincent et moi avons décidé d’accueillir ce petit Être dans la chaleur et l'intimité de notre foyer, c'est pour nous une évidence depuis les premiers moments de ma grossesse, depuis bien avant même. J'ai confiance en ma nature de femme, je sais accoucher, je le sens au plus profond de mon être, quant à Vincent, il a vu sa maman accoucher de ses frères à la maison et il ne connaît pas les choses autrement, ça tombe bien n'est-ce pas ? Nous sommes prêts, enfin, presque...

De retour à la maison, en ce jour de Saint-Martin (fête des lumières), je suis dans la salle de bain, me préparant pour aller me coucher, lorsque je sens un liquide tiède couler entre mes jambes, je demande à Vincent ce qu'il en pense, mais moi je le sais, même si je ne veux pas y croire, je suis en train de perdre les eaux, il est 22h05, deux semaines plus tôt que la date prévue du terme. J'appelle Sandrine : « est-ce que tu as des contractions », non, je n'en ai pas, « alors va te coucher et repose toi, tu as besoin de tes forces pour l'arrivée de ton bébé Marie ». Incrédule face à cette proposition, je me met au lit, tremblante comme une feuille, ça y est, on y est, d'ici peu, nous serons 3. Vincent me borde comme une enfant, on respire ensemble, je me calme doucement, il me dit de dormir lui aussi. Je n'y arrive pas, je me tourne et me retourne, j'attends les contractions...Rien. J'entends Vincent s'activer au loin, il passe l'aspirateur, bouge les meubles, gonfle la piscine, dispose des bougies dans l'appartement, accroche de beaux tissus... il me confectionne un nid, tel que nous l'avons rêvé ces derniers mois. J'ai cette réflexion de Sandrine en tête, je n'y avais pas vraiment pensé jusque là : « on a 24h Marie ». Oui, en Suisse, une fois les eaux perdues, on a 24h pour un accouchement à domicile avant de devoir se rendre à l’hôpital. Je fini par m'endormir, d'un sommeil léger, je suis debout à l'aube. Les contractions arrivent doucement mais pas de quoi dire que le travail a commencé. Je regarde le jour se lever. J'appelle ma Doula, Kim, puis Sandrine de nouveau. Elle me propose de venir à son cabinet (qui est à 4 étage à descendre et 20 min de voiture) pour voir ou j'en suis et aider le travail à commencer, je n'ai vraiment aucune envie de sortir de chez moi et au moment ou l'on se prépare pour y aller, mes contractions, même si elles sont encore irrégulières, se rapprochent et s'intensifient. C'est décidé, je reste à la maison, il est 11h30. Vincent sort faire quelques réserves avant que tout ne s'accélère, je marche dans l'appartement, attentive, centrée. Kim pointe le bout de son nez vers 12h, une heure plus tard, on peut dire que le travail commence vraiment. Je suis debout, les jambes écartées et à chaque nouvelle contraction, j'appuie ma tête sur le rebord du bar, laissant échapper un long mmmmm alors que Vincent dépose une pression avec ses mains sur le bas de mon dos. Chaque nouvelle vague vient prendre mon ventre, mon dos et mes fesses. Je me laisse doucement emporter par ces mouvements de va et vient, mettant mon corps en mouvement aux rythmes des contractions. Sandrine arrive, il est 15h, je suis dilatée à 2cm...Et moi qui avais l'impression que j'allais déjà accoucher ! Je reste dans cette position, les contractions s'intensifient et Vincent dépose sur le bas de mon dos des serviettes chaudes, cela me soulage. Deux heures passent, je change de position, je me met à quatre pattes sur le matelas et je commence à faire des mouvements de l'infini avec mon bassin. Les décharges dans les fesses me font souffrir plus que de raison, je perd un peu pied, je n'arrive plus à me connecter, je suis dans ma tête, dans mes pensées, je dois trouver une solution pour soulager cette douleur ! Kim vient à ma rescousse, elle se met à 4 pattes à côté de moi, me dit de la suivre et commence à respirer, inspiration par le nez, grande expiration par la bouche. Je visualise mon souffle, je le vois qui ouvre la voie, je le vois qui entoure mon bébé à chaque expiration, lui donnant des forces et l'aidant à avancer un peu plus chaque fois, je suis repartie. Vincent ne me quitte pas, je le veux prêt de moi, j'ai besoin de le sentir, j'ai besoin qu'il me touche. Le travail avance lentement et le temps passe. Je leur demande de préparer la piscine, je sens que cela pourra me soulager et m'aider. Ça fait maintenant 6 heures, je suis à 4cm, je commence à être fatiguée et un peu inquiétée par ces 24 heures de délais. Sandrine aussi apparemment puisqu'elle décide de me préparer un petit cocktail à l'huile de ricin pour accélérer le travail... Je les entend s'affairer pour me préparer ce mélange : huile de ricin, glace à la vanille, jus de fruit, champagne...mmmmhhh !!! Il me faudra une heure pour le boire, je n'arrive pas à avaler plus d'une gorgée par minute et dieu que le verre est grand. J'entre dans la piscine avec Vincent. Il se met sous moi, je me met sur le dos, faisant bouger mon bassin de haut en bas au rythme de ma respiration. le cocktail fait son effet et je n'ai presque plus de répit entre les contractions. De nouveau, je traverse un moment de détresse, criant « j'ai mal au cul , emmenez moi à l’hôpital, je ne vais pas y arriver » tout en pensant bien sûr que pour rien au monde on ne me fera bouger d'ici. Sandrine est tout prés elle me propose de laisser passer une heure avant de voir ou en est le travail et, si rien n'a bougé, de me reposer alors la question : « veux-tu aller à l’hôpital ? ». Cet objectif me fait du bien, comme si soudainement j'avais quelque chose auquel me raccrocher. Je me tourne sur le côté et commence à faire des Om à chaque contraction, Vincent me suit, Kim, Sandrine et sa stagiaire aussi. La nuit est tombée, l'ambiance est quasi mystique, je suis partie, complètement connectée avec mon bébé et avec Vincent, j'ouvre grand les portes. Deux heures plus tard, je suis à 10cm, il est 21h, Vincent et moi pleurons de joie et de soulagement. Les contractions s'espacent, je me redresse et me met sur mes genoux, la poussée commence. J'ai tellement mal aux fesses que je n'arrivent pas à laisser descendre mon bébé. J'ai besoin de me suspendre, de sentir la gravité. On m 'aide à sortir de l'eau, je retourne sur le matelas et à chaque contraction je me suspend au hamac que Vincent a accroché au plafond, je laisse partir ma tête en arrière et mon corps se tend, créant un toboggan pour notre bébé. Vincent est sous moi il me soutient à chaque nouvelle contraction et me récupère entre chaque contraction. Je ne sais pas d’où sort cette énergie, cette force presque surnaturelle, mais après 3 poussées la tête apparaît, Sandrine me la montre avec un miroir, je la touche. Je sens ma peau qui s'étire et qui chauffe, ça y est, c'est le moment, une dernière extension de tout mon corps, de tout mon Être, et je sens la tête qui sort, suivi du petit corps tout chaud de notre enfant. Il est là, tout bleu, je pense « il est bleu, c'est un garçon », il émet un petit cri, je le prend sur mon ventre, il me regarde et en un rien de temps, il grimpe jusqu'à mon sein et se met à téter goulûment, il est 22h05, 24h exactement depuis que j'ai perdu les eaux. Je suis dans une autre dimension. C'est bel est bien un petit garçon, un bout de ciel dans notre maison et à partir de là, plus rien d'autre ne compte.

Dans cette ambiance magique d'après naissance, nous nous sommes rencontrés, observés, aimés. Après 48h, il nous a soufflé son prénom : Saul, Celui qui brille.

La naissance de Firmin

La naissance de Firmin

Nous sommes le 10 novembre, le terme est prévu pour le 26 novembre et déjà je me sens tout doucement glisser vers cette énergie de naissance. Je m’y installe de plus en plus consciemment, je le sens par rapport à la présence au bébé qui s’affine énormément, j’ai l’impression que lui aussi le manifeste dans son comportement.
Lorsque je m’installe dans cette énergie de naissance, je me sens en harmonie avec moi-même et avec mes sensations, des sensations qui sont encore plus claires et précises, des sensations énergétiques qui s’affinent énormément. Lorsque j’écoute une musique qui me plaît, j’ai l’impression qu’elle est encore plus intense ! Une conscience plus accrue de ce qui se passe en moi en lien avec cette naissance à venir. Je me sens aussi beaucoup plus rayonnante dans mon énergie et je ressens le besoin de me couper de certaines choses et de certaines personnes.

Les jours passent et je continue de profiter pleinement de cette ambiance.

Nous voilà à J+8, la sage-femme vient faire un contrôle à la maison. Elle me propose de faire un décollement des membranes car l’accouchement à domicile pourrait être remis en question si bébé continue à se faire désirer...

Le vendredi à midi, voici les premières contractions qui se manifestent. L’après-midi, je décide de partir en ballade avec Emmy et Félicien, je sens que la marche active les contractions. Je suis bien dans la nature, en contact avec la terre, en admiration devant cette nature endormie du début de l’hiver qui m’invite tout naturellement à rejoindre mon intériorité. Les contractions sont là, elles m’accompagneront jusqu’au soir où finalement elles s’arrêteront, me permettant de passer une nuit reposante. Le lendemain matin, nous partons faire une grande marche avec Hugo. Les enfants ont passé la nuit chez leurs grands-parents. A nouveau, une magnifique promenade dans la fraîcheur matinale de ce début décembre. Nous marchons longuement, avec lenteur et dans la contemplation des paysages qui nous entourent. Nous profitons pleinement de ce moment de partage avec mon mari et enfin nous nous décidons pour le prénom du garçon qui n’était pas encore choisi. Doucement, les contactions se remettent en route.

De retour à la maison, nous prenons le repas de midi avec les enfants. J’apprécie chacun des moments qui passe avec une présence accrue par rapport à d’habitude. Je baigne déjà dans une ambiance de plénitude et de douceur. Durant le repas, j’ai deux ou trois contactions qui se précisent en intensité. Je propose alors à mon mari de conduire à nouveau les enfants chez mes beaux-parents car je sens que j’ai besoin de m’installer dans ma bulle...

Lorsqu’Hugo revient à la maison, je lui propose que nous repartions se promener en forêt. Je suis tellement bien au cœur de la nature, dans un lien de simplicité que me procure le contact des arbres, des pierres, de la forêt... Durant la promenade, les contractions s’intensifient, je dois maintenant m’arrêter pour accueillir la contraction et la laisser glisser en moi. Je la vis en dansant le mouvement de l’infini avec le bassin. Nous marchons jusqu’à la prochaine contraction et à nouveau, je m’arrête, naturellement ma conscience revient à l’intérieur et j’accueille la contraction. Au bout d’une heure, je fais savoir à Hugo qu’il va falloir retourner à la maison et appeler la sage-femme.
La sage-femme arrive chez nous vers 17h, elle me propose de faire un monitoring pour écouter le cœur du bébé. Je reste debout durant les 30 minutes que dure le monitoring car j’ai besoin de pouvoir bouger. C’est toujours avec le mouvement de l’infini que je vis chaque contraction, je sens le besoin de m’ancrer dans mes racines avec un mouvement descendant.

Lorsque nous avons fini le monitoring, je monte dans la pièce que nous avons aménagée pour l’accouchement, j’ai besoin de me retrouver un peu seule. Mon mari allume les bougies qui ont été disposées dans la pièce. Baignée par cette douce luminosité, je glisse dans mon espace intérieur. Petit à petit le monde autour de moi s’estompe et je me retrouve avec moi-même, mes sensations et avec mon bébé. A partir de ce moment là, je n’ai plus aucune notion du temps qui s’écoule. Les contractions grimpent en intensité, encore, j’utilise maintenant la respiration ujjayi. Cette respiration m’amène à beaucoup de calme et me permet d’allonger mon expiration et ainsi de pouvoir lâcher, lâcher encore durant chaque expire.

Je m’allonge sur le matelas que nous avons mis dans la chambre, je me sens fatiguée, j’ai besoin de me reposer, Hugo est allongé à mes côtés et m’enlacent avec ses bras. J’ai besoin de sentir sa présence tout prêt de moi. Je pars dans un demi-sommeil, à chaque contraction, naturellement c’est la respiration ujjayi qui s’installe et qui me permet de dissoudre l’intensité de la contraction, je n’ai aucune idée du temps que nous avons passé ainsi, le temps linaire n’existe plus...

Plus tard, la sage-femme me propose de m’osculter vu que je suis couchée, elle me fait savoir que je suis dilatée à 3cm. Brièvement, je replonge dans mon mental, je suis déçue de n’être qu’à 3 cm alors que j’ai déjà passé toutes ces heures à « gérer » mes contractions. Heureusement, mon mental est vite mis KO par une nouvelle contraction et je retrouve les sensations de mon corps. La sage-femme me propose alors un massage du sacrum avec quelques huiles essentielles pour me donner un petit coup de pouce. Elle prépare le mélange et Hugo me masse le sacrum avec des mouvements circulaires, à travers le mouvement de sa main, je me relie à sa force et sa présence. Ce massage est vraiment délicieux et m’éveille pleinement à la conscience de mon sacrum.

Je profite d’être descendue à la cuisine pour reprendre quelques forces et manger une orange.

Puis je retrouve mon petit nid qui se trouvera être la futur chambre de notre enfant. Les contractions sont maintenant devenues vraiment intense et je ressens le besoin d’extériorisé cette intensité par la vibration. C’est le MMMM que je commence à utiliser. J’alterne les positions, assise sur le ballon, à 4 pattes, debout, je bouge, je danse le huit de l’infini, les contractions s’intensifient de plus en plus et c’est toujours avec la vibration que j’accompagne les contractions. Je suis à 4 pattes sur le sol en appui sur le ballon avec mes bras lorsque je sens la poche des eaux qui se rompt. La sensation du liquide tiède qui coule le long de mes jambes renforce ma confiance dans la progression du travail et à partir de ce moment là, les contractions deviennent encore plus intenses. A partir de cet instant, j’ai besoin de sentir le contact physique avec mon « rocher », je me liquéfie de plus en plus et j’ai juste besoin de me relier à cette force masculine. Je laisse vibrer le OM et le A durant la contraction. Les sons qui sortent de moi sont de plus en plus grave, je demande à Hugo de me rejoindre dans cette vibration et nous pratiquons longuement ainsi.

Puis l’intensité devient telle que je dois me redresser ! J’ai besoin de retrouver ma verticalité. Je ressens une force intérieure qui me traverse, cela se ressens dans les sons que j’émets, ceux-ci sont encore plus fort. Je prends appui sur Hugo. Il est maintenant assis sur le ballon et moi je suis appuyer
sur ses épaules. L’envie de pousser se fait sentir. Ca y est notre bébé entame sa descente dans le tunnel de la naissance. J’ai vraiment l’impression de n’être plus que mon bassin. Il y a tellement de force et d’intensité dans cette zone de mon corps. La descente est rapide, je pousse 4 ou 5 fois, j’amène ma main vers mon périnée et je sens la tête de mon enfant qui est là. Je peux sentir ses cheveux. Tout naturellement, ma conscience s’installe vers la porte de sortie, sur mon périnée. Je pousse encore deux fois et le voilà..., je l’accueille au creux de mes mains et l’emmène sur mon ventre.

La sage-femme m’aide et nous nous installons sur le lit, moi dans les bras d’Hugo, Firmin déposé sur mon ventre. Le temps s’arrête, je dépose mon regard sur ce petit être et je suis fascinée par lui, mon regard ne peut plus s’en détacher... nous prenons le temps de nous observer, je suis comme hypnotisée. J’aime sentir l’odeur de mon enfant, son petit corps déposer contre ma peau. Nous restons ainsi jusqu’à que la sage-femme propose à Hugo de couper le cordon.

Le plus merveilleux s’est cette sensation d’être complètement reliée à la vastitude et cela continue même après avoir accouché il y a bientôt 2 mois ! Je n’en n’avais pas vraiment mesuré la grandeur avec mes deux premiers enfants mais là c’est juste magique. Je continue à baigner dans cet état de grâce à travers la présence à mon bébé.

Firmin me ramène continuellement dans cette énergie infinie, quelle cadeau ! Quand je vois le sourire de Firmin, je suis remplie de gratitude envers la vie ! Tout simplement Merci...

Christelle Rey, janvier 2016

Notre petite fille a glissé jusqu'à la lumière du jour

Bonjour Martine, Bonjour Christine,

J'ai l'immense joie de vous annoncer la venue au monde d'Isée, Anna, Echat.
Notre petite fille a glissé jusqu'à la lumière du jour (quoiqu'il faisait nuit...) samedi 10 octobre à 20h 35.
Apparement elle n'était pas la seule à avoir cette idée là, à ce créneau horaire là puisqu'à Givors je l'ai su après c'était le rush! Mais nous sommes bien tranquillement resté à la maison avec notre sage femme.
Tout à commencé le vendredi soir, le 9 à 23h30. Gaëlle était arrivée à la maison depuis 22h avec sa fille, on avait projeté depuis 1 petit mois ce week end, Gaëlle m'ayant proposé un moment de détente avec un massage. La naissance dans ma tête se ferait pas avant la semaine prochaine, donc c'était bon. On a mangé un petit bout, on s'est restraint en papotage se disant qu'on aurait tout le week end pour cela et qu'il commencait à se faire tard.
Je monte aux toilettes et là... la poche des eaux se rompt sur une contraction (plus fréquentes et plus fortes depuis le dernier week end de Yoga et depuis la dernière scéance d'acu), ca coule abondament, un liquide chaud et clair dont je reconnais rapidement sa douce odeur. Je suis toute interloquée: je n'avais pas du tout prévu ça comme ça! La présence de Gaëlle ne doit pas être un hasard. Je redescend, prévient Gaëlle (qui est ravie!) Habib qui ne voyait pas du tout les choses comme ça non plus (ma belle mère qui devait être là pour s'occuper de l'ainé n'arrivait que Mardi...) ; j'appelle Roselène ma sage-femme qui décide de venir immédiatement, car étant donné la distance (1h30) elle préfère attendre à la maison. J'ai quelques contractions assez régulières mais pas plus fortes, on décide de se coucher en attendant Roselène.
Lorsqu'elle arrive, on écoute le bébé, les contractions sont bien présentes, tendent bien mon utérus, il y a bien quelque chose qui se prépare. On décide de se reposer. Il faut que je précise que la maison est donc bien habitée: Gaëlle et sa fille dorment dans la chambre de Nathaël, Nathaël dans notre chambre, et Roselène sur le canapé, car la chambre qui doit accueillir ma belle mère est en cours de préparation, le canapé lit ikéa que nous avons acheté le jour même est encore dans son emballage... Bref en me couchant je ressents mes contractions avec joie mais je percois bien que j'ai peu d'espace physique pour accoucher, je me dis d'ailleurs qu'attendre le matin serait préférable ; et donc malgrès des contractions régulières, je m'endors. Lorsque je me réveille vers 7h, je n'ai plus de contractions, je ressens un peu de stress, Roselène avait évoqué hier qu'à 12h de rupture de la poche des eaux nous partirions à Givors, lorsque je me rend au toilette, le liquide est légèrement teinté, ces éléments ne m'inquiètent pas vraiment mais je ne vois pas vraiment comment me mettre en travail dans de pareil circonstance. La vie dans la maison s'éveille, nous déjeunons tous ensemble, Gaëlle et Roselène font connaissance et ont mille choses à échanger. Nous n'avons encore rien décidé pour la suite, j'essaie de trouver un monitoring auprès de ma remplacante et de ma collaboratrice (Roselène n'a pu en récupérer un à son cabinet). En attendant les réponses de mes collègues, Abib s'affaire à ce que tout le monde ne manque de rien et moi je décide d'aller faire du yoga pour me recentrer, et il y en a besoin... Je m'enracine, m'ouvre à l'infini, parle à mon bébé dont je percois la présence. Entre temps Abib a eu ma remplacante, elle amène à la maison le monito, et on en fait un autour d'une tasse de thé. Il est parfait, il y a même pas mal de contractions que je ressens régulières et plus fortes depuis ma séance de yoga, jusqu'à ce qu'on est une conversation avec Roselène et Sophie sur une situation professionnelle et la justice que je traverse actuellement, à partir de là... plus rien. Pfff... Devant le monito parfait Roselène me donne feu vert jusqu'à au moins ce soir 23h30 pour rester à la maison, je prend de la pénicilline à partir de 12h.
Nous décidons d'aller faire un tour en ville avec les enfants pour acheter l'antibiotique et leur montrer le cabinet. Je sens que de m'activer me fait du bien et ca contracte un peu plus. Ca fait bizarre à la fois d'être dans mon quotidien, de croiser mes voisins tout en me disant que mon bébé sera bientôt là... J'ai du mal à me dire que je vais accoucher... Gaëlle m'invite à me connecter à cette simplicité que les femmes du monde entier vivent, elles accouchent dans leur environnement. Cette réflexion m'aide.
Au cabinet je retrouve de la teinture mère de Caulophylum (ca donne des contractions), je prends ca en plus d'huiles essentielles, de l'homéo, des tisanes, bref je pend TOUT ce que je peux pour en avoir. Et je recommence à en ressentir des bien régulières, plus fortes, chouettes, nous mangeons le repas qu'habib nous a concocté pendant la ballade, je suis confiante, ca contracte!! on décide de prendre un temps de calme pour que Nathael dorme un peu, Roselène et Habib aussi, Gaëlle me propose de me masser. Chouette! On s'installe au soleil dans le salon baigné de lumière, la fille de Gaëlle est avec nous. Gaëlle commence c'est super de pouvoir être bichonnée comme ça! Mais les contractions cessent pendant le massage... pfff... on a pourtant doublé les doses de teinture mère, massé les bout de seins énergiquement, mais rien à fait... Nathaël ne s'est pas endormi et à même rapidement réveillé et agaçé ce qui essayé de faire la sieste. Bon l'agitation dans la maison est bien palpable.
Roselène et moi nous isolons pour refaire le point et décider de la suite à donner. Elle m'examine: mon col est à juste juste 2 doigts, court. Super cela veut dire que s'il est nécessaire de me déclencher on le fera avec la perf et pas avant demain matin. J'ai donc jusqu'à demain 8h pour me mettre en travail. Et à partir de cela tout se met en place: Gaëlle décide de repartir, Nathaël va dormir cette nuit chez la voisine, mes parents pourront être là demain vers 10h pour s'en occuper. A partir de là j'ai envie de passer un moment avec Habib, d'aller marcher. Il n'y a qu'une ballade qui m'attire: le gouffre de l'enfer (cf photo). Oui je sais comme ça ça parait un peu machiavélique mais c'est un endroit avec une énergie toute particulière: on commence par monter une gorge puis on se rtrouve sous un grand barrage, on monte pas mal d'escalier et puis quand on arrive en haut tout s'ouvre et s'éclaire, et puis on redescend par la fôret. Je déguste chaque moment de ce temps avec abib, je suis contente d'être avec lui et de nous offrir cet ballade à l'aube de la naissance de notre bébé. Dans la voiture je recommence à avoir des contractions régulières et puis nous commencons à marcher. Je sens toutes les tensions de mon corps se dissiper, j'ai l'impression de prendre un bain d'énergie, que tout s'harmonise à l'intérieur de moi: mon mental se calme, mon coeur s'ouvre et mes pieds se fondent dans la terre. A partir de là je lâche et j'accueille chaque contraction en étant présente à chaque sensation: je sens très bien le bas de mon utérus avec la tension qui se fait sur le segment inférieur et le col, lorsque la contraction passe je visualise de la lumière à cet endroit, je fais le mouvement de l'infini sur le col avec l'intention de l'assouplir. Au pied de l'escalier abib n'est pas très chaud à l'idée que je monte toutes ces marches, mais moi je me sens confiante, j'ai envie d'aller tout en haut pour goûter à cette autre énergie. Au fur et à mesure de la ballade les contractions se font plus fortes, je m'arrête, pratique la respiration de la vague, je prend appui avec mon front sur l'épaule d'abib. Et entre les contractions j'apprécie l'air frais que je respire, les rochers, les couleurs de l'autonme dans les arbres, la hauteur des sapins qui nous surplombent. Sur la fin de la ballade, je me dis: voilà j'ai fais ce que j'avais à faire, maintenant soit ca continue soit ca s'arrête. Si ca s'arrête je referais une séance de Yoga avant de dormir et si rien d'ici demain matin, direction Givors.

Je m'installe dans la voiture, plus aucune douleur pendant plusieurs minutes. Je recois un message de mes parents pour l'organisation, je m'apprête à rappeler mais une contraction d'une grande intensité me fait lâcher le téléphone, je m'agrippe à ce que je peux et me retient de ne pas jurer (ce que je ferais très prochainement!). Je suis scotchée par l'intensité, ce doit être la voiture... je me dépèche de rappeler mes parents avant la prochaine, je finis la conversation en envoyant ballader ma mère (qui part dans mille considérations!) car une autre vague vient me submerger...
j'ai hâte d'arriver car je ne gère rien du tout dans la voiture.
En arrivant je rentre vite à la maison, dès le premier escalier une contraction vient m'arréter, là je ne crois plus qu'il s'agisse de la voiture je suis en travail, Roselène comprend immédiatement et commence à s'affairer. Je monte dans notre chambre, m'agrippe au ballon et essaye tant bien que mal à traverser chaque vague. Honnètement l'intensité est telle que je n'arrive rien à mettre en place, je fais des sons mais leur seule utilité est un support pour aller du début à la fin de la contraction, j'essaie bien d'envoyer la vibration quelque part mais je n'arrive pas à en tirer un effet vibratoire pour venir m'intérioriser. Les contractions se succèdent et sont proches, je garde un petit résidu de douleurs qui ne disparait que 5 à 10 secondes ne me permettant pas de me relâcher entre chacune. Heureusement ce ne sera pas très long (mais combien de temps je ne saurais pas dire non plus!!)et je sens ensuite que je suis en fin de dilatation car c'est à nouveau gérable, elles sont moins intenses et je bénificie d'une vraie pause. Petit détail non négligeable, Abib se tenait assis devant moi sur le ballon et à chaque contraction je m'accrochais à sa taille pour m'étirer. A un moment il a du s'absenter pour gérer un truc pour Nathaël, c'est Roselène qui a pris sa place. Au départ je croyais qu'il allait me manquer mais en fait la présence très maternante et féminine de Roselène m'a été très importante, j'ai sentie comme j'ai pu plonger complètement dans ma bulle à ce moment là alors qu'auparavant malgrès la puissance de ce qui se passait en moi entre les contractions je sentais que j'étais encore alerte à ce qui se passait autour de moi. J'ai pris conscience que "ce gros calin" que j'ai reçu de Roselène à ce moment là, était quelque chose qui m'avait manqué pour la naissance de mon ainé.
Roselène et Abib ont fait coulé un bain à ma demande dans l'espoir que l'intensité qui persistait entre les contractions s'annule ; le temps que la baignoire se remplisse j'étais plus dans la descente du bébé, je commencais à avoir envie d'aller à la selle, mais bizarrement pour moi je ne sentais pas que c'étais le bébé qui avancait, quand j'ai dis ca à Roselène, elle a sourit, elle m'a dit que si c'était bien lui; c'était un moment un peu curieux, tout portait à croire que mon bébé descendait mais moi je ne sentais rien de cela à part une banale envie d'aller à la selle, franchement j'y croyais pas du tout. Roselène devant mes doutes me proposa de sentir la tête, en tant que sage-femme je me serais réjouie mais là franchement je la trouvais super loin encore!! Roselène mis sa main sur mon périnée (j'étais toujours à 4 pattes accrochée à la taille d'abib ) me proposant de venir respirer là pour pousser mon bébé, cela m'a beaucoup aidé car j'étais un peu perdue. A chaque contraction je guettais des sensations dans mon bassin et très spontanément je murmurais un "oui" à chaque contraction comme ce grand oui à la vie que l'on a vu pendant les stages. C'est devenu plus concret, je sentais la tête de mon bébé appuyer sur le sacrum, mais j'étais toujours à douter. Roselène me proposa de me retourner accroupie pour pousser en m'enroulant autour de mon bassin, j'acceptais mais sans grande conviction... j'essayer plusieurs fois mais je n'avais pas l'impression qu'il se passait grand chose. J'avais plutôt l'impression de pousser contre une porte qui ne voulait pas s'ouvrir. J'étais un peu desespérée à ce moment là, le sentiment de ne pas y arriver. Roselène me proposa de me mettre dans une autre position ce que j'accepta vivement, je me tournais sur la gauche, toujours accrochée à la taille d'abib et la jambe droite posée sur le bord de la baignoire. A la contraction suivante j'ai sentie la tête d'Isée descendre d'un seule coup sur l'arrière du périnée et tout se débloquer, je sentais le besoin de m'étirer en même temps que je poussais. Petit hic, mon bassin sortait de l'eau, rentrait dans l'eau, sortait, rentrait. Je ne pouvais pas continuer comme cela, soit je restais immergée, soit je devais sortir ( et ça cela relevait de l'impossible pour moi à ce moment là) je suivis donc les conseils de Roselène et me remis accroupie mais cette fois ci face à elle, l'axe des hanches dans la longueur de la baignoire. Je n'ai pas trouvé cela idéal (mais aurais-je trouvé quelque chose d'idéal face à cette intensité de l'étirement de cette dernière porte!) et Isée continua de glisser étirant l'avant et l'arrière du périnée, avec cette envie irrépressible de la pousser et à la fois cette intensité qui se fait de plus en plus forte! Roselène me demanda entre 2 contractions de ne pas pousser, et cela me paru impossible (et pourtant je l'ai demandé combien de fois à mes patientes??) Avec un peu de recul j'ai trouvé que tout se faisait tout seul, fallait juste accepter d'ouvrir...
Puis la tête sortie, les épaules suivèrent rapidement et tout son petit corps glissa hors de moi avec cet étonnant calme qui suis une telle intensité. Isée blottie dans mes bras pleura un peu. Quand j'ai vu sa petite trogne j'étais sûre qu'il s'agissait d'une fille et qu'on la nommerait Isée (bon après on en a débattu pendant 3 jours...) Elle se calma assez vite, on sortit du bain et on est allé s'installer dans le lit, elle a attrapé le seins avec beaucoup de facilité. 20H35! Soit 1h 50 et des brouettes après la 1ère contraction de la voiture... 3100g
Son frère n'étant pas encore couché, son père est allé le chercher et il a pu découvrir sa petite soeur avant d'aller faire dodo.
1 petit point sur le périnée pour la forme, la délivrance qui porte très bien son nom, et puis dans la douceur du foyer, on enroula Isée dans un drap de soie, et on est allé mangé un bout avant que Roselène reprenne la route et nous le chemin du lit, à trois!


La naissance de notre petite fille Garance

Bonjour Martine!

je voulais donc t'annoncer la naissance de notre petite fille Garance née le 7 novembre avec presque 2 jours de plus dans le ventre de maman... elle avait bien raison de jouer les prolongations!!
et comme je sais que tu es très friande de récit, voici donc le mien :
La veille,le vendredi (dernier jour de travail de son papa, soit l'approche d'un beau week end...), mon corps me donne des sensations de fin : comme si j'allais avoir mes règles, pesanteur dans le bassin, jambes lourdes et surtout envie de ne voir personne...
le soir les sensations se font plus fortes mais non douloureuses et je suis sûre que ça sera cette nuit ou du moins dans les prochaines 24 heures.
mes enfants s'endorment en sachant qu'il est fort probable que nous allons les réveiller pour aller finir la nuit chez papi,mamie....tu aurais vu leurs visages émerveillés....
et c'est à notre tour de nous coucher de bonne heure car la nuit va être intense....
vers 23h, Diane (2 ans) se réveille, maman?? ouf maman toujours là, et moi bien endormie je réussis à me rendormir avec quand même une certaine excitation car je commence à ressentir qq contractions mais que j'oublie en m'endormant...
1H09!! mes yeux se posent (pour la dernière fois) sur le réveil, une forte contraction me fait sortir de mon sommeil, je me lève,passe aux toilettes, regarde par la fenêtre cette belle nuit étoilée et je sens que je ne peux plus me recoucher....
quelques contractions plus tard, je réveille Jean Guillaume (pour qu'il est le temps de bien se réveiller car je sens que je vais avoir besoin de lui très vite ....)
il m'amène le ballon, des compresses chaudes, et mes contractions s'intensifient de plus en plus, le murmure commence à se faire entendre dans toute la maison.
Jean Gui appelle mes parents pour venir chercher les enfants, 30 minutes plus tard ils sont arrivés, les enfants sont réveillés et très heureux (malgré encore le sommeil) à l'idée que leur petite soeur va bientôt arriver. Ils entendent les murmures plus forts de leur maman et partent sereins avec mes parents.
je me retrouve seule avec Jean Gui, et là les contractions passent à une autre étape, le murmure n'est plus possible, le son om est plus efficace et très puissant...
mon esprit est localisé sur le col et le tunnel pour diriger ma fille vers la sortie, et je sens la dilatation du col très rapide....si rapide que ce moment de grand désespoir arrive très vite....je n'ai plus de forces, jamais je n'y arriverais (Jean Gui, à l'écoute de ces paroles, m'a dit après qu'il était ravi d'entendre ça, c'est que la fin était proche)
entre temps il appelle Lya, notre sage-femme (et la future formée au yoga maternité....et oui elle est là parmi vous aux stages d'évian) pour peut-être venir à temps....
ce qui m'est assez désagréable c'est cette sensation de faiblesse dans les jambes, Jean Gui me masse beaucoup et ça me fait du bien, je suis toujours à 4 pattes, les bras posés sur le ballon et je chante (fort!!!!). mais quelle puissance ce son, je suis emporté et je voudrais qu'il ne s'arrête jamais, il me soulage, m'emporte, m'évade au delà de mon corps, vraiment quelle puissance!!
puis ce son s'efface et là cette envie de pousser jaillit....vraiment ma fille arrive!! les contractions ne me font plus mal, mon esprit est bien dirigé vers le tunnel que je détends et ouvre au maximum... Lya arrive, juste sa présence silencieuse m'apporte beaucoup, une vraie sage-femme pour moi avec beaucoup de respect et de confiance!
Je suis en train de pousser, je sens sa tête sous mes mains et je la laisse trouver son chemin tout en continuant à pousser quand j'en ressens le besoin.
je sens sa tête qui est sortie,petite pause avant de nouveau une autre contraction/poussée qui accompagne le reste de son corps.
il est 2h50, il fait nuit, nous sommes dans la pénombre, et j'accueille ma petite fille Garance à la vie dans mes bras!!! quelle joie, quelle bonheur et surtout quelle tranquilité!!!
nous savourons ces 1ers instants à jamais gravés dans notre mémoire.
elle est là tout contre mon corps, cherchant déjà à téter...elle a raison en +, ça va aider à la délivrance!!
mon corps se remplit de nouveau d'ocytocines, j'ai froid, très froid, je tremble....il est temps que le placenta sorte, et 2è soulagement!!!!
cette fois c'est bien fini, nous profitons, acceuillons et ressentons cette belle force de la vie, là, entre nos mains.
quelle merveilleuse aventure qu'est de porter un enfant et de le porter à la vie!!
cette naissance a vraiment été très fluide, avec des sensations qui m'étaient déjà familières: rapidité-force et efficacité des contractions et que j'ai pu vivre avec encore plus de sérénité et de joie! un bel accomplissement!
Et puis quel bonheur et que d'Amour de se retrouver tous les 5 très vite! 
Alors un grand merci à toi Martine, ton enseignement, ton énergie et ta confiance à la Vie m'ont de nouveau beaucoup porté pour cette 3è naissance!!
Merci aussi à tout le groupe yoga, cette énergie collective me portait toujours un peu plus chaque week end!
Toutes mes pensées sont portées vers toutes ces mamans, que la Confiance et l'Amour emplissent leurs corps et leurs esprits pour accompagner leur bébé à la vie!! C'est une fabuleuse aventure qui nous transcendent et nous connectent vraiment à la Vie, à l'enfant! N'ayons pas peur de la vivre entièrement et pleinement!
à très bientôt,
je t'embrasse, Sandie

La naissance d'Ariane

A terme (40 semaines) + 10 jours, toujours rien et pas vraiment de signe que ça serait pour bientôt. Dès le 9e jour au delà de la date du terme, j'ai fait une séance d'acupuncture pour essayer de déclencher naturellement, car je voulais éviter l'ocytocine de l’hôpital (accouchement prévu en maison de naissance), et au maximum aussi la potion de ma sage-femme Michèle à l'huile de ricin, qui m'avait quand même l'air rude! Deuxième séance d'acupuncture le lendemain. A terme + 11 jours, on est allé voir ma sage-femme. Je ne sentais toujours pas les contractions, même si le monitoring a montré que j'en avais quand même quelques unes. Dans l'après midi, j'ai réussi à me rendre compte physiquement que j'en avais, mais elles n'étaient vraiment pas douloureuses, et c'était toujours dur de deviner le début et la fin de chaque contraction. Le soir, on a regardé les Bronzés font du Ski pour essayer de libérer de l'ocytocine naturellement... L'idée était qu'on prendrait la potion de ma sage-femme le samedi ou le dimanche, avec un monitoring à l'hôpital le lundi si rien ne se passait... Mais l'hôpital, ce n'était vraiment pas mon truc, et je voulais éviter à tout prix...

A 1h30 du matin le vendredi soir, j'ai perdu les eaux alors que je dormais, et j'ai couru aux toilettes. Dès la, les contractions fortes ont commencé tout d'un coup. J'ai essayé de continuer à dormir/me reposer dans le lit, en faisant des respirations de la vague quand les contractions venaient. Je me suis levée pour faire un thermos de tisane et j'ai alors fait les respirations de la vague debout. J'ai essayé de me recoucher mais ca devenait trop douloureux alors j'ai fait couler un bain. Avant d'aller dans le bain, j'avais mis en marche une app pour compter les contractions (je pouvais du coup les compter dans le noir quand j'essayais encore de dormir! - je n'avais qu'à cliquer start et stop...) Mon ami Olivier lui continuait à dormir... Dans le bain, je me suis mise à chanter pour faire passer la douleur. J'ai fait des aaah surtout, sur tous les tons, et c'était fantastique, et très beau aussi - ça a vraiment beaucoup aidé. J'espère juste que les sons ne sont pas passés par la bouche d'aération!

Je suis sortie du bain mais re-rentrée dedans quand Olivier s'est levé vers 5h. Olivier lui m'a massé sur 2 points du bas du dos à chaque contraction et ça a beaucoup aidé - la douleur diminuait de plus de moitié, et moi je continuais à chanter "aaaah" allongée dans l'eau... Vers 6h15, on a appelé Michèle. Elle est arrivé vers 7h, alors que le marché dans notre rue s'installait. L'idée était qu'elle m'examinerait puis qu'on irait à la maison de naissance de Nyon car la sienne était occupée (elle avait fait un accouchement dans sa maison de naissance le vendredi en fin d'après midi! Manque de pot...). Mais j'étais déjà dilatée de 5 cm quand elle m'a examinée, et à cause de la douleur je ne me voyais pas marcher jusqu'à sa voiture, qui à cause du marché ne pouvait pas être garée juste en bas de chez nous (ni passer 25 minutes en voiture pour aller à Nyon...)! Du coup elle a proposé d'accoucher à la maison. Elle avait tout le matériel avec elle. On a dit oui alors que originellement on avait pensé que le plan B c'était vraiment la maison de naissance de Nyon et pas la maison. Du coup le travail a continué dans la chambre, toujours en chantant, puis de plus en plus en "criant" mais toujours avec les respirations très conscientes. Je crois que j'ai réussi à ne jamais penser à la contraction suivante mais toujours à celle en cours, et ça a aidé à tenir je pense... Je mettais en pratique le discours de Martine sur la douleur.

A 9h, j'étais dilatée à 10 cm et Michèle pensait que je pouvais accoucher d'ici 20-30 minutes. Par contre, le bébé est un peu resté coincé dans le tunnel, et a même reculé. (Elle avait un hématome à la tête et du coup une tête immense quand elle est sortie...) Un temps j'étais à 4 pattes, avec le ballon devant moi pour me reposer entre les contractions, et j'ai fait des 8 pour essayer de faire descendre le bébé. On a changé de position mais rien n'y faisait... Puis Olivier a eu l'idée de pendre une corde d'escalade au crochet qu'on avait installé sur la poutre du plafond au dessus du lit pour mettre le hamac du bébé dans notre chambre, et il y a mis des noeuds pour que je m'accroche. A partir de la, les poussées ont été un peu plus efficaces et le bébé s'est remis à avancer. Je me soulevais sur la corde pendant les contractions (Olivier m'aidait à me soulever puis comptait tout fort pour que j'essaie de pousser le plus longtemps possible - mon esprit de compétition a fait que je voulais aller au delà de 10!). (La douleur qui est restée le plus longtemps est en fait la douleur aux bras!!) La présence d'Olivier était incroyable et au stage de yoga, on avait parlé de ça, mais c'est vraiment quelque chose qui m'a marqué sur le coup. Sans lui et son "investissement", je ne crois pas que j'aurais pu aller jusqu'au bout (vu que j'ai poussé plus ou moins pendant 2 heures, je commençais à fatiguer...) J'avais besoin de le sentir avec moi à 100%, et lui aussi en était très conscient. Je l'avais un peu coaché sur ce que j'attendais de lui, mais je ne pensais pas qu'il pouvait être autant "là" avec moi. L'autre chose c'était la bulle - d’être restée à la maison, je crois que ça m'a aidé à vraiment y rester, car je n'ai eu à penser à rien d'autre que le moment présent. Michèle (et son assistante - elles étaient 2 et ce n'était pas de trop je pense!) était aussi une super coach, je me suis sentie tout du long en confiance et en de bonnes mains... A un moment (11h01!), le bébé est enfin sorti. Et voila! On a Ariane avec nous depuis... Et on est très heureux!! Elle n'a pleuré qu'au bout de 30 minutes, je crois, elle était toute paisible. Et l'est toujours, elle est un bébé très facile. J'ai vraiment l'impression que cette naissance "simple" et belle l'a façonnée pour la vie, en tout cas c'est que j'aime croire.

La naissance de Corentin

Je viens vous annoncer la naissance de Corentin qui est né jeudi 4 juin.

Mardi j'ai perdu le bouchon muqueux. Mercredi matin la sage femme est venue à la maison. elle trouve que le bébé est oblique, il n'est pas bien positionné, il n'a pas la tête en bas, ni sur le col. Le col commence à être ouvert, et je commence à avoir des débuts de contractions. L'après midi j'ai rendez vous pour une échographie
En début d'après midi je me sens plaine d'énergie, et je ne fais pas la sieste, je vais me promener avec ma fille dans la nature. je me sens en confiance. je fais des visualisations...
L'échographie montre que le bébé a la tête en bas, et le dos latéral droit.
le soir je me sens encore pleine d'énergie, disponible . Ma fille Aurore, vient me dire que le bébé est bas, et elle demande d'ailleurs si c'est encore le ventre où il est. elle dit qu'il va bientôt naître. Elle se relève régulièrement pour voir si il est sorti.
je suis excitée, impatiente, j'ai du mal à trouver le sommeil, mon mari aussi. mon mari finit par s'endormir. je dors un peu, les contractions me réveillent.
le lendemain matin, ça n'a pas beaucoup avancé toujours les mêmes contractions. mais à partir du moment où les enfants sont partis à l'école en piedbus, le travail a vraiment commencé, là il n'y avait plus de doute.
Avec mon mari nous sommes d'abord restés un moment tous les deux : on a accueilli ensemble dans l'amour ta venue proche.
plus tard on a appelé la sage femme. elle est vite arrivée. je crois que j'étais dilatée à 4. j'étais encore sur le ballon. les contractions étaient intenses mais avec la respiration de la vague , ou en mettant ma conscience corporelle plus large, il y avait alors du plaisir de l'énergie.
je n'ai pas pu rester sur le ballon et je me suis mise à califourchon sur un coussin soutenue par mon mari et la sage femme me massait le dos. j'étais entre de bonnes mains. je sentais leur présence mais je ne les voyais plus.
pour reposer mes jambes, la sage femme m'a proposé de m'allonger sur le côté. j'ai apprécié les moments de détente entre les contractions en étant allongée. je tenais la main de mon mari.
les sensations sont devenues très vite très intense : c'était la pleine tempête. le bébé appuyait très fortement sur le col presque ouvert mais pas suffisamment. la sage femme appliquait une bouillotte dans mon dos. dès que j'avais soif, j'avais un verre, ou j'avais quelque chose à manger, je ne sais plus d'où ça arrivait.
puis les sensations se sont amplifiées , j'ai senti mon sacrum brûler , s'écarter , s'écarteler. ( il s'est avéré que Corentin avait une grosse tête et aussi elle n'était pas dans l'axe)
j'ai essayé de me remettre accroupi : la poche des eaux a rompu, mais à la fin d'une contraction je me sentais mal : je tremblais, j'étais épuisée, découragée.
je me suis remise allongée sur le côté et les contractions étaient assez espacées : toutes les 10 minutes, la tête du bébé progressée lentement. entre les contractions , je savourais le repos et la recharge en énergie. Pendant les contractions je sentais la tête du bébé, je pouvais dire où il en était : rectum, puis je l'ai senti appuyer écraser le coccyx. Les sensations étaient fortes, mais je n'ai pas eu peur car je savais d'où venaient ces sensations. j'ai eu de la fatigue, du découragement. La sage femme et mon mari m'ont aidé . et aussi je me suis souvenue que ce n'est pas moi qui mets au monde mon enfant mais la force de la vie. ce qui a été dur aussi c'est de dépasser dans la poussée cette sensation d'écrasement du coccyx. c'est à dire de se dépasser, de pousser au delà de ça et d'accompagner cette enfant.
j'ai fini par me remettre accroupi : je sentais la tête avancée , et le périnée brûlait. je l'ai accompagné. La tête est sortie, ma vulve brûlait . j'ai attrapé mon enfant.
je n'ai pas eu de déchirure.
Corentin est né la tête tournée vers le côté, avec un diamètre de tête un peu plus gros que la moyenne.


merci à vous toutes pour ces moment de partage de yoga qui resteront dans mon coeur.
beau week end de yoga .

TEMPS DE REPOS

J’ai fait plusieurs jours de « faux travail » deux semaines avant mon accouchement, nous venions de déménager récemment (eh oui, encore un déménagement, décidément nous sommes beaucoup dans le stage de yoga 2014 à avoir déménagé étant enceinte). Je suis allée voir mon osthéo, le faux travail s’était calmé mais m’avait laissé un début de sciatique.
« Se serait bien que ce bébé reste jusqu’au terme si j’ai bien compris ? Car tu ne te sens pas encore prête c’est ça ? » Oui effectivement, je ne me sentais pas prête, je voulais que notre appartement soit au mieux pour l’accouchement, mais surtout je sentais que ce n’était pas le bon moment. Elle m’a soulagé du poids du bébé trop sur la droite, remonté un peu et surtout on lui a bien dit de rester encore au chaud.

Mon terme était prévu pour le 22 septembre. La veille nous sommes allés nous promener en montagne, quand je suis rentré à la maison, je me sentais...en préparation. Toute la soirée je sentais la présence de ma sage-femme à mes côtés. Je n’arrivais pas à me poser, j’ai demandé à mon homme Benjamin de me masser, il est minuit passé, je contracte un peu. À une heure du matin première contraction vraiment intense, nous sommes maintenant le 22 septembre, pour du timing c’est du timing !

Je suis totalement rentrée dans l’accouchement dès les premières contractions, il n’y avait aucun doute. J’ai voulu me mettre sur le ballon, impossible je ne supportais pas la position, je suis resté dans la chambre tranquillement, changeant les positions pour voir, en laissant monter l’intensité. Benjamin m’observe, au bout de quelques contractions je lui donne le feu vert, il peut aller tout préparer, c’est le moment. J’avais l’intention de passer dans notre salon mais je suis resté un grand moment dans le couloir, être debout, m’accrocher aux meubles en bougeant mon bassin, je commençais à trouver mon rythme, mais je voyais que je ne trouvais pas la bonne façon de gérer correctement la contraction, qui était très intense, longue et efficace. J’arrive à partir du couloir en faisant une halte dans la cuisine, j’entends Benjamin qui s’affaire, il pousse les meubles, pose le futon, met des draps, gonfle la piscine, qui est percée, mais à cet instant je m’en moque, je ne sais plus comment, je suis à quatre pattes sur le futon et j’accompagne les contractions d’un « oh » très grave, long et saccadé au rythme de l’intensité. Benji a apparemment trouvé une solution pour la piscine (un chewing-gum mâché pour boucher le trou, créatif !). Je suis accroupie vers le canapé, en m’accrochant aux accoudoirs, il vient me voir, me touche le dos, le sacrum, on ne se dit rien, c’est même la première fois depuis la première contraction qu’il me touche mais on se sent connectés, lui sait que je gère, moi je sais qu’il s’affaire pour moi et le bébé et qu’il gère totalement notre confort et notre sécurité. C’est très harmonieux. Je le vois partir loin dans le couloir, il est allé discrètement appeler sa soeur pour qu’elle vienne chercher nos deux premières filles (qui dorment) ainsi que la sage-femme, à 3h du matin, qui ne dormait pas car elle était sûre que le travail avait commencé ce soir pour nous. Benjamin avait senti la modification de mon sacrum, il l’indique à notre sage-femme.

Je suis retournée sur le futon, à quatre pattes m’appuyant sur le rebord de la table basse. Je sens que ma fille fait son chemin, je sens que je gère les contractions avec mes « oh » que s’est efficace, mais je n’ai pas envie de la gérer, j’ai envie d’entrer réellement dedans mais je ne trouve pas la bonne position selon moi pour le faire. J’ai l’impression d’être présente, mais sérieusement j’étais déjà très loin… Ma sage-femme Marion arrive, elle sent bon et ses habits sont très doux. Elle vient vers moi, me prend dans les bras pour accompagner une contraction, très calmement, en me disant « c’est bien, laisse-la t’envahir, accompagne-la jusqu’au bout » et là TILT pour moi ! Je me suis souvenu, comme un flash, Martine qui nous disait dans ses cours de yoga maternité quelque chose comme ça « les femmes se concentrent sur la contraction, se focalisent dessus, mais quand on se focalise sur les temps entre les contractions pour bien récupérer cela change tout ». Et c’est ce que je fis, je me concentre sur ces temps, je récupère un maximum, je suis totalement dans ma bulle, je ne vois plus les contractions comme au début du travail, je les accompagne, les traverse, toujours avec mes sons. Je les sens arriver, je me laisse totalement envahir, maintenant je connais leurs mouvements. Une ambiguïté apparait cependant, il y a de la douleur, mais qui ne me fait pas souffrir : au contraire ! Et je sais que ma fille ne souffre pas non plus, elle avance, millimètre par millimètre, je ressens une confiance infinie.

On me demande si je veux aller dans l’eau, je suis incapable de prendre une décision, ou de parler, on doit me reposer plusieurs fois la question, je finis par dire oui de la tête. Je passe dans la piscine, accroupie contre le bord. L’eau est chaude, cela fait beaucoup de bien. Je n’ai toujours pas rompu la poche des eaux, mais je sens que je suis avancée dans le travail. À ce moment dans ma tête souvent je me dis que j’ai mal, mais c’est une pensée éclair car chaque contraction est plus intense et je sens très clairement la progression de ma fille, et quand la contraction finit je me mets en totale récupération. Benjamin est auprès de moi, me masse le sacrum, enfin une minute car je lui éjecte la main, ça me fait trop mal ! La deuxième sage-femme (en stage) est arrivée, elle me demande si elle peut approcher, je me blottis dans ses bras, d’ailleurs j’ai dû lui briser le cou tellement je la serrais fort. Marion essaie de communiquer avec moi… Il faut partir à l’hôpital, le travail est avancé, on est censé aller en plateau technique, pour moi cela me paraît juste impossible, je suis bien là, dans l’eau chaude, dans ma maison. Elle m’habille, m’aide à me déplacer jusqu’à la monter d’escalier, il me semble que je répète « je ne vais pas y arriver » et le temps de faire tout cela j’ai dû avoir trois ou quatre contractions, et là dans les escaliers, la poche des eaux se fissure doucement, je dis en boucle que je sens le bébé pousser. Ma sage-femme voit très clairement que je n’ai pas envie d’y aller, on retourne dans la piscine.

Très peu de temps après je commence à pousser, je sens exactement où est mon enfant, je sens qu’elle va bien, mais je sens aussi que je commence à fatiguer. Mes temps de récupération sont très court, je suis essoufflée, et très clairement l’intensité est telle qu’elle m’inonde totalement. J’ai l’impression de perdre pied. Mes « oh »ne peuvent pas être plus forts, un mélange de vibration, et de grognement. Mes sages-femmes me parlent, j’entends en décalé je crois, et de très loin, je leur réponds dans ma tête mais suis complètement incapable de parler. Je vois que Marion commence à m’ausculter en regardant sa montre, je reviens un peu dans le temps réel et me rend compte que ça fait un moment que je pousse, j’essaie de savoir comment est mon bébé. J’ai une position très bizarre, je suis accroupie dans l’eau mais avec une jambe écartée lors de la contraction, qui me fait avoir des crampes énormes qui me font souffrir! Dans ma tête je me dis : « je suis « à l’ouest » pourquoi je reste comme ça ?! » c’est comme si je m’observais faire quelque chose sans me rendre compte que je suis dans l’observation. Je dois laisser venir la contraction mais en gérant la crampe qui vient aussi. Je m’inquiète : maintenant il faut qu’elle sorte. Alors j’y ai mis toute ma force, toute ma rage et je disais à ma fille que c’était le moment. Je sais plus du tout ce que j’ai dit, « j’ai mal, je n’en peux plus.. » ou quelque chose comme ça, avec du recul j’étais en pleine phase de désespérance. Marion m’a proposé de me mettre sur le dos (je flottais dans l’eau), Benjamin l’aide à me retourner et j’ai crié (la peur m’a fait crier, j’avais l’impression que ma chair allait craquer, d’un coup, c’était si fin !) Benjamin m’a dit « elle est là puce, elle est là » quel soulagement ! Elle a le cordon en bretelle, comme mes deux premières, du coup ça ne m’étonne même pas. Elle est coincée aux épaules, je l’accompagne, de tout mon coeur, de toute ma volonté jusqu’à ce qu’elle naisse, en buvant un peu la tasse au passage dans la piscine.
Cette sensation, son passage je n’oublierai jamais, comme une libération. Je me répétais « elle est sortie, ça fait du bien, elle va bien » et dans ma tête, je me disais « je comprends le mot intensité maintenant ! » et surtout « eh ben je ne suis pas prête de recommencer !!!! » Bien évidemment je ne pense plus la même chose, la magie des hormones sans aucun doute. Agathe n’a pas pleuré, elle nous a observés, grands yeux ouverts, calme. C’était juste magique cette rencontre, un instant suspendu dans le temps, une pause, et une pièce remplit d’amour. Je me souviens très clairement de ces instants, sa peau, son regard, son odeur, tout.

Marion nous laisse comme ça un moment puis on me sort de la piscine, on m’installe sur le futon, toujours en lien avec ma fille par le cordon. On attendra la fin de son battement pour le couper. Vient le temps de la délivrance, je ne m’en souviens même pas, je me souviens juste de Marion qui vérifie mon placenta consciencieusement, aucun problème, et de la sensation : la délivrance, ça y est, je sentais que l’accouchement était fini. Ah si je me souviens de cette impression, j’avais la sensation d’avoir été déchiré, mais pas du tout, même pas un point. Une fois l’accouchement complètement terminé, je vois venir ma belle-soeur, qui en fait n’avait pas pu partir puisque je suis revenu dans l’appartement, je ne l’avais même pas vu y entrer ! Elle a assisté à l’accouchement dans la pièce à côté, une expérience très forte qui nous unit, et Agathe est toujours très calme avec sa tata, comme avec nous. Puis mes deux filles sont venues. Ma belle-soeur pleure, de joie, d’émotions, mes filles sont admiratives, elles ne décrochent pas du bébé. « Maman a fait son bébé dans le salon ! » c’est ce qu’a partagé ma grande à toute sa classe le matin même dans le « quoi de neuf ? » du jour.

J’ai mis au monde ma fille chez moi, alors que l’idée me faisait peur pendant la grossesse, j’ai fait des sons, j’ai grogné et ragé, j’ai même crié, alors que je n’ose même pas faire « ohm » fort dans les week-ends de yoga . Mais j’étais tellement bien préparé avec Benjamin, on était aussi parfaitement entourés, je savais ce que je faisais et j’étais très confiante : le 22 septembre j’étais prête !

Quelques heures après l’accouchement j’étais sur pied, ça me change de mes expériences à l’hôpital ! Et je suis en forme ! Ma sage-femme vient me voir très souvent dans les jours et les semaines qui suivent. C’était son premier accouchement à domicile, cette expérience est gravée pour nous deux, c’est sûr !
Notre Agathe est un amour de bébé, calme, sereine, le lien qui nous unit est très fort.

Naissance Basile

Je ne sais pas vraiment pourquoi nous nous étions persuadés que notre fils arriverait au moins deux semaines avant le terme normalement prévu le 3 août, jour de la fête de ma mère. Aussi, dès le 10 juillet, nous étions prêts. Le 14 juillet, on regarde le feux d'artifice. Rien, toujours rien. On commence à se dire qu'il arrivera peut-être à terme et nous passons nos journées à la piscine grenobloise de Jean Bron. Dès que j'ai trop chaud je nage, dés que je suis à bonne température je retourne lire à l'ombre. Nous allons aussi au cinéma lorsqu'il pleut. Un jour nous avons même vu trois films dans la même journée. On est aussi allé marcher en montagne. Rien. Toujours rien. On profite de ce temps calme pour nous. On est bien, au calme. On pratique un peu de yoga chaque jour.
Le 30 juillet, nous décidons de composer une playlist de musiques pour l'accouchement. Ce n'était pas vraiment une nécessité mais un petit plus qui nous faisait plaisir. Nous y passons la journée. Et le soir, je me retrouve avec une playlist « naissance » sur mon iphone : soit 4 heures de musiques que nous présupposons adéquates pour un accouchement. Mais qu'en savons-nous vraiment ?Certaines sont lancinantes, d'autres faites pour être chantées ou dansées. On se couche en se demandant si tout ça servira vraiment mais quand même satisfaits de la tâche accomplie. Et ce bébé quand viendra t-il ? La tension monte.
Durant la nuit, je suis réveillée par ce que je pense être un gaz de ma part. Celui-ci est suivi d'un peu d'un petit écoulement. Je me dis « Ma pauvre fille ! C'est la fin des haricots ! Tu pètes la nuit ! ». Aussitôt pensé, je me reprends et me réveille : « Mais qu'est ce que c'est que cette histoire ? Et si j'étais en train de perdre les eaux ? Ce serait tout à fait mon genre d'être en train de les perdre et de me raconter une sombre histoire de pets ». Tout en rigolant de moi même, je me lève pleine d'entrain et après une petite douche, bien mieux réveillée, je peux affirmer que je perds doucement les eaux. Pas de doute. J'annonce donc la bonne nouvelle à Olivier et nous partons dans l'instant pour la maternité. La valise – vous l'aurez compris – nous attendait déjà depuis plus de quinze jours.
Il est 5 heures du matin, nous traversons la ville dans le calme. Nous nous rendons à pied à la maternité. Je respire l'air frais, je regarde le jour qui se lève, on voit passer des chats sauvages, on n'est pas pressé, on découvre des jardins que nous n'avions jamais vus.
Arrivés à la maternité, les choses se gâtent. Nous sommes coincés dans l’ascenseur. Effectivement pour je ne sais quelle obscure raison je me trompe d'ascenseur – celui-ci est hors service la nuit. Mais le problème n'est pas tant d'être coincés dedans que d'entendre la personne au bout de l'interphone de secours nous répondre pour toute aide « Mais sortez de l'ascenseur, voyons, sortez » alors que nous sommes bel et bien enfermés dedans. Je me dis « Ceci n'arrive qu'à moi » et ça me fait bien rire. Ca m'aide à rester calme. Enfin, une sage-femme entend les tambourinements d'Olivier sur la porte de l'ascenseur et nous libère. Elle est si charmante et atterrée de notre situation que nous n'en retenons que le comique.
Tout de suite après cet incident, je suis examinée à l'aide d'un monitoring. Je profite de ce temps pour faire une séance de relaxation complète de mon corps. Ceci fait, on nous donne une chambre. Comme les contractions sont très espacées et douces, je prends mon temps pour installer nos affaires et celles de notre fils. On a dû mal à réaliser que bientôt il sera là dans le couffin qui l'attend. La chambre est tout à fait agréable, l'endroit idéal pour perdre les eaux intensément. Car maintenant, cela coule à flots. Mais, cela ne nous inquiète pas, on peut même dire que cela nous plait bien... Après tant de journées à la piscine, cela me paraît tout naturel.
On passe la matinée à danser sur des musiques de notre fameuse et toute récente playlist. Nous choisissons les musiques les plus rythmées, les plus entrainantes. Nous dansons le signe de l'infini, nous chantons.
A chaque fois que je dois être examinée on en profite pour faire des respirations diverses et variées (abdominales, de la vague, sur l'utérus, du col...). Nous chantons aussi beaucoup pendant ces monitorings et nous émettons pas mal de sons et de murmures.
Lorsque midi arrive, j'ai faim et les femmes du service ne me donnent pas à manger. C'est seulement à 3 heures de l'après-midi que la situation se débloque et j'ai enfin un plateau repas. Ce n'est pas bon mais je mange avec plaisir.
A 4 heures, une sage-femme – déjà la troisième que nous voyons – nous propose de quitter la maternité pour une petite promenade. Elle nous donne deux heures. Nous sommes absolument ravis de cette perspective et nous sortons le sourire aux lèvres. Il fait beau et nous allons de jardins en jardins. Nos pas nous mènent jusqu'à la biocoop du quartier. Nous entrons et faisons quelques courses pour apporter une touche de douceur et de gourmandise aux repas de la maternité.
Arrivés à la caisse, nous rencontrons une amie avec sa fille de deux mois. Elle n'en revient pas de nous voir ici – moi, avec mes contractions et mon eau qui se fait la malle ; nous, joyeux et exfiltrés de la maternité. Nous profitons pleinement de cet événement en allant boire un verre ensemble. Son compagnon nous rejoint. Nous nous retrouvons donc tous les quatre en terrasse avec nos deux enfants – le leur de deux mois et le notre bientôt né. Je prends une limonade, j'en rêvais et il n'en restait qu'une. Nous trinquons. J'ai des contractions toutes les 8 minutes. Je me sens bien. Nous rions beaucoup. On essaie de deviner quel sera le visage de notre fils. On profite du soleil. Les serveurs pensent qu'on se moque d'eux quand on leur dit que je suis en train d'accoucher et que la maternité m'a donné une permission de sortie. Je les comprends, c'est irréel.
Lorsque nous rentrons à la maternité, mon pantalon absolument trempé, nous avons une heure de retard. Dans la chambre nous trouvons un gentil petit mot de la sage-femme nous annonçant qu'elle a de bonnes nouvelles pour nous. Elle nous donne rendez-vous devant les salles d'accouchement. Nous nous y rendons le cœur léger, un peu coupables toutefois d'avoir prolongé la ballade-récré d'une heure de plus. C'est alors que nous croisons le sosie de Louis de Funès sur un brancard. C'est définitivement une journée extraordinaire. Il n'est pas mort !
Dans la foulée, la bonne nouvelle de la sage-femme me paraît excellente : elle a plaidé en notre faveur - on ne déclenche pas médicalement l'accouchement tout de suite, on nous laisse plus de temps. Par contre, j'ai le droit à une séance d'acuponcture pour favoriser l'ouverture du col. Je prends toutes ces nouvelles comme une véritable chance et je me retrouve avec des aiguilles dans le ventre en train de chanter sur la table du monitoring que j'inonde abondamment. Tout va bien.
Pour couronner le tout j'ai le droit à un « décollement », une sage-femme passe son doigt dans le col et caresse la tête du bébé. Cela doit favoriser la mise en place du travail. De notre côté, on a l'impression que notre fils est de plus en plus proche de la porte. On se réjouit sans hâte, on profite. Par contre, on me pose un cathéter et on m'injecte un antibiotique : cela fait plus de douze heures que j'ai perdu les eaux. La peur de l'infection rode, elle ne m'atteint pas.
Nous dînons ensuite dans notre chambre avec la sensation que c'est notre dernier repas en tête à tête. Les contractions s'intensifient. Nous profitons de chaque instant. On a la certitude de vivre un moment privilégié.
Après le repas, Olivier rentre à la maison chercher mon ballon car je sens que cela va encore durer. A son retour je lui propose de se coucher car mieux vaut qu'il se repose et qu'il ne soit pas fatigué quand j'aurai besoin de lui. En cas de problème, je le réveillerai. Je suis en confiance, j'ai des contractions toutes les six minutes, j'ai ma musique, mon ballon, mes respirations, mes beaux souvenirs de grossesse et le sourire de Martine qui m'accompagne. Je passe ainsi la nuit à côté d'Olivier qui dort paisiblement. Toutes les quatre heures, on me ré-injecte de l'antibiotique. Entre chaque contraction, je m'endors assise par terre le dos au ballon. Je ne tiens pas couchée. Pour chaque contraction, un son, une pensée ou un souffle, de la joie dans tous les cas.
A 6 heures du matin – soit un peu plus de 24 heures après la perte des eaux, on m'invite à un nouvel examen. Je réveille Olivier. Le col commence à s'ouvrir correctement. Je suis ravie mais l'appétit vient à me manquer lors du petit déjeuner. Il est 9 heures, j'ai des contractions toutes les quatre minutes.
C'est à ce moment qu'une nouvelle sage-femme fait irruption dans notre chambre. Au premier regard, on comprend tout de suite qu'elle n'est pas tendre. A ses premiers mots, on apprend de plus que, pour elle, un bel accouchement est un accouchement bien maitrisé, c'est à dire bien médicalisé. Elle nous annonce sans la moindre douceur qu'on déclenche l'accouchement à grand renfort d’ocytocine. Je ne cherche pas à lutter, je ne chercher pas à m'opposer, je ne cherche pas à lui dire tout le mal que je pense de sa manière de nous parler. Je laisse couler et on la suis vers la salle d'accouchement mais j'ai le cœur brisé. Pourquoi le cœur brisé ? Juste parce que je n'ai pas accès à la salle « nature », à sa piscine... Parce que la sage-femme sur laquelle on tombe est froide, revêche. On dirait qu'elle n'aime pas son travail. Une vague de découragement me fait pleurer.
Mais là encore, nous avons eu beaucoup de chance. A peine se rapproche t-on des salles d'accouchement que j'aperçois quelqu'un que je connais. Il s'agit d'une des apprentis yogi grenobloise. Nous nous étions rencontrées lors de ma première séance de yoga-maternité à Grenoble. C'était aussi son premier cours. Nous avions un peu échangé, nous avions découvert que notre date de terme était la même et que nous devions accoucher dans la même maternité. Nous avions souri alors de ces coïncidences. Mais qui aurait pensé que nous accoucherions le même jour à la même heure, deux jours avant terme. Je me jette dans ses bras, nous nous enlaçons. Je suis si heureuse de la voir. Je ne connais même pas son nom.
Nous rentrons ensuite chacune dans nos salles d'accouchement respectives. Elle dans la salle « nature », moi dans une conventionnelle. J'ai alors le cœur léger. Je suis de nouveau pleine de joie et d'énergie. On m'installe la perfusion d’ocytocine, le monitoring. Je leur tourne le dos. Je suis debout à côté de la table d'accouchement, je danse avec Olivier. La sage-femme nous laisse seuls avec un ballon comme chaperon.
Serrés l'un contre l'autre, nous faisons des mouvements du bassin. Olivier me rappelle régulièrement ce que je dois faire pendant les contractions. Cela me rassure profondément. D'ailleurs je n'ai pas vraiment le temps de m'inquiéter car je suis toute bercée par mes sensations.
Première visite de la sage-femme, l'ouverture du col est de 3 centimètres. La sage-femme repart et nous reprenons notre danse. Olivier a faim et surtout froid aux pieds. Dans la précipitation, il est sorti de la chambre sans chaussures. Le voici pieds nus. Il part donc un petit instant se ravitailler et se chauffer. Je reste seule. On a confiance l'un dans l'autre.
A son retour, nous reprenons notre danse. Les contractions continuent de prendre de l'ampleur et je remarque qu'Olivier varie dans ses indications. Il ne laisse pas la monotonie s'installer. Il m'invite notamment à accueillir la contraction pour ensuite la repousser loin dans le sol. Je le suis et ce n'est pas chose simple. J'ai l'impression de lutter contre les contractions à grand renfort de tai-chi – discipline qui lui est familière.
La sage-femme revient au bout de deux heures – soit le double de ce qu'elle avait annoncé. On ne cherche pas à savoir pourquoi, de toutes façons je ne l'attendais pas. Elle m'examine, l'ouverture du col est de 4 centimètres. C'est peu. Elle n'est pas rassurante. Olivier commence à voir la césarienne arriver à grand pas mais se garde bien de me dire quoi que ce soit. Moi, je suis toute à mes sensations. Je me sens en totale confiance, je ne doute pas de la bonne issue de l'aventure.
Par contre, je décide de ne plus suivre les indications trop « tai-chi » d'Olivier. Fini la lutte. Je l'écoute parler, sa voix me suffit. Je garde les contractions pour moi, en moi. Par contre, je les vois comme des pluies de paillettes lumineuses. C'est très agréable. Je suis alors assise sur le ballon, toujours en mouvement, j'ai des contractions toutes les minutes, je m'endors entre chacune d'elles. Olivier veille à ce que je ne tombe pas.
La sage-femme revient, je monte docilement sur la table d'examen sans aucune attente. A peine sa main est-elle à l'intérieur de moi que je ressens la bonne nouvelle qu'elle va annoncer. Le col est ouvert à 7 cm. De joie, je bondis de table. Avec Olivier on est si heureux. Notre fils arrive. Pour moi, 7 c'est pour ainsi dire la dilatation complète. D'ailleurs à peine sur le sol, je sens une présence contre mon sacrum. Quelle joie ! La sage-femme le remarque tout de suite car j'ai envie de pousser. Elle s'active pour l'arrivée imminente.
N'ayant jusqu'ici absolument pas souffert, je suis alors si joyeuse que je ne ressens même plus les contractions. Je suis toute disposée à suivre les instructions de la sage-femme et de la jeune médecin qui nous a rejoint. Elles me demandent de remonter sur la table d'accouchement. Je m'exécute même si j'ai la sensation que je peux et – peut-être dois – rester debout, dans le mouvement. En temps normal, je me serai opposée à leur proposition. Impossible de lutter dans une telle situation, ce sera donc pour notre prochain enfant. Nous testons ensuite différentes positions. Le bébé ne vient pas. Olivier pense que je vais éclater. Il ne me dit rien heureusement. On trouve enfin la bonne position. Lors de chaque poussée j'accompagne notre enfant dans sa descente et entre chaque poussée je détends au maximum mon périnée. On me demande l'estimation de poids de notre fils. Je dis 3,2 kilos. On organise une poussée dite « finale ». Tout le monde pose ses mains sur moi. Je me sens bien. J'adore la chaleur de ses trois paires de mains. Je me sens entourée, choyée, privilégiée. C'est alors que je sens notre fils glisser en moi. Une vague de bonheur m'envahit au passage. Basile est né.

Si on fait un premier bilan...
Cela a duré 35 heures – nous n'avons pas trouvé le temps long.
Je n'ai pas eu de péridurale – je n'en n'ai pas eu besoin.
Nous avons eu la sage-femme la moins adéquate qui soit – elle nous a fait totalement confiance, nous lui en somme très reconnaissants.
La médecin a pris la liberté de m'inciser légèrement – je ne lui en veux pas.
Basile ne pesait pas 3,2 kilos – il en pesait plus de 4 et je ne lui en veux pas non plus.
Je suis fière de notre travail d'équipe.

Le trésor de notre vie

Notre petite Aliya est née le vendredi 19 septembre 2014 à 16h37. J’ai la chance d’avoir pu vivre l’accouchement de mes rêves.

La grossesse
Il faut déjà dire que j’ai vécu une grossesse de rêve. Ce petit bébé grandissant jour après jour en moi, m’apportait sérénité, force, bonheur. Je découvrais les étapes de la grossesse, les unes après les autres, en m’émerveillant à chaque fois de la beauté de la nature et des miracles que notre corps était capable d’accomplir. J’ai assez rapidement connu quelques problèmes liés à la grossesse (placenta positionné trop bas bas, échanges réduits avec ce dernier, saignements, et hypertension). La menace d’un déclenchement avant terme était présente mais plus j’avançais dans ma grossesse, plus Aliya me donnait confiance en elle, en mon corps et en la vie. J’ai l’impression que nous avons fait équipe très tôt, elle et moi. Nous avons travaillé ensemble pour mener à bien cette grossesse et l’accouchement. Je suis constamment restée en contact avec elle, non de façon continue (24h heures sur 24), mais régulièrement et depuis le début. Lorsque j’ai appris que mon placenta était positionné très bas et qu’il ne remontait pas (risque de césarienne), je visualisais mon placenta remonter et je demandais à mon enfant (dont je n’ai pas connu le sexe avant sa naissance) de tirer le placenta vers le haut. Peu à peu, millimètre après millimètre il est remonté jusqu’au jour où j’ai appris la merveilleuse nouvelle : « La position de votre placenta ne vous empêchera pas d’accoucher par voie basse ». Bravo Aliya, bravo mon corps, bravo la vie….et surtout…surtout … merci !

La préparation
Etant donné mon intention d’accoucher le plus naturellement possible, une certaine préparation me semblait fondamentale. J’ai beaucoup lu sur la grossesse et l’accouchement, j’ai fait une trentaine d’heures de yoga prénatal (week-end de yoga prénatal avec mon mari, avec Martine Texier – à Evian et cours de yoga avec Anne Hugo Erni – à Genève), j’ai suivi les cours de préparation à l’accouchement dispensés par une sage-femme de la clinique (avec mon mari), ainsi que les cours de préparation en piscine dispensés par une sage-femme de la clinique. Etant enseignante, j’ai l’immense chance d’avoir pu vivre le dernier trimestre sans travailler (vacances scolaires d’été, puis sous certificat médical pour le 9ème mois de grossesse étant donné mon hypertension). Je pouvais ainsi me reposer avant l’accouchement, continuer à lire, à faire des exercices de yoga à la maison, à prendre plaisir à préparer notre petit nid pour l’arrivée de bébé, etc. Je me suis lancée dans tout un tas d’activités plaisantes (repeindre et décorer un petit meuble pour la chambre de bébé, faire un montage de plusieurs photos de l’évolution de ma grossesse, écrire à mon bébé via un journal que je lui remettrai plus tard, etc). J’essayais également d’être active physiquement (même si je dois avouer ne pas aimer le sport, ni l’effort) et je marchais plusieurs fois par semaine, avec notre chienne Luna. J’effectuais souvent le mouvement de l’infini avec mes hanches, en marchant. J’allais également nager à la piscine. A exactement 9 jours du terme (et à 4 jours de la naissance d’Aliya), je battais mon record de natation … 19 traversées d’un bassin de 50 mètres = 950 mètres de nage, à mon rythme, tranquillement et avec un immense sourire aux lèvres…. J’adore être enceinte !

Tout au long de ma grossesse j’ai été immensément reconnaissante face à la vie de me faire ce si beau cadeau…le plus beau cadeau. Même si être enceinte est naturel et que notre corps est fait pour cela, toutes les femmes n’ont malheureusement pas la chance de pouvoir vivre cela… Et il faut en être consciente et surtout reconnaissante, je pense. Lors des nausées du premier trimestre, lorsque je devais m’absenter 2 minutes de ma classe pour aller aux WC vomir, lors des insomnies à répétition et lors des reflux gastriques présents les 9 mois, qui parfois me brûlaient l'oesophage, j’évitais de trop me plaindre …. Tous ces symptômes étaient là pour une merveilleuse raison, je les accueillais avec le reste. Bien sûr, je suis tout à fait consciente que si j’avais dû travailler lors du dernier trimestre j’aurais certainement vécu tous ces symptômes différemment et avec moins de sérénité.

J - ….
Quelques jours avant l’accouchement mon activité restait identique. J’allais manger avec des amies, me promenais, nageais, je faisais des exercices sur le ballon et des sons vibratoires avec mon mari, je rangeais les placards, faisais le ménage, je buvais de la tisane de framboisiers et prenais de l’homéopathie pour préparer mon col à l’accouchement. Une semaine avant le terme, souhaitant à tout prix éviter une provocation, je m’activais de plus en plus ; nettoyage en profondeur de l’appartement, repassage, lavage des vitres, exercices de visualisation de l’accouchement, exercices de yoga, notamment assise sur le ballon à faire des mouvement de l’infini devant la télé et surtout…surtout…je disais à notre bébé qu’il pouvait maintenant venir quand il le souhaitait, que nous étions fins près pour l’accueillir et que nous nous réjouissions de cette rencontre. Je posais ma main sur mon bas ventre et je lui disais que peu à peu, s’il le souhaitait, bébé pouvait venir par ici, que le chemin à entreprendre pour nous rencontrer était celui-ci. Le soir avant la venue au monde d’Aliya (à terme – 6 jours), je suis allée manger avec des amies très proches. Nous avons ris et passé une excellente soirée. En rentrant, j’ai eu une grande discussion avec mon bébé. Je lui disais qu’elle pouvait venir quand elle le souhaitait, qu’elle pouvait le faire dès maintenant ou attendre encore un peu, mais que la seule chose que je lui demandais était de ne pas trop dépasser le terme car je souhaitais vraiment éviter un déclenchement… Aussi, étant donné à quel point j’ai adoré être enceinte, j’avais peur d’effectuer ce fameux blocage psychologique plusieurs fois rencontré dans mes lectures. En effet, accoucher voulait dire connaître enfin notre enfant, mais cela signifiait également renoncer à un état (être enceinte) si profondément apprécié. Je parlais de cela à mon bébé en lui disant que si j’adorais la sentir dans mon ventre et que certainement cela me manquerait, je me réjouissais de pouvoir vivre de nouvelles choses dès sa naissance : lui faire des bisous, des massages, etc.

Le plus beau jour de notre vie
Vendredi 19 septembre 2014, le lendemain de ma grande discussion avec bébé, alors que mon mari était parti travailler vers 6h00 du matin, j’étais allongée dans le lit et je sentais bébé bouger plus que d’habitude. A 8h30 j’ai entendu un grand « CLOC » dans mon ventre. J’ai pensé : « Est-ce le grand jour… ? ». Je suis allée aux toilettes et à peine arrivée là-bas, j’ai senti les chutes du Niagara couler sur mes jambes. « Oui c’est bien aujourd’hui que nous allons rencontrer notre bébé et savoir s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon ». J’envoie un message à mon mari et il me répond de suite qu’il arrive. J’appelle la clinique pour savoir combien de temps je peux rester à la maison avant d’y aller. Il faudrait que j’y sois pour 10h00. Dans l’idéal, j’aurais souhaité faire un maximum de contractions à la maison, attendre le dernier moment ou presque avant de partir pour la clinique, mais étant donné que mon travail a commencé par la rupture de la poche, je ne pouvais pas rester à la maison…. « Ce n’est pas grave….je l’accepte ». Je me sens sereine et en même temps une petite appréhension est là… pas par rapport à l’accouchement, mais plutôt par rapport au temps qu’il me reste pour rassembler les dernières affaires avant de partir à la clinique. Mon mari arrive, j’envoie quelques photos rigolotes à ma sœur et mes amies et c’est parti…on part à la clinique.

10h10 Catherine, une sage-femme très sympathique, me met dans une salle de naissance (sans baignoire) et lit mon projet de naissance. Elle est très ouverte et accepte les différents points. Prise de tension (tjs assez haute, comme durant toute la grossesse) et mise en place du monitoring. Je ressens quelques légères contractions. Je demande à la sage-femme si elle pense que ce sera elle qui m’accouchera et elle m’explique que ça l’étonnerait bcp, car mes contractions ne sont pour l’instant pas efficaces et elle finit son tour à 19h00. Mon gynécologue vient me voir. Si le travail n’a pas commencé d’ici 8 heures de temps, ils me provoqueront. J’espère de tout cœur que je pourrai éviter cela. Je commence alors à positionner ma main vers le bas de mon ventre et à guider mon bébé « C’est ici que tu dois venir mon petit bébé. C’est par ici le chemin. On va bientôt se rencontrer. On va travailler ensemble pendant cet accouchement d’accord mon bébé ? ».

12h00 Catherine, la sage-femme m’installe dans la salle de naissance n° 2 (celle avec la baignoire) et m’apporte un ballon. Les contractions sont bel et bien présentes et de plus en plus intenses. Je me dis « Ce n’est que le début…arriverais-je sans péridurale ? Allez…j’y vais étape après étape...on verra bien ! ». Peu à peu, je commence à émettre des sons et des vibrations à l’expiration. Je fais mes exercices sur le ballon. Je répète les mouvements de l’infini sans cesse, ils m’apaisent. Je continue de guider bébé avec ma voix et ma main. Je reste toujours à la verticale.

Les contractions me demandent maintenant toute une concentration, je suis dans ma bulle. J’ai mal, mais je les accueille, je leurs dis qu’elles sont les bienvenues, je les sais bienveillantes, je sais que seules elles me permettront de venir à la rencontre de notre bébé. A chaque contraction je m’efforce de me détendre le plus possible. J’alterne grande expiration de détente avec la visualisation de la vague. Je reste à la verticale ou alors assise sur le ballon. Je me laisse porter par la musique que j’avais apportée et qu’Aliya a bcp écoutée durant la grossesse. Je ne cesse de parler à mon bébé à haute voix ou à l’intérieur de moi, je lui dis qu’elle fait du très bon travail. Nous travaillons ensemble dans cet accouchement.

Les contractions sont de plus en plus difficiles à supporter. Je demande à mon mari de se mettre debout derrière moi et de faire le mouvement de l’infini avec moi. Je ne suis pas sûre d’y arriver…. J’aimerais tant pourtant ! Moi, Monica, l’angoissée de service, qui depuis de très fortes crises d’angoisses à l’âge de 18 ans s’est toujours considérée et se considère toujours comme quelqu’un d’extrêmement fragile….j’ai besoin de faire qqch où je me dépasse, qqch où je me sentirai fière de moi. J’aimerais tant y arriver, mais cela me semble vraiment difficile.

Catherine, la sage-femme vient m’ausculter, je suis dilatée à 2 centimètres. Je lui dis que c’est de plus en plus difficile. Elle m’explique que j’ai tout le temps de demander la péridurale, même à 8 ou 9 de dilatation, donc que je ne me mette pas de pression. Elle ajoute que j’essaie d’aller le plus loin possible et qu’on verra bien. Ses mots me rassurent. « Allez, j’essaie encore et on verra bien. C’est de plus en plus difficile mais c’est encore supportable. » Catherine me propose la baignoire. Je m’y mets et j’essaie de me détendre un maximum. L’eau me fait bcp de bien, mais d’un autre côté il m’est difficile de trouver une position confortable dans la baignoire. Lors des contractions je me mets à 4 pattes, je n’entends plus ce qu’il se passe autour de moi. Complètement dans ma bulle, à tenter de me détendre là en-bas et de visualiser que mon col s’ouvre à chaque fois. Je continue de guider Aliya mais cela m’est de plus en plus difficile de ne pas perdre mes moyens. Il m’est impossible de ne plus me crisper, mais je m’efforce de crisper tout le haut de mon corps (mes bras, mes mains) et le bas (jambes et pieds) mais de laisser mon bassin, mon utérus et mon ventre totalement détendus. Je continue à imaginer un col à chaque fois plus ouvert et un petit bébé qui se rapproche de plus en plus de la sortie.

Puis, à la suite d’une contraction je me laisse glisser dans la baignoire, sur le dos. Les oreilles dans l’eau. Je profite de cette merveilleuse détente. Que c’est bon ! Et tout à coup, une envie irrépressible de pousser s’offre à moi. Je crie « J’ai envie de pousser !!! » Catherine, entre dans la salle à ce moment là et me demande de me retenir le temps de sortir de la baignoire.

15h40 Elle et mon mari m’aident à sortir de la baignoire. Je m’installe alors sur le lit et me mets instinctivement à 4 pattes. Elle m’ausculte et remarque que je commence à paniquer. Elle me dit alors : « Monica, regardez-moi ! Vous commencez à paniquer car vous comprenez que vous êtes en train d’entrer dans la phase active du travail. Vous êtes dilatée à 9 Monica ! ». Je n’en crois pas mes oreilles ! « Merci ! Merci la vie ! Merci tout le monde ! Merci mon corps ! Merci mon petit bébé ! Merci toute cette préparation au yoga. Normalement, d’ici quelques minutes j’aurais notre bébé dans mes bras. ! »

Catherine me demande de me retenir le temps qu’elle puisse préparer la salle et appeler mon gynécologue. Ce dernier arrive. Catherine lui explique que j’ai adopté cette position à 4 pattes instinctivement et que s’il est d’accord, pour elle ça lui va tout à fait comme position pour accoucher « Quelle équipe formidable ! », me dis-je.

16h05 Début des poussées. Là encore, je m’entends parler à Aliya à haute voix « Vas-y mon bébé, viens mon bébé ! Allez ! » Je demande si je fais juste, si je fais bien. Catherine et le gynécologue me rassurent et me motivent sans cesse. Mon mari me tient la main, m’encourage, me félicite. Il est d’un soutien incroyable et garde son sang froid, je suis si fière de lui ! Pourtant ça doit être horrible pour lui de me voir souffrir ainsi. Après quelques poussées à 4 pattes, le gynécologue me propose une autre position ; sur le côté et me demande de pousser sur sa main. Il me parle d’une manière douce et réconfortante. Je ferme les yeux presque tout le long, je reste dans ma bulle et ne sais pas combien de personnes sont autour de moi, par moment je ne sais pas exactement qui me parle, mais je me sens en confiance et entre de bonnes mains. Mon gynécologue me propose alors une dernière position (sur le dos) et continue de me guider avec sa main pour que je sache où pousser. Je sens que ça tire, je me demande si ça va passer. J’ai peur que tout se déchire. J’ai peur de pousser et hésite à retenir un peu. Puis, rapidement je me résonne en me disant que c’est normal que je me demande si ça va passer ou pas, que toutes les femmes doivent se poser la même question, alors je pousse fort, très fort. Je dis « j’en peux plus » et mon gynécologue me dit : « Si ce n’est pas à et 36 (minute 36) ce sera à 37, vous y êtes presque ! Encore une poussée et votre bébé sera là ». Je puise encore dans mes réserves d’énergie et pousse encore de toutes mes forces. « La tête est là » entends-je. Encore une dernière poussée pour les épaules et j’entends « Ne poussez plus » Je laisse alors ma tête retomber, je savoure ce moment de non-effort. Je sais que d’ici quelques secondes elle sera dans mes bras. Je demande à mon mari de me dire le sexe. Je l’entends me dire tout ému, entre rire nerveux et larmes « C’est une petite fille ! » On me pose Aliya sur mon corps et toujours très respectueux de mon projet de naissance, on me laisse lui donner le sein pendant que le papa coupe le cordon (je ne me souviens pas de ce moment). Papa et moi sommes sur un petit nuage. Ma fille est là, parmi nous. Je sens la chaleur de son corps et de son souffle sur mon corps. Que la vie est belle ! Que ma reconnaissance est grande ! Merci ! Merci du plus profond de mon cœur ! La sage-femme qui s’occupe d’habiller Aliya dit à mon mari qu’elle a un visage très serein et qu’elle ne semble pas avoir souffert du tout pendant l’accouchement. Aliya a les yeux ouverts et est déjà très éveillée pour une nouvelle-née.

Monica et Felipe


Naissance Abel

Bonjour Martine,
voilà un peu plus de deux semaines qu'Abel a vu le jour, et comme je sais que tu adore les récits de naissance, voici le notre...
mais d'abord, on voulait te dire encore à quel point la semaine de stage avec toi début juillet a été porteuse et ressourçante, tellement riche et profonde.

le samedi 2 aout, j'ai passé une journée très bizarre. j'étais à fleur de peau, toute sensible, à pleurer sans raison (je crois que je commençais à me liquéfier !!). Et puis la nuit de samedi à dimanche j'ai eu quelques contractions, j'ai pas très bien dormi. C'est au petit matin que ça a commencé vraiment, dans mon lit, j'avais l'impression que dès que je bougeais un peu, ça me déclenchait une contraction, j'osais plus me tourner ! Puis Zélie s'est réveillée vers 8h30, Simon est descendu avec elle pour le petit dej, je les ai rejoint. j'étais sur mon ballon, à table avec eux, mais je n'ai rien pu manger. j'avais de plus en plus de contractions. Alors on a appelé notre sage-femme pour la prévenir qu'il se passait un truc là ! mais on osait pas trop s'emballer et se dire que le travail commençait pour de bon, parce que pour Zélie, ça avait été tellement long. Je suis remonté dans ma chambre, je vivais les contractions comme je pouvais, je faisais la respiration de la vague à chaque fois, je visualisais mon col qui s'ouvrait de plus en plus. Vers 10h Simon a appelé nos amis Tibo et Julie pour qu'ils viennent chercher Zélie, on lui a bien expliqué ce qu'il se passait, elle est partie toute sereine. Moi j'ai pris un bain, pendant que je sentais que mon Simon était en train de préparer notre chambre et notre lit pour l'accueil de l'enfant. C'était de plus en plus intense et même entre les contractions j'avais du mal à me détendre complètement parce que mine de rien ça fait quand même bien mal !!! Les deux dernières heures, on les a passées en osmose, Simon, le bébé et moi. l'intensité était au maximum, je bougeais en cherchant les positions que mon corps me dictait, Simon m'accompagnait avec tant de douceur de justesse. Debout suspendue à son cou, sur le ballon, à quatre pattes, mouvements de l'infini, ses grandes mains qui appuient sur mon sacrum, un très beau moment à chanter des "oui", moi appuyée contre lui. La tempête me traversait, il était là, mon rocher. Sybille, notre sage-femme, est arrivée à 12h40 (Simon l'avait rappelée), elle est entrée tout doucement dans la chambre et sans m'examiner, juste aux sons que je faisais, elle a senti le bébé arriver, moi aussi, j'avais envie de pousser. J'étais à quatre pattes sur notre lit, appuyée sur le ballon. Une contraction, je pousse et la poche des eaux se perce. La suivante, la tête du bébé est là. Sybille me demande de me mettre accroupie pour le passage de épaules, Simon me soutient, une contraction, et le voilà... a 12h58. Il est là, c'est un p'tit gars, tout bleu, mais je n'ai aucun moment de peur, je le prends dans mes bras, je m'allonge. La tempête se calme. Sybille n'en revient pas de la taille de l'enfant, moi je ne me rend pas compte. On reste un moment là, allongés tous les trois, en extase. Puis Simon coupe le cordon, et moi je sens que j'ai envie de sortir le placenta, je me remet accroupi et hop le voilà. Sybille est restée 1h30 après la naissance, le temps de s'occuper un peu de moi (elle m'a fait deux petits points), de voir Abel prendre le sein, de le peser et attention, 4kg730, j'en revenais pas ! et de nous laisser tout bien dans notre bulle d'amour, Abel retrouvant un peu des couleurs... ! quelques heures plus tard, Zélie est venue rencontrer son petit frère, elle était trop douce, et nous on pleurait de joie.
Cette naissance a été magnifique. On a accompagné la venue au monde d'Abel avec une grande sérénité. Avec le recul, j'ai vraiment la sensation d'avoir été traversée par une tempête, un ouragan dans mon corps. Et puis ce calme après... j'avais tellement l'image de la mer toute calme après la tempête. C'était trop bon ! Le yoga nous a beaucoup aidés, m'a beaucoup aidée. Depuis le stage, tous les jours, je faisais quelques postures, quelques visualisations, j'ouvrais les portes, et pendant la naissance, je ne me disais pas "tiens si je faisais du yoga !", mais ce dont j'avais besoin venait tout seul.
Voilà, Simon t'écrira peut-être sa version d'ici quelques temps...
merci encore à toi pour ces petites portes ouvertes dans nos corps, à très bientôt
Marine

Naissance de Melvil

Cette naissance a été bien différente de celle du grand frère et bien différente de ce que j'avais imaginé. Même l'enfant est très différent , c'est beau à vivre cet inattendu .

J'attendais les contractions pour Pâques, elles ont effectivement commencé dans cette période là, mais l'enfant n'est venu que 2 semaines plus tard. Plusieurs jours de suite je me suis couchée quasiment convaincue que je partirai dans la nuit et rien ne se passait. Le terme étant dépassé, je me suis couchée un soir sans ressentir de contraction. Confiante devant une nuit tranquille, je me suis endormie très vite. A 3 heures du matin, réveil en sursaut, ça a fait "clac" à l'intérieur, un peu de liquide s'écoule, je me lève, vérifie que le liquide est clair et me recouche convaincue qu'il me faudra plusieurs heures avant de me mettre vraiment en travail. A peine 2 minutes plus tard, un nouveau "clac" à l'intérieur, la deuxième membrane qui cède et une immense contraction qui l'accompagne.

Cette fois j'ai compris ma nuit est finie, je réveille mon homme et finis de préparer mes affaires. Les contractions se succèdent, immenses et puissantes vagues très très rapprochées, à peine 2 minutes entre chaque. Pour chacune je m'accroupis, inutile de lutter, tout m'entraîne vers le bas. J'ai toutes les peines à donner les derniers conseils au parrain de notre aîné qui est arrivé pour le garder. La sage-femme de la maison de naissance une fois appelée, nous prenons la route. Une grosse demi-heure de route, à califourchon sur le siège arrière parce que s'asseoir n'est plus possible. Respirer calmement, profondément et s'ouvrir c'étaient mes deux pensées pendant ce trajet.

Arrivée à la maison de naissance, très bonne surprise, je suis déjà à 8 cm de dilatation .Pour Etienne, mon fils ainé, j'avais stagné plusieurs heures à 4 cm et on avait dû se rendre à l'hôpital pour poser une perf de syntocinon. Alors ces 8 cm après à peine 2 heures de travail, c'était inespéré et très encourageant pour moi, j'ai eu l'impression que c'était comme déjà gagné.

En réalité l'aventure commençait car notre petit deuxième est bien plus gros et grand que son aîné, la descente en toboggan dans mon bassin s'est faite très lentement , comme si c'était un premier enfant. Mais pendant ces dernières heures, je n'ai jamais ressenti de douleur, le mot d'intensité est juste. Je ressentais de l'intérieur tout mon corps en oeuvre pour faire progresser, avancer ce bébé. Je n'avais qu'à laisser s'ouvrir. J'étais la plupart du temps à quatres pattes ou assise sur les talons et surtout fermement accrochée à mon compagnon. Je l'ai poussé, tiré à la mesure de mes sensations et n'avais besoin que d'une chose qu'il ne bouge absolument pas, qu'il reste le phare dans la tempête.

Puis j'ai senti le bébé enfin plus bas, la sage-femme m'a proposée une position pour la naissance, qui me déplaisait un peu, mais en bougeant pour m'installer j'ai trouvé ma position : accroupie, suspendue à mon homme qui s'est placé derrière moi. Un peu incomfortable pour lui, mais ce ne fut pas long, l'enfant est venu au monde en 3 contractions, 2 pour la tête et une pour ses larges épaules de beau bébé de 3.9kg.

Melvil a rejoint notre famille, je continue de le découvrir dans toute son originalité. Son grand frère lui ne se pose pas de question, depuis que ce petit être a passé la porte quelques heures après sa naissance, il le couvre de bisous et de câlins, du grand bonheur pour nous.

Je vous embrasse et à bientôt !
Lauriane

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La naissance d'Isis Swara - Divine et transformatrice

Isis Swara est née à l'Hermitage vers 4h le 27 février dans la présence de son papa Julien. Sa naissance fut pour moi la culmination de ces dernières années de recherche, expérimentation et réflexion dans la domaine du yoga et de la naissance.
Fluide, rapide et complètement en accord avec les forces de la nature, cet événement à confirmé pour moi que la naissance est une acte potentiellement transformateur, pas que pour la maman, mais aussi pour le papa et le couple. Les répercussions d'une telle expérience, même s'il a lieu dans un sphère protégée et intime, ont sans doute un effet vibratoire, énergétique sur un plan plus élargie, ouvrant la porte aux autres à vivre la naissance dans sa vraie dimension; sacrée, initiatique, élémentaire.
Pendant les semaines qui ont précédé la naissance, ma pratique de yoga est devenue de plus en plus affinée, subtile, intériorisée. La présence d'Isis dans mon ventre m'a permis de m'asseoir à la fin de chaque séance dans un immobilité dynamique et un silence résonnant pendant quelque temps ; quelque chose qui fut impossible pour moi au début de la grossesse quand j'étais plutôt peureuse et donc pas très stable. Ce dégré de finesse et de profondeur était nouveau pour moi, c'était d'une nouvelle qualité presque impossible à décrire en mots, mais tout à fait aligné avec la présence d'Isis et notre union.
Le travail n'a duré qu'une heure et demi à peu près. Pris par la rapidité et l'énergie de cette naissance nous avons fait l'essentiel pour suivre le chemin montré par Isis et par les forces divines.
Me levant vers 2h30 pour aller aux toilettes, j'avais déjà les sensations et circulations d'énergie dans mon bassin d'une certain intensité. Je me suis connectée très consciemment à l'énergie Apana, en faisant des mouvements de l'infini très minimes en posture accroupie et en me massant les jambes avec des gestes fluides et descendants.  Pas longtemps après j'ai appelé Julien en lui demandant de préparer la piscine et le feu ( Isis est née dans l'eau comme ses deux frères).
Une fois arrivée dans la 'salle d'accouchement' je lui ai demandé de ne pas me quitter, d'être entièrement présent pour moi car j'avais besoin de sa force afin de pouvoir me livrer complètement aux forces qui me traversaient, au magnitude de ces énergies si magnifiques.
Je me suis mise dans l'eau et très peu de temps après, au moment de la dilatation complète, je lui ai demandé d'être ma 'terre' et de me rappeler d'aller vers la terre si jamais j'avais peur. Je l’ai guidé très précisément concernant la pression et le degré de force qu'il me fallait sur la sacrum (il lui fallait au moins la force égale à ce qui m'a traversée donc c'était bien intense pour lui!). Nous sommes devenus 'une force' en quelque sorte, et vers la fin il m'a rejoint spontanément dans les vibrations sonores comme si on 'appelait notre fille à s'incarner, à nous rejoindre.
En relâchant de plus en plus j'ai pu, on a pu, accueillir Isis dans la douceur, en plein conscience, c'était très beau de sentir sa tête, son corps, son être, tout calme, sortir. Simple. Fluide. Essentiel. Nul besoin de dire combien cette naissance a soigné notre couple.
Mes enseignants de yoga mont appris qu'Isis est née la nuit de Maha Shivaratri, une fête hindou et yogique très importante qui signifie le mariage divin entre Shiva et Shakti (les énergies masculines et féminines du cosmos et de la création).  C'est donc pas anodin si c'est exactement cela que j'ai pu expérimenter en mettant en monde notre fille 'ensemble' avec Julien.
Le lendemain je me suis rendue compte que j'ai pu expérimenter tout ce que j'ai osé rêver au fond de moi, dans l'intimité de mon cœur profond.
Il y a plus à vous raconter, mais je dois profiter qu'Isis dort maintenant et aller faire dodo moi même.
Au plaisir de vous voir, de partager bientôt,
Alexandra

Naissance de Victor à la maison le 24 décembre 2013

Récit de Mathieu : Les jours précédents le terme, je me demandais si Victor arriverait plus tôt, et est-ce que je serais vraiment prêt. A 3:00 du matin, enfin Marie m'annonce que cela se fera aujourd’hui. Fort de l'expérience avec Léonard, je savais qu'on avait le temps pour préparer son arrivée à la maison. Marie a fait couler un bain, et a appelé la sage-femme qui lui a dit : " de ne pas le prendre", à cause de la fréquences des contractions et de son temps de trajet d'une d'heure. J'ai attendu qu'elle arrive pour emmener Léonard chez mon frère. Quand je suis rentrée, la sage femme avait tout préparé dans le salon, et je savais que cela allait très vite car j'ai retrouvé les mêmes attitudes et sons que lors du premier accouchement. J'ai vu le bonheur de ma femme comme jamais quand la sage-femme a dit " c'est maintenant qu'il faut tout lacher", parce que Marie pleurait de bonheur. Puis les contractions se sont accélérées, Marie s'est installée à quatre pattes, et je la rassurait dans mes bras. Quand on était tout proche de l’expulsion, la sage-femme a demandé à Marie de changer de position, elle s'est mise sur le dos. Je voyais la sage-femme qui accompagnait Victor vers la sortie et il est arrivé exactement comme on enfile un col roulé, sans à coup. Quand elle l'a posé sur son ventre, il a peu pleuré, mais il avait déjà les yeux grand ouverts et il était parmi nous.
J'étais tellement heureux qu'on est réussi, sans soucis et aussi rapidement, rassuré que Marie n'est eu aucune complication, et qu'il soit enfin là, en pleine forme, de la même façon que je l'avait imaginé.Comme si cela n'avait pas pu être autrement.C'est tellement incroyable de l’accueillir chez soi comme un nouveau membre d'une famille qui nous rejoint.Même si ce mois- ci Victor grandit vite et change presque tous les jours, je garderais toujours en mémoire son visage et son premier cri.Une fois le placenta extrait, la sage-femme m'a proposé de le voir, étalé dans la salle de bain, et j'ai pas pu m’empêcher de le prendre en photo, car je savais que je ne reverrais jamais cela de ma vie, c'est une curiosité de l'être humain, quelque chose d'étrange et de fascinant.

Il y a deux ans, quand Marie m'a proposé l'idée d'accoucher nos enfants à la maison , j'ai du réagir comme beaucoup de gens en rejetant l'idée.On peut dire que j'étais vraiment dans l’ignorance et les préjugés, comme dans beaucoup cas dans notre société. Mais maintenant, après tout ce parcours, j'ai très largement changé d'avis.Surtout par la rencontre avec les sages-femmes qui nous ont aidées par leur confiance, particulièrement Laure Parisod par sa discrétion, son professionnalisme et sa présence chaleureuse.

Récit de Marie : Je dirais que l'accouchement à commencé la 23 au soir, quand je me suis couchée et que j'ai lâcher-prise en me disant que je faisais confiance à Victor pour arriver quand il voulait, même si cela voulait dire quelques complications d'organisation, garde de Léonard, congés de Mathieu difficiles...Et le 24 au matin je me suis réveillée à 3:00 du matin, un peu vaseuse, croyant rêver que cela arrivait vraiment, une heure plus tard alors que les contractions étaient vraiment rapprochées et fortes, je n'avais plus de doutes ! j'ai appelé la sage-femme, et je rigolais pas trop vu l'intensité des contractions et me disais que la journée allait être longue. J'étais pas trop sûr de ce qui allait se passer. puis on a rigolé un bon coup avec Mathieu, et les hormones ont fait le reste ! Quand la sage-femme est arrivée je lui ai dit que je sentais que j'étais dilatée à 2-3 cm, c'était vrai. Cela m'a rassurée, j'avais passé le début en dormant, et j'étais déjà bien avancée dans le travail. Puis tout s'est mis en place comme un puzzle: les conseils reçus par tous, Martine, avec la liquéfaction, la respiration de la vague, les mouvements de l'infini, la connexion entre le cosmos et la terre, les générations entière avant moi de femme....Les paroles des couples, des futurs et anciens parents, L'ENERGIE DE LA MATERNITE quoi. Ce qui est frappant c'est qu'avec mon mari , on est assez dans le mental, et là rien du tout, que du ressenti, une profonde plénitude. Le travail s'est effectué simplement, tout en douceur et en lien avec Victor, et accompagné par Mathieu. Je savais quand la contraction permettait à Victor de descendre, ou quand elles ouvraient le col, une pleine conscience, avec des moments de relâchement forts appréciés entre des contractions acceptables. Vers la fin de la dilatation, c'était plus difficile, j'ai eu un moment de panique, la sage-femme m'a aidé à me ressaisir, c'était un " tais-toi et pousse" avec les formes, quand elle a senti que les sons se transformaient en cris, mais nécessaire pour ne pas m'engager dans la souffrance et rester connectée avec mon bébé. Ensuite la poussée pour l'emmener vers la vie du dehors, sereine malgré la sensation de brulure des muscles qui s'étirent pour le laisser sortir. Et puis , il était là, j'ai pas tout de suite réalisé que je venais de mettre au monde un enfant, et en plus c'était mon fils chéri que j'aime. Vraiment c'est magique ! Cela a prit 5h de travail et quelques jours pour intégrer l'information, les émotions, et tout, et tout...On est super heureux, et encore un énorme merci à tous pour nous avoir accompagné pendant ces deux ans vers mes deux grossesses et accouchements merveilleux. Maintenant on va profiter un peu de la vie à 4:
Un conseil pour les futures parents : prenez votre temps c'est possible d'accoucher tout simplement, tout doucement, et lâcher-prise autant que vous pouvez !

Marie et Mathieu

La belle naissance de Clément le 31 octobre 2013

Clément aurait dû arriver autour du 11 novembre, mais mon diabète gestationnel en a décidé autrement. Malgré le régime et l’insuline, les glycémies ne voulaient pas se stabiliser et l’équipe médicale a décidé d’anticiper la naissance. A cette nouvelle, j’ai été paniquée, désirant une naissance naturelle. Pas prête à cela, pas prête dans ma tête, j’avais besoin d’un peu plus de temps.
Avant de décider de faire ou non le déclenchement, l’équipe médicale m’a prescrit de l’acupuncture pour maturer le col. Parallèlement, Martine m’avait indiqué comment me préparer au mieux pour que, si un déclenchement était prévu, j’accouche avant. Le 29 octobre, après la cinquième séance d’acupuncture, le médecin de garde a décidé de prendre rendez-vous 2 jours plus tard pour déclencher la maturation du col artificiellement. Alors, j’ai accepté cette décision, j’ai changé d’attitude, en décidant de m’activer un maximum (ménage…), en allant nager, pour accélérer les choses. Au fond, j’espérais que la naissance vienne toute seule avant ce rendez-vous. J’ai fait des séries de génuflexions, plusieurs fois dans la journée. J’ai fait du yoga, en intensifiant les exercices d’ouverture du bassin. Le bébé était, par ailleurs, placé du côté droit. La dernière nuit, j’ai adopté une position conseillée par la sage-femme pour le faire bouger. Le dernier soir, ambiance particulière. Je savais que, dans les 48h, je serai maman… j’ai longuement parlé au bébé, pour lui expliquer que le lendemain, sauf s’il souhaitait venir au monde avant, sa naissance serait accélérée, pour son bien, pour mon bien.
J’ai eu quelques contractions dans la nuit mais rien d’alarmant. Le 31 octobre, il faisait beau. Xavier et moi avons pris un bon petit déjeuner dans notre cuisine ensoleillée. J’étais sereine. Nous sommes allés à pied, sans souffrance, jusqu’à la maternité. Je savais que je n’en sortirai pas de la même manière.
A 10h40, on m’a mis un gel pour accélérer le travail. J’avais 24h avant la mise en place de la perfusion avec ocytocines de synthèse. Déjà, la belle surprise du matin, le bébé avait bougé dans la nuit et était à gauche. J’ai eu 2h de monitoring, puis on m’a installée dans ma chambre. Je devais y rester jusqu’à ce que le travail débute. Ca n’a pas tardé : à 14h, j’avais 2 minutes de répit entre 2 contractions… assise sur un ballon, je commençais à déguster. J’ai donc été transférée en salle nature où un bain chaud m’attendait. Quel bonheur de se détendre dans cette eau chaude ! à chaque contraction, je serrais violemment le poignet de Xavier. Lui me prenait la cuisse pour détourner la douleur.
Ensuite, j’ai perdu toute notion du temps. Je me souviens simplement que le premier examen du col indiquait 3 cm. La douleur étant difficile à supporter, j’ai été soulagée par un peu de nubin (morphine sans ses effets secondaires).
Au bout d’un certain temps, j’ai trouvé la position allongée de la baignoire insupportable : le bain a été vidé, j’ai eu l’impression de partir moi aussi dans le siphon. Un nouvel examen a indiqué 8 cm de dilatation. Les examens, sur le lit d’accouchement, étaient tout aussi insupportables : je gardais en tête « verticalité, mobilité ». le ballon, hors de question, je ne le supportais plus. Les espaliers par contre, me permettaient de faire le mouvement de l’infini durant les phases de détente et de faire quelques génuflexions. Pendant les contractions, j’attrapais la main de Xavier en la serrant au plus fort et je « chantais ». Il me répétait « imagine le col en train de s’ouvrir, le bébé en train de descendre ». et puis, j’ai ressenti une immense envie de pousser. Un dernier contrôle a indiqué une dilatation complète ! le sage-femme qui nous a accompagné dans cette dernière étape m’a demandé dans quelle position je souhaitais me mettre, j’ai opté pour la position accroupie, toujours avec ce souhait de garder la verticalité. Il a suggéré alors que je me mette sur le lit d’accouchement, à genoux, face au dossier du lit relevé, en m’accrochant au dossier. Il a ensuite proposé à Xavier de se mettre face à moi, derrière le dossier du lit. Les poussées ont duré un certain temps que je ne saurai estimer. C’était curieux, pas de douleur, juste cette irrépressible besoin de pousser et une certaine frustration, même, que les contractions ne durent pas assez longtemps pour m’aider dans la poussée... Au bout d’un moment, l’ouverture du périnée a un peu chauffé. Je me suis mise accroupie, me relevant pour prendre de l’élan et m’accrochant au cou de Xavier, lui me pressant les trapèzes. A 22H18, lors d’une dernière poussée où tout est allé très vite, un bébé est né, quel bonheur… une naissance à 3, une belle naissance. Merci Xavier, merci Clément, merci au sage-femme de nous avoir accompagnés et soutenus dans notre projet de naissance, merci Martine pour cette préparation, cet état de détente et d’ouverture qui m’ont habitée ces dernières semaines.

EliseLire la suite...

Théo le 19 novembre 2013

Laurent pensait que Théo allait naître le 13 novembre, la gynéco aussi. L’échographe estimait la naissance plutôt vers le 16… Nous attendions donc doucement le jour J ! Petite balade dans la garrigue ou à la mer…Lire la suite...

Tess le 24 novembre 2013

Chère Martine,
je t’annonce la venue dans ce monde de notre petite Tess.

Nous avons réussi un accouchement naturel, quelle joie immense, tu t’en doutes!

Tout s’est déroulé normalement, le travail s’est fait tout doucement et a duré 5 heures en tout et pour tout. Je suis si remplie d’émotions fortes d’avoir pu mettre au monde mon deuxième enfant sans épisodes catastrophes.Lire la suite...

Diane le 30 août 2013

nous sommes heureux de t'annoncer la naissance de Diane le vendredi 30 août à 1h30, et quelle naissance !! Un éclair ! Elle a déjoué tous nos plans...
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Neelam le 26 avril 2013

Bonjour Martine!
nous tenions avec Alexandre à te faire part de la venue sur Terre de notre jolie Neelam le 26 avril!
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Elliot est arrivé le 8 mai 2013 pour notre plus grand bonheur !

Bonjour Martine,

J'espère que vous allez bien.

Elliot est arrivé le 8 mai 2013 pour notre plus grand bonheur !
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Joshua le 25 juin 2012

Voilà enfin mon récit d’accouchement. J’ai eu beaucoup de plaisir à me replonger dans ses souvenirs 7 mois après (et je m’inspire de ce que j’avais écrit quelques jours après la naissance)

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Titouan le 5 janvier 2013

Je vais essayer de vous raconter avec mes mots et mes souvenirs ce que j'ai vécu pendant la naissance de mon bébé Titouan.
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Siane le 16 novembre 2012

coucou Martine!

Nous sommes tout heureux de t'annoncer la naissance de notre petite Siane! elle est née jeudi 15 novembre, par une belle journée ensoleillée... voici quelques photos.
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Les ouvrages du bon sens

Accouchement, naissance
Un chemin initiatique

Martine Texier propose une démarche pour prendre conscience du chemin initiatique que peut constituer l'expérience de la mise au monde d'un enfant, et vivre son accouchement au plus profond de son être.Lire la suite...

Naissance de Zélie

Voici le résumé de la naissance de Zélie, que j'intitulerai "la force du mental et du physique".
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Récit d'une naissance

Voici un faire part…
Faire part de la naissance de mon fils…
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Naissance de Louison le 29 février

Après avoir plus ou moins convenu que nous n'aurions pas d'autre enfant, que nos vies étaient suffisamment remplies entre rénovation de notre vieille maison et travail....Justine m'annonce un matin qu'elle est enceinte. J'en déduis que cet enfant devait arriver et ça me rend très heureux.Lire la suite...

Naissance de Effie le 12 février 2011

Bonjour à toutes...
À toutes celles qui ont été sur ma route pour m'aider,  m'entourer ou simplement m'écouter dans cette grossesse "guérisseuse" qui m'a permis de mettre au monde en toute sérénité ma magnifique petite fille Effie dont je suis déjà totalement amoureuse !
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Naissance de Valentine le 19 octobre 2010

Le 19 octobre vers 3 h je ressens des contractions ... Lire la suite...

cette naissance pleine de surprises!

Je profite de te raconter cette naissance pleine de surprises! Lire la suite...

Ma «folle» nuit...

Vendredi soir 17/02 je me couche, tôt, dans la chambre d'amis devenue la chambre du bébé. Je suis à terme depuis la veille, et je suis maintenant partagée entre raz le bol et réjouissance, confiance et déception... Lire la suite...

Tam Hau témoignage

Dès le début, mon compagnon Paolo et moi-même avions désiré que l'accouchement se déroule de la façon la plus naturelle possible. Lire la suite...

Naissance de Chloé le 29 août 2010

ça y est j'ai vécu mon accouchement dans le yoga ! sans péridurale, très rapidement et avec un immense bonheur et de joie d'avoir vécu quelque chose d'unique : sentir mon bébé venir au monde, sans pression, sans tension, sans souci.Lire la suite...

Bonjour Martine et Yves,

Je vous annonce la naissance d'Aurélia le 4 août à la maison. Tout s'est bien passé. Lire la suite...

La naissance de Eitan Alva

Quel bel accouchement!
 Rapide et intense, mais magnifique, Eitan est né le 24 janvier, dans l'eau en regardant le ciel.Lire la suite...

Sohalia : Claire de lune

Chère Martine, cher YvesLire la suite...

Léandre ou la force tranquille

Léandre est enfin arrivé le 1er septembre....Lire la suite...

Accouchement, naissance, un chemin initiatique

Je vous remercie de tout mon coeur pour ce précieux livre "accouchement, naissance, un chemin initiatique, Lire la suite...

Naissance de Timo à la maison le 25 décembre 2008

7 h00 du matin. Une contraction me réveille, surprise.Lire la suite...

Il est né le divin enfant

Vous terminez votre livre en nous confiant que le Je vous salue Marie vous est revenu en mémoire lors d’une profonde relaxation.Lire la suite...

Naissance de Raphaël le 10 septembre 2008

Par une chaude journée de septembre, je me rends chez ma gynécologue pour mon contrôle hebdomadaire. Lire la suite...

Naissance d’Anna … et de sa Maman, le 1er février 2004

ANNA ! Quelle formidable naissance nous avons eu ! Lire la suite...