Naissance de Basile le 18/02/2017

Dernière semaine avant le terme, je suis toujours dans cet état de grande plénitude de la grossesse et je profite de chaque instant. Nous finissons notre nid et nous décidons de déménager 2 jours avant le terme, cela décidera peut être notre petit à pointer le bout de son nez ! Dernière séance de yoga avec Christine, ouverture de la porte du cœur, je me sens prête et confiante seule ma tête de sage femme s’inquiète un peu d’un éventuel déclenchement à terme dépassé.

Jour du terme, nous partons pour Thonon afin d’effectuer une consultation avec Manuela qui doit nous accompagner pour la naissance. A l’échographie tout va bien notre bébé a encore plein de place et de liquide et va très bien. Nous effectuons un décollement des membranes dont je ne sens pas trop les effets. L’après midi, Manue nous dégotte un rdv avec une sage femme acupunctrice pour commencer à préparer le col. Je sors de ce rdv dans un état second, je ne sens pas de changement flagrant dans mes sensations corporelles mais je ne suis plus dans le même monde.

Nous passons la soirée chez Manuela, après une belle relax pour me remettre en confiance et en présence, nous décidons de rentrer chez nous car rien ne se précise vraiment et nous avons peur de trop focaliser notre esprit sur la mise en travail en restant sur place.

4 heures du matin, je savoure mes premières contractions ! Elles sont enfin là, c’est parti ! Je reste dans mon lit, je me rendors entre chaque contraction, elles ne sont pas très intenses je les accompagne avec la respiration de la vague. Vers 6 h, rester dans le lit commence à être difficile, je m’installe sur mon tapis et mon ballon, varie les postures et continue des grandes respirations et des mouvements de l’infini sur le col.

7h je réveille François pour lui annoncer que je suis en travail et que je pars faire un tour car j’ai envie de marcher. Je sors je me sens bien seule dans la brume matinale, je vais jusqu'au lac qui est près de chez moi, les contractions se rapprochent, sur le chemin du retour je m’arrête de marcher à chaquecontraction, elles sont désormais plus intenses.

De retour à la maison François me fait couler un bain et me prépare une boisson chaude. Dans le bain je commence à faire des sons, le son « ou » m’aide beaucoup. Nous appelons Manue qui nous encourage à la rejoindre dès maintenant car nous avons 1h de route. Je sors de l’eau difficile de trouver une tenue confortable, nous rigolons bien entre 2 contraction en voyant comment je me suis accoutré pour partir !

Le voyage en voiture n’est pas des plus confortable, les contractions sont désormais très rapprochées toutes les 2 à 3 min. Je cherche désespérément une position antalgique mais l’espace est réduit et finalement la seule chose qui marche c’est de m’étirer et de me mettre dans ma bulle.

Nous arrivons chez Manue, l’idée est de se poser ici mais en m’observant sur une ou 2 contractions elle décide de m’examiner plus vite que prévu ! Je suis à 6 cm ! Quelle joie d’entendre ça, nous repartons donc à la maternité afin que je puisse profiter d’un bain et surtout que nous n’ayons plus à changer d’endroit.

Arrivée à la maternité, je plonge dans un bain. Le travail avance, je suis dans l’eau j’alterne les positions et ressens le besoin de m’immerger complètement dans l’eau pendant la contraction. Manuela m’accompagne avec des outils qui me parlent puisque nous avons toutes les 2 fait la formation yoga. Elle me recentre sur la respiration de la vague et m’encourage à faire des sons de plus en plus grave, elle m’aide à ne pas perdre pied et m’incite entre les contractions à me poser et à recharger en énergie. François est également très présent, il me masse, me soutient, m’étire. Quel rôle difficile que celui du père : il trouve un massage qui me soulage, la contraction d’après je le supplie de faire pareil et celle d’après je ne supporte plus qu’on me touche à cet endroit ! Petit à petit je sens la présence de Manuela et François toujours aussi forte mais j’ai moins besoin d’eux physiquement, ils sont là dans la salle et moi je suis dans ma bulle. François a mis de la musique mais je ne l’entends pas …

Puis arrive cette fameuse phase de désespérance, je crois que je ne lui chercherai plus jamaisd’autre nom ! Avant de l’avoir vécu je trouvais ce terme trop fort, trop anxiogène, mais non c’est bien cela. D’un seul coup je perds toute confiance, je désespère, je crois mourir ! Et Manue me répond que je sais ce qui se passe, que c’est cette fameuse phase. Je lui dis que non, c est pas ça, c est pas pareil moi je n’y arriverai pas !

Je suis à 8 cm, la poche des eaux se rompt pendant l’examen, le bébé n’apprécie pas ce changement brutal, son cœur se met à ralentir. Le fait qu’il n’y est plus de poche me donne envie de pousser, le col passe de 8 à 10 cm sur une poussée et le bébé s’engage dans le bassin.

Je ne suis plus bien dans l’eau, j’ai besoin d’avoir les pieds sur terre, je sors de la baignoire. Grand changement d’ambiance, les contractions sont plus violentes, je ne sais pas comment m’installer sur la table, je cherche des points d’appuie. Le cœur du bébé continu à ralentir, comme je ressens l’envie de pousser et que le bébé avance quand je pousse, Manuela m’encourage à pousser même si c’est encore tôt. Je pousse dans différentes positions, François m’aide à m’étirer en se mettant debout sur la table, je sens que mon bébé progresse très doucement. Le rythme continue à inquiéter Manue qui demande l’avis d’une sage- femme de garde, par chance c’est Carine une amie de promo, une tête connue ! Elles décident ensemble d’appeler le gynéco de Garde, celui-ci arrive. Ils effectuent un prélèvement sur la tête du bébé pour vérifier que celui-ci n’est pas en hypoxie (manque d’oxygène), le prélèvement est bon, le gynéco s’en va. Je continue à pousser de plus belle, je ne comprends pas je pousse le plus fort possible, je sens que ma poussée est efficace mais que mon bébé est coincé !

Autant jusque là je ne suis pas trop revenu dans ma tête de sage femme, autant à ce moment là l’angoisse me prends, j’ai peur pour mon bébé, j’ai peur d’une extraction instrumentale. Je touche je sens sa tête mais c’est une bosse et je ne peux m’empêcher de me dire que la tête doit être grosse, alors je pousse de plus belle et essaie encore d’autres positions.

Il y a maintenant 3 sages femmes autour de moi, l’une me dit de lâcher, de détendre mon périnée, les autres de pousser encore plus fort. C’est difficile, cela me parait être 2 énergies tellement différentes. A ce moment là je suis guidée seulement par mon adrénaline et je n’ai qu’une idée en tête faire sortir ce bébé. Manuela et Carine échangent un regard, 2 mots, je sais que je vais avoir uneépisio. Manuela coupe, je ne sens rien, je pousse encore et mon bébé sort enfin. Quelle joie de le sentir enfin glisser, sortir, et de l’entendre pousser son premier cri ! Son papa est impressionné car il est tout bleu mais tout va bien ! Il se porte à merveille et s’appelle Basile, il est enfin là tout contre moi, nous échangeons nos premiers regards, c’est magique ! Effectivement Basile est un beau petit père de 3730 g et 56 cm, grand comme son papa et sa maman et avec un beau périmètre crânien !!!

Lya M